‹ Histoire de Philippe IIChapitre 9 sur 59 · MEURTRE D*ESCOVEDO · texte numérisé non relu

MEURTRE D*ESCOVEDO

Don Juan mourait à trente-trois ans, le même jour où sept années auparavant il ramenait dans la rade de Sorrente, au milieu des salves et des fanfares, sa flotte victorieuse, et les bannières conquises, et les galères capturées, et les* douze mille chrétiens délivrés. Mais Philippe ne tolère pas plus un héros catholique qu'une cité pourvue de franchises. Il ressent la même méfiance pour toutes les grandeurs, celles de la victoire comme celles du patriotisme, méfiance mesquine qui enveloppe sournoisement de pièges et de délations le paladin généreux. A partir de cette heure, don Juan reçoit des encouragements à ses projets sans obtenir les ressources pour les réaliser; on lui prodigue toutes les

promesses qui peuvent feire déceler les rêves de son imagination, et on le maintient sous une surveillance implacable.

Cette duplicité qui pousse le jeune prince à sa fin mélancolique entraîne en même temps Philippe dans une série de fraudes, de meurtres, de maladresses qui s'enchaînent par une étrange fatalité, pèsent sur les dernières années de son règne et détruisent son prestige à l'étranger. Les événements mystérieux se déroulent, enlacent Philippe, ' amènent l'insurrection de r Aragon .

Des deux hommes qui se disputaient la faveur durant la première partie du règne, l'un, le duc d'Albe, était relégué dans son exil d'Uzeda : « Il se parle de lui moins que s'il fust mort il y a dix ans ' » ; les causes de ce « destierre » étaient tenues si secrètes, que sous le règne suivant on les trouvait encore « demeurées trop incertaines pour les spécifier en histoire * » . L'autre, Ruy Gomez, prince d'Eboli, était mort ^, mais avait laissé comme héritier de son influence son secrétaire Antonio Perez.

Antonio Perez, fils de l'archidiacre Gonzalo Perez, secrétaire de Charles-Quint, avait appris les détails de l'administration, ainsi qu'Escovedo, dans les bureaux du prince d'Eboli. Il avait plu à Philippe II, malgré la

^ Ms. Bibl. nat. français 16107, f» 5. S. Gouard à Villeroy.

2 D*AcBiGNÉ, les Histoires, t. II, p. 208.

* Le 29 juillet 1573; le duc de Feria était mort le 7 septembre 1571.

tache de sa naissance ', par son extraordinaire facilité de travail; aussi quand mourut Gonzalo Ferez, les affaires de sa charge furent partagées entre son fils Antonio et Gabriel de Çayas *.

Mais Çayas était lent, patient, modeste; il cherchait les menus profits et les plaisirs cachés ' ; il évitait de se créer des ennemis. Antonio Ferez, au contraire, était vaniteux, hautain même envers le duc d'Albe ^; il aimait le faste, les honneurs publics, le bruit ^. Il se faisait donner des sommes considérables par les solliciteurs, ne se montrait bienveillant qu'avec les petites gens. Enfin il passait pour être le favori de la veuve de son bienfaiteur, la princesse d'Eboli.

Euy Gomez, prince d'Eboli, au temps où il n'était encore que le page portugais et le confident des plaisirs du prince Philippe, avait épousé une fille de douze ans, Ana de Mendoza, dont les richesses étaient énormes ®. Il l'avait aussitôt oubliée et avait

1 II était né en 1534 d*une femme mariée, mais il avait été pourvu en 1542 par Charles-Quint d^une patente d*enfant légitime, publiée Doc. ined., t. XÏII, p. 389.

a En avril 1566. Voir Ms. Bibl. nat. français 10T51, f» 253.

3 Belaz, Ven. 1577 : « Piglia tutto quello che gli e dato , et se béne e assai avanti con la sua eta, non lascia per questo li suoi piaceri. »

^ Procesoy declaracion de Fuensalida.

^ Cabrera, t. II, p. 450. M. Mignet, dans son livre Antonio Ferez et Philippe JI, a tracé ce drame avec une telle exactitude, que les documents découverts dans les années suivantes n^ont rien changé à son récit ni à ses appréciations. Les faits sont résumés avec précision par M. Alfred Morel-Fatio dans son recueil C Espagne au seizième et au dix'Septieme siècle,

^ Elle était fille unique et héritière de D. Diego de Melitô et de Cata-

suivi le prince Philippe à Bruxelles, puis à Londres. L'enfant abandonnée perdit un œil ', devint gran(tej. et blanche, avec les cheveux très-noirs, si éblouissante malgré son infirmité, quand, à l'âge de dix-neuf ans, elle se présenta pour la première fois à son mari, qu'elle conquit aussitôt sur lui une influence sans borne. Ils eurent dix enfants pendant les douze années suivantes.

Est-il possible que dans ces premières heures d'intimité conjugale , le mari se soit soumis à d'invraisemblables complaisances? L'étrange attitude de Philippe II dans les années suivantes oblige à recueillir tous les détails. Le prince d'Eboli, qui couchait dans la chambre même de Philippe, parlant un jour à l'ambassadeur français de l'attachement de Philippe pour la reine Elisabeth, dit quelques mots des galanteries du roi, « qui avoient cessé et estoient hors de la maison * » . / Jusqu'alors il avait eu « d'assez bonnes connaissances en ceste ville ^ » . Voulait-il parler de sa propre femme? On sait que Catherine de Médici, peu scrupuleuse en ces matières, envoyait des bijoux à l'Eboli, et recommandait à sa fille de se tenir en bonnes relations avec elle * ;

lina de Siiva r elle naît le 29 juin 1540. Elle épouse Kuy Gomez en 1552.

^ A rage de treize oa quatorze ans. Je n'ai pu connaître la cause de Taccident.

^ Ms. Bibl. nat. français 3163, f'^ 19. Saint-Sulpice à la reine mère.

^ Jbid., 16103, f"* 1. L*évêque de Limoges à la reine mère,

^ Voir ci- dessus, t. I, p. 253.

^-^ on sait aussi que le fils aîné de la princesse, nomme le

Lc de Pastrana, était le seul de ses enfants qui eût les ^{çhe\eux blonds commesleroi, qu'il se vantait d'être fils ^^"^-^ ^ du roi, qu'il était l'objet à la cour des mêmes égards que (/ le prince d'Ascoli, fils naturel de Philippe II. Les deux jeunes gens étaient toujours associés dans les cérémo- ^"^\ nies et cités à part; au mariage de l'infante Catalina, ils sont traités presque en beaux-frères par le fiancé, le duc de Savoie, qui accepte de chacun d'eux des genêts d'Espagne, et qui leur donne une épée à poignée ornée de diamants '. Leur importance en ces fêtes, loin d'étonner les témoins, semble correcte et habituelle ; on cite leurs costumes et ceux de leurs pages, tandis que Ton dit des simples grands que nul ne vou* lait paraître inférieur aux autres *.

Mêmes distinctions dans toutes les cérémonies : au mariage du comte de Melgar ^, les deux seigneurs sont encore cités ensemble pour la magnificence de leurs costumes. Plus tard, ils sont envoyés aux Pays-Bas, et

.là « on les disoit estre bastards du roy d'Espagne* » , et on les appelait « les deux ducs émulateurs de Parme » • Pastrana, s'il n'était pas fils du roi, faisait au ') ( moins ses efforts pour le paraître.

Sa mère, à la mort de son mari, se relire dans un

* Relacion del viaje hecho en 1585, publicada de real orden por MoBEii-FàTio y RoDRiGUEZ Villa, p. 64.

* Ibid,y p. 50 et suiv.

^ LoPE DE Vega, la Boroteoy p. 63.

* Le Petit, Chronique de Hollande, t. II, p. 576.

couvent de Carmélites, se soumet à la règle de sainte Thérèse, se fait appeler sœur Anne de la Mère de Dieu ', entre en querelle avec les autres religieuses, les maltraite et revient au bout de peu de mois à son château * ; « et bien qu'elle soit partie, écrit sainte Thérèse ^, elle retient captives mes pauvres religieuses, sans que je voie pourquoi elle les soumet à cette servitude » . Un peu moins de deux ans plus tard, commence Fintimité de la princesse avec l'ancien commis de son mari, Antonio Ferez *.

Est-ce dans cette nouvelle période que Ton pourrait placer des relations entre la jeune veuve et Philippe II? Une Espagnole de trente-quatre ans qui a eu dix enfiints , qui porte un bandeau noir pour cacher la plaie de son œil *^, ne devait plus avoir cet éclat de beauté que vantaient du vivant de son mari les poètes latins quand ils priaient un joli enfant, qui avait perdu également un œil, de céder l'autre à la princesse :

Parve puer, lumen quod habes concède puellae. Sic tu caecus ainor, sic erit illa Venus.

Elle parait être restée fidèle à Antonio Ferez, surtout si Ton doit croire , ce qui est dit dans le procès ,

* Doc. inéd., t. LVf, p, 19.

' Elle a dû rester au couvent d'août à déqemhre 1573. ^ Santa Teresa a fray Domingo Banes, enero 1574, éd. Rivadeneira, p. 31. t «

* D. Gaspar MuRO, la Princesa de Eboli.

^ Son portrait, attribué à Sancbo Goello, est gravé dans le livre de D. Gaspar Muro.

qu'elle lui a remis en dons jusqu'à quarante mille ducats, et qu'elle a déclaré en termes grossiers qu'elle le préférait au roi.

Mais cette passion amassa de nouveaux envieux autour d'Antotiio Ferez. Tandis que lui, le bâtard de l'archidiacre, était le favori de la plus grande dame de la cour, se montrait raffiné dans ses costumes et dans ses meubles, s'imprégnait de parfums ', se faisait donner tantôt une pièce de toile d'or de mille ducats, tantôt six mille ducats ^, à côté de lui végétaient les pauvres secrétaires ses collègues, Çayas, qui avait besoin des dons du roi de France pour marier sa fille; Mateo Vasquez, le juge souple qui avait servilement subi l'influence du roi dans le procès du duc d'Albe, et ne possédait néanmoins qu'une mince place de secrétaire intime^. Pour obtenir la protection du roi contre l'inimitié des subalternes et des envieux, Ferez jugea nécessaire de rengager dans une intrigue dont il aurait seul les fils. Il crut assurer sa fortune en flattant les soup^ çons de Fhilippe contre don Juan d'Autriche ; il se laissa utiliser pour capter les confidences et assurer la perte de l'homme qui le regardait comme son ami le plus sur.

a — Connaissez-vous Escoda? demande un jour le nonce du Fape à Antonio Ferez. — Escovedo, sans doute? fait Ferez. — Oui, il demande au Saint-Fère

^ Cabrera : « Curioso en el vestir, odorifero y pomposo. »

2 Pièce 66 publiée par D. Gaspar Muro.

3 11 fut secrétaire du 29 mars 1573 au 4 mai 1591.

de favoriser les projets de don Juan d'Autriche sur la couronne d'Angleterre. »

Le crime n'était pas grave : Philippe avait autorisé ces projets; y associer le Pape n'était point le trahir. Mais la méfiance est aussitôt éveillée. Perez noue avec don Juan et Escovedo une correspondance qu'il leur fait croire secrète, mais dont les minutes sont corrigées de la main du roi ; il feint de partager leurs vues pour soustraire leurs aveux, et montre leurs réponses au roi. Un momeAt, il a honte de ce rôle; il sonde la couscience de Philippe :

a — D'après ma théologie , répond Philippe ' , j'estime que non-î-seulement vous faites ce que vous devez, mais que si vous ne le faisiez pas de la sorte, vous ne rempliriez votre devoir ni envers Dieu, ni envers moi. n

Escovedo, qui avait passé sa jeunesse h côté d'Antonio Perez parmi les commis du prince d'EboIi, était bien l'homme présomptueux qui devait tomber dans ce piège et y entraîner don Juan ; u il aimait à parler de ce qui ne le regardait pas, à s'entremettre dans toutes les affaires, à se faire valoir * » . Dès qu'il se voit provoqué à des confidences, il écrit qu'il faudrait persuader au roi de se débarrasser' des affaires et d'appeler don Juan près de lui pour l'en charger, et « quand

^ « Segun mi theologia yo entiendo lo mismo que vos que no solamente hazeys lo que deveys, mas que no lo kariades pa^*^ con Dios ni para con el m un do, n nolo hiciesedes asy. »

^ Cabrera, t. II, p. 449.

nous serons tous deux pour le conseiller, avec Los Vêlez et Sesa pour nous soutenir, je crois que notre avis sera de quelque poids dans le conseil ' » . u — Le moyen de dominer cet homme » , répond Pérez, et il a Teffronterie de faire approuver sa réponse par Philippe, qui se laisse ainsi nommer este hombre, pour mieux cacher la fraude, « c'est de ne s'occuper que de ses propres affaires *... C'est un homme terrible, yous le savez... ^ Il a appris que l'évéque de Ripa venait d'être envoyé par le Pape près de vous avec (Juatre-vingt mille ducats; il faut que je connaisse vos intentions. » Et Philippe met en marge de la minute : « — J'approuve beaucoup ce passage. »

L'évéque de Ripa était bien à Bruxelles, près dev. don Juan ^, mais déjà Escovedo poussait le jeune prince à rentrer en Espagne pour réclamer une part dans le gouvernement de la monarchie ; il disait que l'on serait maître 4e la Gastille en occupant Santander et la montagne. Enfin, il annonce son arrivée à Santander : « — Prenons garde, écrit le roi sur cette lettre, hâtons-nous de nous en débarrasser avant qu'il nous

* Correspondance de Philippe II, t. Y, p. 188 : « Que vaidra nuestro parecer en el consejo. w

2 Ibid., p. 197.

8 Ibid. , p. 297.

^ Ibid.y p. 331. Il se nommait Philippe Sega.

^ Le sens est très-contesté : Tauthenticité du billet ne Ta jamais été.

La traduction ci-dessus comporte les deux versions ; M. Mignet pense

que le roi est effrayé , qu'il veut qu'on- tue Escovedo avant d'être tué

par lui; D. Gaspard Muro soutient que le roi veut dire seulement :

« Ecartons-le avant qu'il nous ennuie trop. » Je crois qu'il n'est pas

assomme ^. » Philippe est très-animé : « c'est une lettre sanguinaire », écrit-il sur un autre billet d'Escovedo * ; il pousse la prudence jusqu'à lui donner un nom chiffré * ; il refuse de le voir.

Escovedo s'adresse à Los Vêlez, à l'inquisiteur général Quiroga ', à la princesse d'EboH. Il sent des trahisons autour de lui. Un jour ^, il entre brusquement dans la chambre d'Antonio Ferez, et il le surprend étendu sur un lit avec la princesse. « — Ma conscience, s'écrie-t-il , m'oblige à prévenir le roi. — Escovedo, fais comme tii, voudras, s'écrie la femmes en fureur.

possible de donner un sens autre que celui de tuer aux mots employés par le roi : c'est bien à un meurtre qu'il pense ; il Ta déclaré plusieurs fois pendant les années suivantes. Voici du reste le texte : Menester sara prévenir nos bien de todo, y dar nos mucha priessa a despacharle, ' antes que nos mate. » Antonio Perez a bien compris le mot matar dans le sens de tuer, ainsi que le fait remarquer M. Morel-Fatio, Bévue historique, t. IX, p. 191.

' « Para que vea quan sangrienta es. »

^ Il le nomme le verdinegro.

3 Becueil de M. Morbi/-Fatio, p. 130.

^ Ce fait est ici accepté comme exact; on doit donner les raisons qui peuvent le faire rejeter ou admettre. D'une part, 1<» le déposant ,n*a rien vu : il répète ce que lui a dit son frère qui est mort; fp les faux témoignages éclatent dans chacune des pièces du procès : tout doit être suspect ; 3^ il n'est pas vraisemblable qu'une femme du rang de la princesse ait employé une expression grossière. Mais, d'autre part, i^ les relations de Perez et de la princesse n'étaient pas niées; il était donc inutile de suborner un témoin pour les prouver; 2^ si les frères. Moi;-> gado avaient imaginé cette scène , ils auraient faj^t usage d'expressions plus vraisemblables : l'exclamation de la princesse est un de ces mots qui ne s'inventent pas; 3° Perez dqcla«6. lui-même (Oéra^^ p. 6) que dans son zèle d'ancien serviteur dh' prince d'Ëboli, Escovedo parlait mal d'Antonio Perez et de la princess"^. ■ con pretexto de celo de criado, hablaba mal en la familiaridad "xle Antonio Perez con la princesa de Eboli » .

mas quiero al trasero de Antonio Ferez que al rey, » Mais Ferez ne lui laisse pas le loisir de remplir cet office. Il se fait donner par le roi l'ordre écrit de tuer Escovedo. « Sortir de cet embarras à l'aide de quelque bonne bouchée , pense Ferez * , c'est ce qui pouvait présenter le moins d'inconvénients.* » C'est une affaire à régler avec les maîtres d'hôtel et les valets de cuisine. Antonio Enriquez , majordome de Ferez, trouva moyen d'introduire près du cuisinier d'Escovedo un laveur de vaisselle qui « profita d'un moment où il n'était pas vu, déclare Enriquez, pour jeter dans un bouillon la poudre blanche semblable à de la farine que nous lui avions donnée » . Une esclave mauresque fut appelée , on lui remit entre les mains , on l'envoya porter à Escovedo la tasse d'argent où était le bouillon. Mais la poudre blanche avait été versée avec trop de libéralité, on en avait lùis plein un dé à coudre. Escovedo se sentit empoisonné, accusa l'innocente Mauresque, la fit livrer aux juges. « Cet Escovedo doit nous soupçonner tous deux, écrit Fhilippe II à Antonio Ferez ; il est capable de faire déclarer par l'esclave ce qu'il imaginera. — Aussi ai-je plus d'une raison d'être fortement inquiet » , répond Ferez *. L'embarras des

^ Anlonîo Përez , Obras y relaciones : « Lo que de menos inconveniente séria , era que con algun bocado se saliese de tel embaraço. «

^ Pièce publiée d'après le manuscrit de la Haye, t. I®'. Marques de PiDAL, Alteraciones de Aragon: «.Quiza haran a la esclava decir loque se les antojare, y alguna' sospecbn debio tener. » — « Harlo cuidado traigo de mas de una manera. »

deux complices ne fut pas de longue durée : la Mauresque fut étranglée sur la place de Madrid *. En laissant détruire cette créature qu'ils savaient innocente, le roi et Ferez se faisaient tranquillement ses meurtriers ; aucun des deux ne semble y avoir jamais réfléchi. Deux autres tentatives d'empoisonnement échouèrent encore ; ils étaient impatients d'en finir et eurent recours à un procédé plus énergique.

Sept hommes armés attendirent Escovedo le soir dans la rue, près de l'église Santa-Maria, le tuèrent fort tranquillement d'un seul coup d'épée donné avec art, et rentrèrent chez Antonio Ferez pour toucher leur salaire. Trois d'entre eux reçurent « une lettre et commission de Sa Majesté, avec le grade de sous-lieutenant (alferez) et vingt écus d'appointements » . Ils allèrent porter les enseignes de l'Espagne dans les compagnies qui tenaient garnison en Sicile. Les quatre autres n'eurent que des chaînes d'or et des doublons.

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