‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 88 sur 248 · LES PAIRS · texte numérisé non relu

LES PAIRS

de Flandres. 11$ n'avaient pas des revenus assez considérables, une chevalerie assez nombreuse pour donner des fêtes et des tournois, et pour tenir des cours plénières enleur château. Tandis que les sires de Montlhéry et de Nanlerre ne comptaient que huit ou dix fiefs de Haubert dans leur domaine , et qu'ils ne menaient sous leurs bannières que douze chevaliers , les ducs de Normandie , possesseurs de l'arrière fief de Bretagne , étaient les suzerains de cent cinquante-sept châtellenies , et pouvaient mettre au besoin mille chevaliers complets sous le* armes 1 .

Cette situation des pairs de la cour du roi faisait donc naître une distinction entre eux : elle fat bientôt fixée par le choix de douze pairs , dont parlent toutes les vieilles légendes de notre histoire. Les romanciers attribuent à Gharlemagne l'institution de ces douze pairs. Dans toutes les merveilleuses aventures que la chronique de Turpin raconte de ce prince, soit qu'il aille en Espagne , trahi par le perfide Ganélon ; soit qu'il assiège les fils de Boves oud'Aymon, dans le château de Montauban;

1 Histoire de la Pairie , par Laboureur.

ïy6 LES DOUZE PAIRS,

soit qu'enfin dans ses périlleux combats contre le géant Zorobastre , il le pourfende avec sa bonne Joyeuse; le preux empereur est toujours suivi de se» douze pairs ou barons.

Assez de mal me fit votre oncle Ganelon,

Qui trahit en Espagne H douze. compagnons \ x

Cependant , il est incontestable qu'il fautplacer long-temps après l'avènement des comtes de Paris , et l'organisation du système féodal, la distinction des douze pairs. C'est le caractère des chroniques et des romans de cette époque, âe revêtir les temps passés du costume des temps présens, et de leur attribuer des moeurs et des institutions qui ne leur appartiennent pas. De même que les miniatures du moyen âge nous reproduisent les personnages de l'Ancien- Testament revêtus des attributs chevaleresques, avec armoiries et cimiers ; de même, ils donnent à Alexandre , à Darius , et , à plus forte raison, à Charlemagne, les douze pairs ou compagnons de vasselage. Dans les livres du saint Évangile écrits à cette époque , les

i Roman de Philomelà écrit au 12 e siècle et celui de Gaultier d'Avignon , de Tannée 120a.

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