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LA GRANDE SCISSION

Alexandre Farnèse , qui remplaçait don Juan d'Autriche comme délégué du pouvoir royal dans les Pays- Bas, avait trente-cinq ans, le nez aquilin, les yeux vifs; malgré son visage sévère et froid, il était doué d'autant d'humanité, on pourrait dire de bonté, que le permettaient les mœurs de l'époque et la vie des camps ; bien différent encore de ses autres contemporains par son intégrité, il s'efforça d'empêcher les exactions et ne laissa, après quinze ans de pouvoir absolu dans un pays presque conquis, rien dans ses coffres; on dut vendre ses meubles pour payer le transport du cercueil à Parme.

Cet homme brun, petit, infatigable, fut adoré de tous ceux qui rapprochèrent. Il aimait le luxe des habits et avait grand air, surtout à cheval, mais il affectait de rester la tète nue devant les moindres soldats, pour faire oublier à leur amour-propre national sa qualité de prince italien. Il était levé avant le jour et se vantait u de ne manger que pour soutenir la vie ' » .

Il venait d'étudier, à côté de don Juan d'Autriche, les adversaires et les chances de l'Espagne. Il savait qu'on n'avait nul compte à tenir de l'archiduc Mathias, ce souverain nominal qui paradait au milieu de ses divinités allégoriques et qui, en entendant annoncer la première expédition de François de Valois, « commença à pleurer * » .

De François de Valois, Farnèse croyait n'avoir également rien à craindre : il supposait que la reine d'Angleterre « ne trouvoit bon son entrée ^ » , et il savait que les Allemands préféreraient rendre les Pays-Bas à Philippe JI, plutôt que de les abandonner aux Français*; toutefois, il redouta un instant que son jeu ne fût saisi par François de Valois ; il l'avoua en ces termes : « — La principale crainte que j'avois , estoit que les provinces wallonnes et catholicques ne se joignissent et alliassent

^ Carlos CoLOMA, las Guerras de los Estados bajos, p. 69.

^ Antoine de Traos à Guillaume de Hesse. Accueil de Groen van Prinsterer, t. VI, p. 416.

3 Farnèse à Philippe II, 20 octobre 1578. Corn, roy, hist,, t. IV, p. 380, année 1852.

* Recueil de Groen vas Pri^îsterer, t. VI, p. 4S9.

aux Franchois; cela m'a mis souvent en peine et perplexité ' . w

La politique de Farnèse était en effet d'attirer à son parti les provinces catholiques et les seigneurs mécontents, en profitant de la lassitude et du désordre, en guettant les fautes du prince d'Orange. Il n'ignorait pas les embarras de ce redoutable adversaire, qui « ne sçavoit à quel costé entendre pour la division qu'il y a entre les Estats, les ungs voulant la religion ancienne, les aultres les deux religions, aultres Vostre Majesté, aultres le duc d'Alencon, aultres l'archiduc Mathias*». Orange, tout emporté qu'il fût par le courant démocratique, était suspect comme modéré, dénoncé comme tiède et comme athée par les prédicants^, poussé par les violents. Il ne pouvait plus éviter les fautes dans lesquelles se précipite tout pouvoir populaire, quand les modérés n'ont pas su le régler dès l'origine : à Anvers*, « aucuns bourgeois s'estoient débordés si avant qu'ils menaçoient de massacrer les Estats généraux et les jecter hors des fenestres » . A Gand, Ryhove, qui détient dans sa maison ^ les prisonniers du coup d'État de Gand, les fait sortir, les livre au peuple qui leur arrache la barbe et les pend. Le peuple de Bruges attache au pilori un

* Farnèse au roi, 27 novembre 1578. Comm, roy. hist., t. IV, p. 400.

2 Farnèse au roi, 16 décembre 1578.

3 Surtout par Imbize et Datbenus. Recueil de Groen, t. VU.

* En janvier 1579. Recueil de Groen, t. VI, p. 533.

^ Cet bôtel fortifié se nommait le Serbraern-Steen; il en reste quelques murs dans la rue Baisse.

cordelier * qu'on accuse de crimes romanesques. Les calvinistes même ne sont pas en sûreté; leur foi est déclarée par les luthériens « plus criminelle que la religion des Turcs * » . Enfin, selon les mots d'un contemporain ^, « tout se mène ou confond par la populace, j'entends l'ordure et seulement personnes turbulentes, et ceux-là seuls commandent ou bien forcent les autres » . Voila comme le sceptique prince d'Orange, dominé par les fanatiques et les meneurs populaires, détachait les cathohques de la cause nationale et décourageait la noblesse patriote. Était-il réellement sous le joug des sectaires, ou ne songeait-il pas à fonder une dynastie, après qu'il aurait morcelé son pays en une poussière démocratique ? Forcé par la politique ou poussé par l'ambition , il est également coupable : il a fortifié de son génie et de son prestige ceux qui oubliaient l'inspiration patriotique des premières années, il a rejeté vers la sujétion de l'Espagne ceux qui refusaient la servitude de ses tribuns populaires, il a favorisé, par ses violences contre les modérés, la diplomatie conciliante et persuasive d'Alexandre Farnèse. Un jour il fait arrêter Champagney et des gentilshommes wallons ; bientôt il licencie les troupes wallonnes et ne veut plus admettre que des réformés dans son armée; « quant à la police, l'on

1 D'AuBiGNÉ, t. II, p. 404 : « Il faisoit par pénitence... avec une queue de regnard. *

2 Recueil de Groen van Prinsterer, t. VI, p. 321. Le landgrave de Hesse au duc Jean Casimir.

3 Jbid,y p. 341. Note du conseiller Assonleville.

renouvella partout les magistrats des villes , y constituant gens de la nouvelle religion , et ce , soubs le . manteau d'estre bons patriotes, et afin d'avoir meilleur moïen de deschasser les gens d'église sans scandale hors des villes * » .

Cependant les catholiques, les partisans de Taristocratie qui soutenait depuis si longtemps la cause nationale, les esprits tolérants et opposés à la brutalité, étaient de beaucoup les plus nombreux, même en dehors des provinces wallonnes, c'est Orange lui-même qui le reconnaît * : « Le nombre de peuple qui favorise François de Valois et qui est de sa religion surpasse infiniment quasi partout. »

C'est ce peuple que Farnèse ne voulait pas laisser aux Français et qu'il travailla avec un art consommé.

Il commença'par se débarrasser des aventuriers aile- «. mands qu'avait amenés le Bavarois Jean-Casimir' et qui infestaient lé pays. « Ayant entendu que les reytres des Estats, au nombre de douze mille, estoient en la Campine, s'achemina celle part pour les combattre, ■ de quoy iceulx eurent telle crainte qu'ils lui envoiarent offrir de se retirer hors du païs, moyennant saufconduit sien, ce qui leur fut accordé '. » En même temps, il prodigua les offres aux provinces qui marquaient de l'opposition contre les sectaires et qui pou-

' Ms. Bibl. nat. français 5165. Mémoire des choses passées aux Pays-Bas.

2 Recueil de Groen van Pri^isterer, t. VIII, p 358, mars 1584.

3 Ms. Bibl. nat. français 5165, fo 208.

vaient le plus être tentées de s'annexer à la France.

« — Vostre Majesté, dit-il au roi ', entendra en quoy gist le tout : ne rien vouloir. faire chose, sinon ce qui peut donner goust tant au pays d'Artois que autres de la langue wallonne... la grande haine qu'ils ont contre les hérétiques pourra estre cause qu'ils en aymeront plus Vostre Majesté. — Ma volonté, répond Philippe *, est de récompenser ceux qui auront tout abandonné pour suivre mon parti; il semble que les biens confisqués pourroient estre employés en telles et semblables récompense^. »

Les récompenses jouèrent, en effet, leur rôle dans la politique de Farnèse ; les biens confisqués ne suffirent pas, le fisc royal fut vidé ', les titres de marquis furent distribués, les héritières offrirent leurs mains, le clergé avança des fonds sur ses bénéfices. Il y a dans ces revirements d'opinion des trafics, des convoitises, des bassesses. Les femmes seules traversent ces crises en restant nettes, parce que la passion les préserve. Sans cupidité et par simple ferveur religieuse, Cornéliede Lalaing rallie à l'Espagne son mari, son frère lé comte de Renneberg et la province 'de Groningue ; Marie de Brimeu impose comme épreuve à ses prétendants une profession de foi calviniste et n'épouse le prince de Chimay qu'après lui avoir fait promettre de se convertir à la

^ Bull. Comm, ray, hist, de Belgique, 1853, p. 400. 2 Jbid., 1852, p. 408.

' Voir par exemple Gachard, Rapport sur les Archives de Lille j p. 393.

religion nouvelle '. Les prieurs de Saint-Vaast d'Arras ou de Renty espéraient être bien rembourses en bons évéchës lorsqu'ils livraient leurs é^us, mais ce n'était pas absolument simonie, puisqu'ils servaient la cause de l'Église. Quant aux seigneurs, ils furent pratiqués par le premier vendu d'entre eux, Valentin de la Motte ^; ils devinrent marquis de Richebourg, marquis de Roubaix, duc de Bournonville; ils entrèrent en haine contre leurs amis de la veille, contre leurs parents : Robert de Melun devint général de la cavalerie espagnole, pendant que son frère Pierre entretenait une armée pour les États. La femme de Pierre de Melun, Christine- Philippine de Lalaing, défendit la ville de Tournay contre une armée espagnole où combattait son propre frère Emmanuel de Lalaing; le duc d'Arschot, le marquis d'Havre, le comte d'Egmont se laissèrent séduire; ils furent reçus en grâce ; les villes suivirent le mouvement. A Arras, les catholiques se révoltèrent contre la poignée de protestants qui les opprimait; ils se mon- . trèrent sans pitié comme tous ceux qui se sont laissé dominer sans énergie : tandis que les sectaires n'avaient persécuté personne durant leur domination de quelques

* Bull. Comm,roy, hist. de Belgique, uX\^^, 140. C'était le fils aîné du duc d*Arschot, il avait vingt ans; la jeune femme, qui était veuve de Lancelot de Berlaymont, avait trente ans et était la plus riche propriétaire des Pays-Bas. Le prince de Chimay ne se soumit à TEspagne qu'en 1584.

* Valentin de Pardieu, seigneur de la Motte, s'était donné avec Gravelines Tannée précédente. Il fut tué en 1595 dans la campagne de France.

mois, les échevins quMIs avaient chassés pendirent sans jugement trois vaincus le pr,emier jour, six le lendemain * ; ils pendaient encore après plusieurs semaines *.

« J'approuve votre politique, écrivait le roi à Farnèse^, oubli et pardon pour tout le passé, reconnaissance de mon autorité et maintien de la religion catholique romaine; pour tout le reste, s'accommoder du mieux qu'il se pourra. »

L'accommodement ne traîna pas en longueur; en quatre mois Farnèse rallia définitivement à l'Espagne les provinces d'Artois et de Hainaut, avec les villes de Lille, Douai, Orchies*; presque aussitôt le Brabantà peu près entier se joignit au traité ^ ; l'armée espagnole conquit Maestricht. Farnèse attira une à une les villes . belges, pendant que les provinces hollandaises cimentaient leur union par la confédération d'Utrecht.

C'en est fait. La scission est consommée pour toujours. Les franchises antiques, le vieil orgueil flamand, la grande patrie, on les renie dans une soumission molle à des maîtres inconnus, à des lois capricieuses. L'étranger, on ne le repousse plus, où l'aide contre

1 PoNTus Paten, t. II, p. 166.

« Ibid., p. 186.

^ Comm, roy. h ist,, année 1852, t. IV, p. 377 : « Olvidar yperdonar todas las cosas pasadas , reduciendose a mi obediencia , manteniendose . la religion catolica roinana, yen todo lo demas, con estas dos cosas, se . acomoden como mejor se pudiere. » ,

* Les 6 janyier et 17 mai 1579. Voir le traité dans Dumont, Corps dipLy t. V, part. F, p. 350. ^ '^

^ Malines, Bois-le-Duc, Nivelle, Alost, Bourbourg... Voir Lb Pjstit, Chronique de HoUande, t. II, p. 377 et 387.

ses propres compatriotes ;' on fait de son sol un champ de bataille, de ses enfants des soldats à {[âges pour une guerre civile.

Les causes de ce désastre, qui suspendit la marche de la civilisation dans le pays le plus riche du monde, sont complexes. Le génie d'Alexandre Farnèse avait bien droit à ce triomphe sur l'esprit cauteleux de Guillaume d'Orange : ceux que l'un repoussait par ses complaisances pour les fanatiques et les pédants, l'autre les accueillait les mains ouvertes; en sorte que l'on pouvait dire des gentilshommes catholiques ' : a Les voilà à cheval pour branscater et rançonner le pays qui les a nourris et mis au monde et se rendre esclaves à l'Espagnol pour lui vendre leur propre patrie à beaux deniers, afin d'avoir pour faire la cour aux dames ou par adventure se marier avec magnificence. » L'horreur de Thérésie et des violences démagogiques n'était pas le seul sentiment qui attirait vers Farnèse ; il y avait encore « la haine que la nation wallonne porte naturellement aux François qui leur sont voisins ^ » . Farnèse sut l'exploiter : il persuada aux Wallons qu'Orange voulait les livrer à la France.

Mais la cause fatale de la scission était déjà cachée trois ans auparavant sous la joie de la pacification de Gand : on croyait alors se lier indissolublement; on

1 MARNir DE Sainte- Aldegondb, Response aux lettres d'un gentiU homme vrai patriote»

2 PoKTUs Patbr.

s'unissait dans un malentendu, on fondait la patrie commune sur un sol factice. En cette heure d'enivrement, on croyait que l'on serait capable de continuer à préférer son pays à son opinion religieuse ; on proclamait la tolérance. Mais cette idée de ne se point haïr entre compatriotes qui n'ont pas le même clergé, devint presque aussitôt insupportable ; chacun se révolta contre une telle impiété, se rejeta avec bonheur dans la haine. On avait trop souffert en respectant durant quelques jours l'opinion des autres ; on se sentit soulagé quand fut déchiré le pacte de Gand. Dans le nord, M ils deschassèrent les catholicques, en tuèrent plusieurs, ils abolirent du tout l'exercice public et privé de leur religion * » ; ils s'emportèrent avec une sorte de fiireur religieuse dans cette volupté de la persécution; fi les sectaires et hérétiques se desbordent à toute outrance, massacrant les gens d'églises et bons catholiqueâ, violant et abusant les filles sacrées ^ » . De même là où les catholiques étaient les maîtres, reparaissaient les procès de sorcellerie et les bûchers. Si Valenciennes ne s'était pas séparée de la Confédération, on n'y aurait pas vu une vieille, Arnoulette Defrasne, mise à la torturçpour avoir pratiqué des maléfices contre Catherine Rambaud, qui se trouva couverte de vermine jus-

1 Ms. Bibl. nat. français 5165, P> 208.

' Réclamations des catholiques résumées par Le Petit, Chronique de Hollande, t II, p. 370. On sait que Le Petit était capitaine dans, la milice de Gand, et parfaitement informe des événements des vingttinq dernières années du siècle, . .

qu'aux ongles; la magicienne, « après avoir été quelque peu plus molestée par l'excitation et renouvellement de ses douleurs » , avoua qu'elle était sorcière et fut brûlée toute vivante *. Si Bruxelles n'avait pas été rendue à l'Espagne, on n'y aurait, pas commis le meurtre d'Anne Van Denhove : cette fille était calviniste; elle fut poursuivie en vertu des placards de Charles-Quint, condamnée, menée par les religieux hors de la ville et mise debout au fond d'un trou profond; là les exhortations commencèrent et les promesses de grâce ; à mesure que tombaient les pieuses sollicitations à une apostasie tombaient aussi les pelletées de terre qui recouvraient peu à peu la fille ; lorsqu'ils la virent ensevelie jusqu'à la ceinture, les religieux firent reposer le fossoyeur et mirent plus d'ardeur dans leurs homélies ; Anne ne faiblit point ; les pelletées de terre recommencèrent à tomber sur sa gorge haletante; tout fut recouvert, puis nivelé.

Le peuple se plait toujours à ce qui le ramène vers la barbarie : protestants et catholiques étaient heureux de ne plus s'assujettir à des complaisances réciproques. Mais les provinces qui se rallièrent à l'Espagne furent les seules à souffrir de la scission. Là on peut dire que le mal fut irréparable. Les Wallons devinrent des soldats au service de l'Espagne ; ils prirent Gand et Anvers, ils entraînèrent dans leur destinée toute la Belgique. Le commerce et l'industrie disparurent, les mendiants

' LoïsB, De la sorcellerie a Valenciennes,

s'accroupirent sous les porches, l'herbe poussa entre les pavés; Douai et Valenciennes virent fondre Jeurs faubourg[s; elles se resserrèrent derrière les remparts de briques des ingénieurs espagnols; leurs maisons étaient désertes lorsque Louis XIV vint leur rendre un peu de vie. Bruges n'avait plus 30,000 habitants quand Napoléon parcourut la Belgique ; Ypres même aujourd'hui n'en a pas 20,000. Mêmes calamités à Tournay, Courtray, Louvain. La plus infortunée fut Anvers : ses navires s'enfuirent à Londres ou à Rotterdam, ses banquiers à Amsterdam et à Francfort; les quais furent déserts : c'était un cadavre quand Napoléon imagina de rajeunir Anvers, de l'armer, de lui rendre son commerce.

Il y a une autre cause que l'incapacité des archiducs obscurs qui vont se succéder dans le palais de Bruxelles * à cette torpeur dont est saisi durant deux cents ans, d'Alexandre Farnèse à Napoléon, un pays jusqu'alors si vivace. Pourquoi ces ruines, pendant que les Hollandais emplissent le monde de leur énergie, et pourquoi ce contraste entre les sujets catholiques de princes pieux et la république protestante? Les protestants se targuent volontiers d'avoir plus contribué, que les nations catholiques aux progrès de la richesse et de la civilisation : à l'heure où il ne fallait pas s'attarder dans le monde du moyen âge, les catholiques n'ont pas su utiliser les forces que donnent les liens commerciaux, les audaces de la pensée, les conquêtes de la m. 12

science; les pays les plus maltraités de la nature^ comice la Hollande, l'Ecosse, la Suède, sont devenus puissants, tandis que le Portugal mourait et que se vidaient les palais de marbre à Gènes et à Florence. On se tromperait étrangement si l'on prenait à la lettre ces affirmations des protestants : ce n'est pas la. religion, c'est l'art d'être libre qui a fait la fortune de la Hollande, comme il assure aujourd'hui celle de la Belgique régénérée.

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