‹ Histoire de Philippe IIChapitre 40 sur 59 · LA JUNTE DE NUIT · texte numérisé non relu

LA JUNTE DE NUIT

De Madrid se transmettait le mouvement à tous les rouages de Ténorme machine, et vers Madrid se dirigeaient les demandes du monde entier : les conseils préparaient des notes, les vice-rois et les ambassadeurs adressaient des correspondances, les papiers s'accumulaient sur la table du toi. Tout était lu, annoté, renvoyé. Mais voici que l'âge s'appesantit, voici les infirmités, les maladies aiguës, le besoin de repos. En même temps disparaissent les vieux confidents : l'année 1586 voit encore mourir Marguerite de Parme, le cardinal Granvelle, le secrétaire de la guerre Juan Delgado, le président de Gastille, Pazos. Durant le voyage de Monçon, Philippe II ne put se faire suivre de tous ses dossiers : bientôt les retards déterminèrent une crise telle, qu'il fallut adopter une résolution extrême. Pour éviter désormais l'accumulation des lettres, Philippe se résigna à constituer une junte de palais qui reçut communication de la totalité des affaires. Gomme les séances de cette commission

consultative se tenaient la nuit, on la nomma la Junte dé nuit '. Elle était composée de don Juan de Idiaquezy du comte de Ghinchon et de doh Ghristoval de Mora; Mateo Yasquez assistait aux séances comme secrétaire.

Don Juan de Idiaquez était cet ennemi du cardinal Granvelle qui avait réussi à se faire regarder comme indispensable. Il avait dans son lot les affaires de guerre^ d'État, de Flandre et de France. Sa rapidité de travail était remarquable : il déchiffrait lui-même les dépêches et transcrivait sa traduction, d'une écriture hâtive, pleine d'abréviations, qui contraste avec celle des commis patients. Les chiffres étaient différents pour chaque correspondant : les réponses devaient aussi être traduites en chiffres ; le contact de cette activité fiévreuse semblait donner de la vivacité au roi, qui abrégeait à son tour le nom de son ministre ^.

Don Ghristoval de Mora était le Portugais qui avait le plus contribué à asservir son pays; il étudiait les affaires de finances, de Portugal, presque toutes celles de Gastille et quelques-unes de France.

Le comte de Ghinchon ' était l'Aragonais vindicatif

1 Herrera, t. II, p. 446, et t. III, p. 137.

^ Il écrivait dJu pour don Juan. Voir tous ces documents dans les dossiers des Archives nationales, et par exemple K. 1573, pièces 14 et 21. On sait que les ministres copiaient eux-mêmes les minutes de leurs lettres : le roi leur rappelait quelquefois ce devoir : « Transcrivez immédiatement la minute au net, de votre main, m (Le roi à Eraso, Doc. ined., t. LI, p. 252.)

3 D. Diego Fernandez Cabrera y Bobadilla, conde de Ghinchon.

qui voulait ruiner la maison de Yillabermosa. Il était chargé des affaires de la maison du roi, de TÂragon, de l'Italie, et d'une partie de celles de Castille, « car qui n'a un morceau de Castille n'est ni favori, ni rien ' » . Il signait comme le roi : — Moi, le comte de Ghinchon, et avait dû se faire juger comme aussi précieux que Idiaquez, car Philippe écrivit de lui en le sachant malade : a — Dans le cas où la volonté de Dieu serait de nous ôter le comte de Ghinchon, je ne sais si on trouverait quelqu'un pour le remplacer *. »

A chacun des trois le roi accordait une audience régulière tous les jours * : « Mora se présentait à son réveil, lui donnait la chemise, lui frictionnait les pieds^ et pouvait lui parler à son aise tant qu'il le jugeait utile. Le comte de Ghinchon arrivait quand le roi avait terminé son premier repas. Idiaquez venait à la chute du jour et restait jusqu'à l'instant où l'on apportait les flambeaux. Ghacun apportait ses minutes ou ses mémoires pour recevoir les ordres du roi, 'et laissait sur la table les papiers que le roi ne jugeait pas à propos d'approuver sans les revoir. »

^ Marques de Pidal, Aheraciones de Aragon, t. I, p. 61, d'après les Comentarios du comte de Luna : « El que no alcanza un bocado, ni es privado, ni nada. » On sait que la Castille avait absorbé Galice, Tolède, Asturie, Léon, Andalousie et Murcie; si les Flamands reprochaient au gouvernement d*être espagnol, les Aragonais ne lui reprocbaient pas moins d'être castillan.

^ Marques de Pidal, extrait des dossiers de Tlnquisition.

^ Ibid.y extrait des Comentarios du comte de Luna.

^ M Ëstregandole los pies n , c'est la mesure de propreté substituée à l'emploi de l'eau qui aurait rappelé les ablutions impies des musulmans.

Sous leurs ordres, les affaires de la guerre étaient préparées par le commis Andres de Prada , ancien secrétaire de don Juan d'Autriche ; celles de la marine, par Andres d'Alva. En outre, le Portugal avait pour gouverneur le cardinal-archiduc Albert d'Autriche, qui était placé lui-même sous la tutelle du duc de Gandiû ' ; pour capitaine général, le marquis de Santa-Cruz *, et pour contrôleur des affaires religieuses, le cardinal Prospero Santa-Croce, qui avait été nonce en FYance ^. Enfin, sur chaque question importante, des juntes spéciales étaient convoquées, ouvraient de longues discussions , approuvaient des rapports , emplissaient des dossiers. « — Moins de juntes et plus de décisions! » disait le marquis de Almazan ^.

La lenteur et Tindécision n'étaient pas les seuls obstacles à une bonne administration : à ces vices s'ajoutaient la cupidité et la vanité.

« — Les seigneurs du revenu royal, disait déjà Granvélle ^, sont tardifs, et pour donner à entendre h Sa Majesté qu'ils regardent à son profit, le ruynent à

^ CàBBERA, t. III, p. 8.

^ Herrera, t. III, p. 43.

3 En 1553, et de 1561 ù 1564. Il rapporta à Rome le tabac que Jean !Nicot apportait eih même temps à Paris, ainsi que le rappellent ces vers :

Hanc Sanctacracius Prosper, cum nuncius esseC Sedis Apostolics Lusitanas niissus in oras, Mue adportavit Romanx ad comoioda g^entis.

^ « Menos Juntas y mas resolucion. n - ^ Granvélle à la dychesse de Parme, Recueil de Groen van Prixste- «ER, t. VII, p. 504.

tous costés, et D^oublient de faire le leur. J'en dis clair ce qui se passe, ny ne cesseray. » Ces seigneurs accueillaient les inTcntions de taxes sur lesquelles ils comptaient prélever leurs menus profits , les demandes de débits royaux de cartes, mercure* sel, les offres des arbitrios « destructeurs de l'État ' » ; ils acceptaient les cadeaux, bien que Granvelle leur eût enseigné ^ « que quand ils traitaient une affaire de finaqces avec une personne, si cette personne n'avait pour leur offrir un présent aucun motif autre que celui de gagner leur bonne volonté, ils ne devaient pas se laisser engager » . La corruption se révélait par la saisie des registres : en inspectant les livres de CastillO) le secrétaire de Gavas, on trouva « des obscurités ' » , ce qui donna l'idée d'examiner également les écritures des banquiers pour connaître « les cadeaux qu'ils avaient faits aux agents du roi ^ » . On remarqua que M elchior de Herrera ^ et Juan Fernandez de Espinosa possédaient cinquante mille ducats de rente et plus de quatre cent mille en argent comptant et en bijoux ; le

^ Cabrera, t. II, p. 427.

2 Papiers d'État de Granvelle, t. V, p. 683.

^ « Aignnas difficnltades. » Cartas de Madrid, Bibl. nat. fonds italien 4J 6, communiquées par M. MoreUFatio; lettres des 18 septembre et 28 novembre 1581. Castillo était fils d*un Castillan et d'une Fl<imande. On arrêta en même temps à Zamora D. Fernando de Barrientos, mais ce fut à propos de l'affaire Ferez.

^ Jbid,, 17 avril 1582 : « Las dadivas que les liavian dado. »

^ Ibid» Je crois que Melchior de Herrera était un banquier et non un agent du roi. Les banquiers principaux étaient les Fugger, les Spinola et le prince de Salerne.

contador Guellar fut condamné à restituer cent mille ducats.

Si peu scrupuleux avec les hommes d'affaires* les agents du roi étaient implacables sur le point d'honneur. Les plus futiles prétextes faisaient éclater des querelles; des ministres cessaient de se parler et de s'écrire, quelquefois pendant trois ans^ pour une simple omission dans un protocole ^ Le marquis de la Favara se battit en duel avec le veedor Tassis pour un détail d'étiquette ; le comte de Melgar, fils de l'amiral de Gastille D. Luis Enriquez de Cabrera, donna des coups de bâton à D. Gaspar de Salinas et fit assassiner Âlonso de Gutierrez : il fut enfermé dans la forteresse d'Alameda à deux lieues de Madrid, avec son père, qui avait simplement fait donner la torture à Hieronimo Yillandrando. Ils furent graciés, en remettant vingt mille ducats a la mère de l'homme qui avait été tué*. Philippe II crut diminuer les occasions de haine en interdisant toutes les formules de courtoisie sur l'enveloppe ou dans le corps d'une lettre : « — Le véritable honneur, déclara-t-il *, ne consiste pas dans la vanité

1 HcRRERA, t. III, p. 35 : « Por el pundonor de las cortesias en très anos no se escrivieron. »

^ Carias de Madrid, lettres dos 8 août 158 1,27 avril et 25 juin 1582. Ce scélérat épousa peu après la belle Vittoria Colonna, fille de Marco- Antonio Colonna et de D. Juana de Aragon, et sœur du cardinal Ascanio Colonna : à ses noces, on si{;nale le comte de Castaneda, qui avait aidé ce Melgar à bâtonner D. Gnspar de Salinas. Voir Lope de VEGA,7di Doroteoy p. 63.

' Une copie de cette pragmatique est Ma. Bibl. nat. espagnol n® 168, f^ 159 : « La verdadera* honra no consiste en yanidades de titulos

des titres. » D'après la nouvelle pragmatique, on ne devait désormais dire Votre Seigneurie qu'aux grands d'Espagne : il était toléré d'en dire autant aux marquis, comtes et grands commandeurs des quatre ordres; mais si on parlait de la sorte à tout autre, on payait dix mille maravédis d'amende, dont un tiers pour le dénonciateur et un tiers pour le juge; même amende contre ceux qui mettraient un titre sur l'adresse d'une lettre ou feraient précéder leur signature d'une formule autre que : u — Dieu vous garde ! » Nul ne pouvait être traité d'Excellence ni de Seigneurie Illustrissime bu Révérendissime, sauf les cardinaux et l'archevêque de Tolède : les évêques n'avaient que la simple Seigneurie. Mais c'était ici entrer dans le domaine de l'Eglise, la réforme se heurta contre une opposition inattendue : le pape Sixte-Quint ne voyait pas sans inquiétude que le clergé espagnol était beaucoup plus dans la dépendance du roi que dans celle du Saint-Siège;' il saisit ce prétexte de querelle, prétendit que Phihppe II portait atteinte au respect dû au clergé en privant ses membres des titres honorifiques, et dépassait ses pouvoirs en leur défendant de se donner ces mêmes titres les uns aux autres. C'est au Pape, non au roi, de décider qui sera Éminence et qui Révérence : tout cardinal qui recevra une lettre d'Espagne sera excommunié

dados. » On indique pour les manuscrits espagnols le numéro du nouveau catalogue de M. Morel-Fatio.

Ubrrera, t. III, année 1586.

Colère impuissante. Philippe II reste si bien le chef du clergé, qu'à lui s'adressent les prêtres qui veulent doter leurs filles sur les revenus de leurs bénéfices ', et qu'il ne craint pas de faire mettre en prison même les abbés il crosse, quand il les soupçonne contraires à sa politique : « — Ce né serait pas un péché de l'arrêter, dit-il *, car en tels cas la robe n'est pas un obstacle. » Malgré le nonce, et au mépris de la colère de Sixte- Quint, il fait juger par un tribunal qu'il choisit l'évêque de Zambra, qui dansait avec des religieuses, et l'évêque élu de Séville, qui en gardait chez lui *.

L'armée n'est pas aussi docile dans la main du roi. Elle voit incorporer dans ses rangs des assassins ou des bandits qui ont fait leur soumission : quelquefois les brigands qui exploitent les montagnes de la Catalogne se laissent, aux époques où le métier semble plus dangereux, constituer en compagnies sous les ordres d'un de leurs chefs, qui reçoit brevet de capitaine, et incorporer en un seul bloc dans un vieux régiment *. ; un crime utile procure le grade d'officier ^. De là l'indiscipline, les émeutes militaires, la corruption des capitaines. On prend à bord, avec les régiments qui par-

' HERREnA, t. II, p. 44^, année 1585.

3 Correspondance de GuUlaiifne y t. VI, Préface, p. 30. Il sagit de Tabbé de Sainte-Gerirude de Louvain.

3 Cartas de Madrid, 8 agostô 1581. Le nonce était alors Luis Taber* ner^ évêque de Lbdl.

^ Voir par exemple dans Pidal, t. I, p. 255, la compagnie de Miguel don Lope. .

^ Gomme les meurtriers d*Ëscovcdo ou le capitaine Lupercio LatraSr

lent pour l'Italie, des marchands ou autres passagers » qui sont prétextes de soldats ; les capitaines les ayant approuvés pour tels, les ont embarqués pour les mener aux dépens du roi en Italie, où chacun se retirera après où il voudra ' » .

Aussi pour le roi point de repos. Son œil doit se fixer sur la Junte de nuit comme sur le moindre corregidor ; sa main infatigable continue à couvrir de notes les lettres qu'il reçoit, celles qu'on lui montre * et jusqu'aux rapports du plus humble espion. « — Le roi est aussi assidu aux affaires, et toutes choses passent par ses mains sans s'en fier ne descharger sur personne , que s'il n'avoit que quarante ans, et ne laisse de prendre ses heures de dévotion, et celles qu'il a accoustumées selon le temps qu'il faict, pour sortir en une carosse avec ses enfants, s'aller promener, tirer ou voir tirer un cerf, voir pescher quelquefois. Madame l'Infante luy fait ordinairement compaignie, mais elle ne s'entremet aucunement d'affaires, non pas seulement de parler pour personne, si n'estoit pour ses dames, bien que Sa Majesté prenne plaisir qu'elle en entende la plus grande partie, comme elle faict estant continuellement avec luy *. »

L'infante Isabelle est la seule tendresse de Philippe II ;

^ Ms. Bihl. nat. français 16109* f<» 49. Longlée au roi de France, mai 1584.

^ Chaque mini&tre communiquait au roi les lettres privées qu*il recevait.

3 Ms. Bibl. nat. français 16J10, f<» 104. Longlée à Henri III, du 30 avril 1588.

on pourrait dire le seul être qu'il ait aimé dans sa vie entière. Elle avait grandi au milieu de ses dossiers, rangeant les papiers, fixant sur son père, pendant les heures silencieuses du travail, ses yeux limpides, confiants ; toute jeune, tandis que « le roi écrivait et signait, que la reine jetait le sable sur l'écriture » , l'infante Isabelle avec sa sœur, qui commençait à marcher, a portait la feuille pour qu'elle fut pliée et mise en paquets, et adressée aux secrétaires * » . Pour sa fille préférée, plus d'étiquette, plus de cérémonial, tout disparaît devant le charme de garder près de lui cette enfant élégante et grave, qui le soigne quand il souffre. « — Et il faut savoir que toutes les fois que le roi notre seigneur franchissait la clôture de notre monastère, et cela lui arrivait bien souvent, il menait avec lui l'infaute Isabelle, seule , sans duègne et sans dame d'honneur *. »

Rien ne peint mieux son désir de ne jamais se séparer de sa fille que cette exception à la discipline ecclésiastique. Sur aucune question en effet il ne portait le scrupule des détails à une minutie aussi exagérée que dans les règles du culte^ « et les sacristains étaient toujours inquiets quand ils avaient paré les autels, car s'il leur arrivait de se tromper en ne plaçant pas exactement comme il le fallait les ornements ^, ou s'ils apportaient

1 Cabrera, t. II, p. 198.

2 Fray Juan de Gerokimo, Memorias {Voc, ined., t. VII, p. ^17).

3 Ibid,y p. 366 : « La pala o frontaleras .«.-ténia mas cuidado que los mismos sacristanes y aun qne todos los frailes'4< la casa. »

un ornement pour un autre, le roi ne manquait pas de le leur envoyer dire, et s'ils négligeaient d'ouvrir l'église à l'heure exigée, il ne leur pardonnait pas ; de sorte que dans tout ce qui concerne les affaires de sacristie, il savait plus de détails et prenait plus de souci que ses propres sacristains, et même que tous les religieux de la maison » .

C'est à ces habitudes de piété que sont dues sans doute les processions de pénitents qui venaient se déchirer les épaules à coups de discipline sous les fenêtres du palais et qui ne furent écartés que sous le règne des Bourbons : « — On ne souffre plus dans cette cour, écrit en 1713 la princesse des Ursins *, devant ce palais, tous ces fouetteurs qui passoient dans les processions et qui sous l'ombre de faire des pénitences publiques, faisoient ruisseler leur sang pour faire des Jinfzas a leurs divinités. » Mais surtout on doit à cette passion l'achèvement de l'Escurial. Le globe et la croix qui couronnent le dôme furent placés le 21 juillet 1582; l'église fut consacrée le 6 août 1586, et Ton dressa le 22 mars suivant « le riche monument qui est près des degrés de l'autel principal sous la grande lampe, pièce bien diçne d'admiration ; les plans sont de Joseph Flécha, Italien de Gênes ^ » . Le grand crucifix de bois des îles, sculpté par Pon^çyo, fut posé en septembre 1590. •

1 Lettre du 29J avrî^ de* la; princesse des Qrains au maréchal de Tessé. {BulL Soc, de VkkU^de-Fvof^, année 1879, Supplément, p. 205.) - * Doc, incd.y t. VII,'ps A^t.

Mais le voyage de l'Escurial commençait déjà à devenir pénible : quelquefois Philippe arrivait tellement fatigué que même pour les offices il ne pouvait se rendre à l'église, et entendait la messe dans son oratoire. En 1587, une attaque de goutte le retint à Madrid, et il fit construire dans son palais du Pardo une galerie au midi, où il s'étendait souvent, où il se réchauffait en maniant au soleil ses papiers ' .

Car l'âge n'amortit point son ardeur au travail : « — Le roy se tue en minutes qui pourroient se dépescher sans luy, qui l'empeschent d'entendre ce que plus importe... *. » En même temps l'habitude de l'irrésolution continue à laisser tout en suspens : « — Ces longueurs et dilations dont l'on use icy me tuent, disait Granvelle ^, et ruynent nos affaires, et je perds espoir d'y donner remède, car le naturel de Sa Majesté y incline, et ceulx d'icy s'y sçavent fort bien accomoder et faire leurs affaires. >'

1 Cabrera, t. Il, p. 228. L&mot est du cardinal Granvelle : « Il n*y a au monde un secrétaire qui manie autant de papiers, » (Granvelle i\ Marguerite de Parme, 18 août 1582, Recueil de Groen vak Prikste- RBR, t. VIII.)

2 Granvelle à Marguerite de Parme, 28 juillet 1582. {Recueil de Groen VAN Priksterer, t. VIII.)

3 lùid. Voir aussi la lettre à Fonck, du 7 juillet : • Plust à Dieu que nostre maistre escripvit moins et qu*il se fist mieux servir. »

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