Bref du 22 juillet 1876. — 2. Bref du 27 juillet
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terminons, par un dernier trait, ce long chapitre sur les relations du père de la catholicité avec sa fille aînée.
Le maréchal de Mac-Mahon, par un acte d'énergie qui malheureusement ne se soutint pas, venait de dissoudre la Chambre des députés, dont les haines et les passions contre l'Eglise catholique et l'autorité civile elle-même inspiraient les plus vives et les plus sérieuses inquiétudes.
On était à la veille de nouvelles élections, lorsque de nombreux pèlerins du diocèse d'Angers se présentèrent devant le saint père. Pie IX préoccupé, à juste titre, des événements qui se passaient en France, leur adressa ces paroles :
« Vous êtes venus demander à Dieu de vous accorder, avant de partir, je crois, deux dons : le don de force et le don de conseil. En partant d'ici, vous allez rentrer dans vos foyers et, entrant dans la principale église d'Angers, dédiée à saint Maurice,vous vous prosternerez devant les insignes reliques de ce saint qu'elle renferme, pour demander à Dieu, par son intercession, la force et le conseil nécessaires. Vous lui direz : nous sommes venus pour implorer l'esprit de force et de conseil dans ces circonstances difficiles pour la France, où il est si nécessaire que ces deux dons accompagnent les électeurs et les élus.
« On doit donc en France choisir des représentants. Ah ! fasse le ciel que ceux qui doivent les élire, dépouillés de tout esprit de parti, choisissent des hommes qui aient la force, pour résister aux maux qui menacent
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la France et la société tout entière ! Fasse le ciel que les élus soient les vrais représentants de la grande nation, et que celle-ci, unie avec le gouvernement, puisse comprimer les ennemis intérieurs et résister aux ennemis extérieurs. A quoi sert de se le dissimuler, mes chers enfants? Vous voyez mieux que moi que vous avez des ennemis intérieurs qui vous minent et des ennemis extérieurs qui vous menacent. Les ennemis intérieurs vous minent et vous menacent aussi par le moyen de la presse et par toutes sortes d'iniquités et de complots ténébreux, entretenant ainsi les espérances des ennemis extérieurs, qui se réjouissent des divisions de leurs adversaires, grâce auxquelles ils pourront mieux les combattre. Il est nécessaire de les comprimer, afin que l'ennemi commun ne se prévale pas de vos dissensions intérieures pour arriver à son but, qui est celui de combattre non seulement la France, mais la religion catholique.
« Je continue donc à prier Dieu, comme je l'ai déjà prié dans ces derniers jours, afin qu'il donne à tous les Français la force et le conseil nécessaires pour choisir, comme représentants, des hommes qui, avant tout, aient en vue Dieu et son Eglise, qui aient la volonté de défendre ses droits, et qui soient ensuite disposés à tenir compte de l'honneur, de la dignité et de la grandeur de votre nation et de ses vrais intérêts. Ah ! qu'il daigne exaucer les prières que je lui ai adressées pendant ces jours, afin que la France, par le moyen de la prière, s'efforce d'obtenir les biens qui lui sont nécessaires.
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« Et toi, ô France, pays privilégié de Dieu, tourne sans plus tarder tes regards vers lui ; prie, aie confiance et agis dans le sens que je viens d'indiquer. Je sais bien que la voie suivie par une partie de cette nation, et qui devrait être suivie maintenant par la nation tout entière, est celle de la prière et de l'humilité. Ah ! combien il plaît à Dieu de voir ainsi prosternés humblement devant lui ceux qui ont besoin de ses secours ! O mon Dieu ! je vous recommande la France ! cette fondatrice de tant d'ceuvres d'iniquité, pour lesquelles elle est justement punie avec d'autres nations. Mon Dieu, bénissez la France, qui est une partie choisie de la vigne que vous avez plantée de vos mains et arrosée de votre
sang. »
Le dernier pèlerinage reçu par Pie IX fut un pèlerinage français. Le 21 novembre 1877, l'auguste vieillard, porté par les Sediari, arrivait, un peu après midi, dans les loges vaticanes, exposées au soleil couchant, où l'attendaient, leur évêque en tête, les pèlerins de Carcassonne. Après la lecture de l'adresse, le pape a dit combien il appréciaitles témoignages de l'affection filiale dont l'entouraient les pèlerins, d'autant qu'ils avaient dû, en des moments si graves, quitter leur patrie pour venir visiter le tombeau de saint Pierre et la prison du successeur de l'apôtre, vivant en cette ville de Rome, capitale et centre du catholicisme, aujourd'hui transformée en capitale du désordre. « Oui, a-t-il répété, vous n'avez pas craint de laisser votre pays affligé par des vicissitudes intérieures si douloureuses ; vous n'avez pas craint de venir ici, où des événements encore
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plus graves sont préparés par des gens qui, se disant amis
de la patrie, ne sont amis que de leur ventre Que
ferons-nous ? Nous prierons, nous nous agenouillerons au pied des autels en criant : Domine, salva nos, périmas ! et nous attendrons avec confiance que Dieu se lève et fasse le calme sur la mer en courroux, qu'il impose silence aux blasphémateurs : Obmutesce ! »
Enfin, après avoir demandé aux pèlerins le secours de leurs oraisons pour le successeur de saint Pierre, il les a bénis affectueusement, eux, leurs familles, leur diocèse et la France.
Les pèlerins de France ne devaient plus entendre sortir des lèvres de l'immortel et bien-aimé pontife ces paroles de bénédiction et d'amour dont son cœur avait été si prodigue pour notre chère et malheureuse patrie !...