‹ Histoire de Philippe-AugusteChapitre 97 sur 248 · CHASSE FÉODALE · texte numérisé non relu

CHASSE FÉODALE

qui excitaient les applaudissemens des dames, forent suivis , dans les pompes chevaleresques de la cour de Philippe-Auguste, par l'exercice delà chasse.

Une chevalerie naturellement active devait se livrer sans réserve à ce noble apprentissage des batailles*

Tous les barons rivalisaient d'ardeur , d'éclat et de dépenses pour courre le cerf ou le daim. Lorsqu'un voyageur arrivait dans le ma. noir d'un châtelain opulent , ce qu'il entendait d'abord , c'était l'aboiement des chiens , le son du cor, le cri des éperviers et des faucons.

C'était le luxe du baronnage de France que de réunir une bonne meute de chiens anglais , exercés à la piste et à la course. Plusieurs chevaliers prodigues aliénaient leur fief ou leur serf pour quelques lévriers agiles. Le clergé luimême, comme on l'a vu , n'avait pu résister h cet engouement général, et les églises retentissaient souvent du jappement des chiens du sire abbé, ou du cri aigu de ses oiseaux de proie 1 .

1 Philippe- de -Vi tri, évêque de Meaux, et Denis le grand, évêque de Sentis, ont écrit deux traités sur la chasse. — a Lit. MSS. de fauconnerie sous le titre ; Le déduit d& ta chaste au çprf. .

ig8 CHASSE AU CEfcF ET AU SANGLIER.

Durant ses grandes fêtes plénières , Philippe convia ses barons aux, plais'trs^ctifs de lâchasse ; il vepait de faire entourer le bois de Vincenne» de murs hauts et forts , « de manière que bétes et gens ne pussent aller parmi* Henri, fil* atné du roi d'Angleterre, avait fiât cueillir et amasser parmi les forêts de Normandie et d'Aquitaine, jeunes faons et bêtes sauvages, cerfs et biches , daims et chevreaux ; » Philippe les avait dispersé* dans le bois de Viiicennes, et c'était vers cette épaisse forêt que devait se diriger la chasse royale. Dès l'aube dtt jour, le son du cor, parti de la tour du sénéchal , prévint tous les officiers du roi de se tenir prêts , d'accoupler les chiens et de préparer les chevaux. Quelques minutes après , Philippe arriva , suivi de ses joyeux amis. Tous étaient vêtus d'un léger justaucorps et portaient un petit glaive en forme de poignard.

On raisonna d'abord , à Faide des renseignemens qu'on avait pu recueillir, sur les voies qu'avait tenues le cerf. Quand on connut ses allures , on entra dans la forêt ; les chiens furent découplés,, et le noble animal, bientôt forcé par la meute agile , reçut le coup de la mort

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