PIE IX ET LES GOUVERNEMENTS PERSÉCUTEURS DE L'EUROPE
M. de Bismarck chef des persécuteurs. — Les lois de mai.- Effet inattendu de la persécution. — Pie IX s'élonne de cette persécution.— Sa lettre à l'empereur Guillaume. — Réponse du monarque. — « Nous n'irons pas à Ganossa, » — Les vieux catholiques. — Encyclique « Et si multa.)N — Elle est accueillie avec rage. — Les évêques d'Allemagne sont emprisonnés. — Pie IX nomme cardinal l'archevêque de Posen. — Comment Pie IX accueille les confesseurs de la foi. — Mgr Mermillod. — Mgr Lâchât et ses prêtres aux pieds de Pie IX. — L'Autriche déchire le concordat. — La Russie. — État de l'Église catholique en ce pays. — Le prince Ourousoff et le cardinal Simeoni. — Rupture des rapports entre le saint siège et la Russie.
OUS allons dans ce chapitre exposer sommairement l'histoire douloureuse de la persécution soulevée en Europe contre l'Église.
La politique de M. de Bismarck, disait un jour Pie IX, «ne se contente pas de nous poursuivre en Prusse, elle excite, et par ici et par delà les Alpes, ces gouvernements qui se disent catholiques et qui l'ont précédée dans cette honteuse carrière d'oppression religieuse; elle les excite, dis-je, à poursuivre plus hardiment dans la voie des persécutions, et ces gouvernements obéissent (*). »
M. de Bismarck a contribué à la chute du pouvoir temporel, en poussant l'Italie à profiter des revers de
i. Le 10 janvier 1875.
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la France pour s'emparer de Rome et violer ainsi les engagements qu'elle avait pris vis-à-vis de cette nation malheureuse : le pouvoir temporel tombé, il lui sembla que la puissance spirituelle elle-même le suivrait de près dans sa chute ; il organisa, sous le nom de Kulturkampf ou lutte civilisatrice, la guerre contre l'Église catholique dans tout l'empire d'Allemagne. Il en traça le plan et la formule dans les lois de mai, ainsi appelées parce qu'elles ont presque toutes été forgées dans ce mois, quoique dans des années différentes.
M. de Bismarck commença par décréter l'expulsion des jésuites et celle des ordres qu'il prétendit être affiliés à cette illustre compagnie. Les séminaires supprimés, sous le prétexte que les aspirants au sacerdoce devaient de plus en plus se pénétrer de l'esprit et des besoins de la société moderne, les séminaristes furent contraints de fréquenter les écoles laïques.
Le droit de nommer aux fonctions ecclésiastiques fut attribué à l'Etat; celui de déclarer les apostats hors de l'Eglise catholique fut refusé aux évêques : tel est l'ensemble de ces lois oppressives et tyranniques. Ces mesures étaient perfidement conçues, la sanction qu'on leur donna n'était pas moins redoutable. Les ecclésiastiques et les évêques rebelles à ces lois furent privés de leur traitement, et l'on défendit en même temps les quêtes qui auraient eu pour but de subvenir aux besoins du culte et du clergé. La suppression générale des ordres religieux des deux sexes ne se fit pas attendre.
Bismarck rencontra des difficultés auxquelles il s'at-
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tendait peut-être, mais ses lois produisirent à coup sûr un effet qu'il était fort éloigné de prévoir. La persécution réveilla la torpeur des catholiques allemands, elle resserra les liens qui les unissaient à la chaire de saint Pierre, et elle rendit l'épiscopat entier plus unanime et plus énergique dans ses résistances. Le clergé allemand préféra l'amende, l'exil, la prison à la trahison de ses devoirs, et les évêques de Prusse signèrent, le 26 mai 1873, une déclaration collective dans laquelle ils exprimaient leurs regrets de ne pouvoir obéir. « L'Eglise, disaient -ils, ne peut pas reconnaître le principe de l'État païen, d'après lequel les lois- de l'Etat seraient la source de tout droit, et l'Eglise ne posséderait que les droits qu'accorde l'Etat ; elle ne le peut sans renier la divinité de sa propre origine, sans faire dépendre le christianisme lui-même de l'arbitraire des hommes. »
Le ministre persécuteur fit condamner les évêques à l'amende, il confisqua leurs biens, fit vendre leurs meubles pour payer le fisc, il alla même jusqu'à les déposer de leurs sièges et à les envoyer en prison. Les prêtres exilés, emprisonnés ou déposés furent remplacés par des curés schismatiques avec lesquels les peuples catholiques refusèrent d'entrer en communication. Partout l'épiscopat, le clergé et les fidèles s'attachèrent plus fortement au pape.
Pie IX encourageait les évêques d'Allemagne par ses conseils et, avec une liberté tout apostolique, il prenait publiquement leur défense. La puissance, l'autorité, l'hypocrisie de ses ennemis, pas plus que leurs
m—vrvmtr, mfnf»
Pie ir et leg goutietnementg ne l'tZButope. 235
menaces n'arrêtèrent jamais sur ses lèvres les protestations énergiques et les anathèmes.
Pie IX avait lieu de s étonner de cette persécution que rien ne justifiait et, avec cette franchise apostolique qui fait le fond de tous ses discours, il s'exprimait ainsi le 24 juin 1872, en s'adressant à une députation des cercles teutoniques pour les lectures catholiques : « Nous avons donc ici une persécution toute préparée et commencée en Allemagne ; nous avons le premier ministre d'un gouvernement qui, après les plus brillants succès obtenus sur les champs de bataille, s'est montré le principal auteur de cette persécution. Je lui ai fait dire (et vous pouvez le répéter à tout le monde) qu'un triomphe sans modestie s'évanouit ; qu'un triomphe suivi de la persécution contre l'Eglise est la plus grande des folies. Cette même opposition que les catholiques font au persécuteur hâtera nécessairement la diminution de ce triomphe. J'ai fait dire au premier ministre que jusqu'à présent les catholiques avaient été favorables à l'empire germanique. Je lui ai fait dire que les fréquents renseignements que j'ai reçus des évêques, des prêtres et des catholiques éclairés, m'ont toujours appris que ceux-ci n'avaient qu'à se louer de la manière favorable avec laquelle ils étaient traités par le gouvernement, et de la liberté conservée à l'Eglise ; et le gouvernement lui-même se montrait satisfait des catholiques. Comment se fait-il donc maintenant, qu'après ces déclarations et ces aveux du gouvernement lui-même, comment se fait-il que les catholiques soient devenus tout à coup un peuple
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rebelle et conspirateur ? C'est là la demande que j'ai fait faire. J'attends la réponse. Je ne l'ai pas encore reçue ; peut-être, parce qu'il n'y a rien à répondre à la vérité. Quant à nous, tournons nos regards vers Dieu ; mettons en lui toute notre confiance, soyons unis, et nous verrons finalement tomber la petite pierre qui brisera le talon du colosse. »
Quelques mois après, dans une circonstance plus solennelle, Pie IX, en présence du sacré collège, le 23 décembre, protestait de nouveau :
« La douleur amère dont notre cœur est transpercé est encore gravement augmentée par les persécutions atroces que souffre cette même Eglise dans d'autres régions, mais surtout dans le nouvel empire germanique, où l'on ne se contente pas de travailler à la renverser de fond en comble par des menées secrètes, mais où l'on fait ouvertement tous ses efforts pour y réussir Ajoutant l'injure à la calomnie et à la dérision, ils ne rougissent pas d'attribuer la persécution déclarée contre l'Eglise aux catholiques eux-mêmes, parce que les évêques, le clergé et les catholiques, parmi le peuple, refusent de préférer les décrets et les lois de l'empire aux saintes lois de Dieu et de l'Eglise, et refusent, par conséquent, de manquer à leurs devoirs religieux. »
Cette allocution excita au suprême degré la fureur du ministre allemand ; il exhala sa bile dans un de ses journaux, le Norddeutsche-Allgemeine-Zeittuig où il fit déclarer que le pape « se dédommageait de la perte de sa souveraineté temporelle par une éloquence déma-
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gogique, une calomnie, un mensonge, des injures et une impudence colossale. »
Voyant toutes ses protestations inutiles, toutes ses démarches infructueuses, Pie IX résolut de s'adresser directement à l'empereur d'Allemagne et, le 7 août 1873, il lui écrivit la lettre suivante :
« Toutes les mesures que le gouvernement de Votre Majesté a prises, depuis quelque temps, ont de plus en plus pour but de détruire le catholicisme. Quand je me demande à moi-même quelles peuvent être les causes de ces rigoureuses mesures, je reconnais que je ne suis pas en état d'en trouver une seule.
« D'un autre côté, on me dit que Votre Majesté n'approuve pas la conduite de son gouvernement et blâme la rigueur des mesures prises contre la religion catholique. Mais s'il est vrai que Votre Majesté ne les approuve pas (et les lettres que Votre Majesté m'a adressées autrefois me semblent prouver suffisamment que vous ne pouvez pas approuver ce qui se passe actuellement) ; si, dis-je, Votre Majesté n'approuve pas que son gouvernement continue à étendre de plus en plus les mesures de rigueur prises par lui contre la religion de Jésus-Christ, et à nuire par là si gravement à cette religion, Votre Majesté n'arrivera-t-elle pas alors à se convaincre que ces mesures n'ont pas d'autre effet que de miner son propre trône ?
« Je parle avec franchise, car ma bannière est la vérité. Je parle pour remplir un de mes devoirs, qui consiste à dire la vérité à tous, et même à ceux qui ne sont pas catholiques, car tous ceux qui ont reçu le baptême
appartiennent au pape, à quelque point de vue que l'on se place et de quelque façon que ce soit, sans que j'aie à m'expliquer ici à cet égard. Je suis persuadé que Votre Majesté accueillera mes observations avec sa bonté accoutumée et prendra les mesures nécessaires dans la circonstance présente. »
Guillaume répondit le 3 septembre, en déclarant qu'il prenait la responsabilité des mesures prises contre les catholiques, qui avaient eux-mêmes, depuis deux ans, nécessité ces sévérités, en cherchant à troubler par des mesures hostiles à l'Etat, la paix religieuse qui règne en Prusse depuis plusieurs siècles. Il prétend que son devoir l'oblige à agir ainsi et qu'il en est responsable devant Dieu. Il fait remarquer que des faits semblables se produisent actuellement dans plusieurs Etats européens et quelques Etats d'outre-mer.
Le monarque déclare qu'il ne veut pas rechercher les causes de cet état de choses, et, après cette façon sommaire et calculée de se tirer d'embarras, il termine sa lettre, en disant qu'il n'accepte point que « quiconque a reçu le baptême appartienne au pape. » Pour lui, il ne reconnaît dans ses rapports avec Dieu d'autre intermédiaire que Jésus-Christ.
Dans une autre lettre, rendue publique par l'empereur lui-même, Guillaume rappelait le souvenir des anciens empereurs d'Allemagne, ces irréconciliables ennemis de la suprématie des papes, et il déclara vouloir luimême reprendre et continuer ces vieilles traditions. Son ministre, pour ne laisser aucun doute sur la nature et l'intensité de cette guerre déclarée à la papauté, s'était
Ptetr et les gouvernements De VdEutopz. 239
écrié, en faisant allusion à la soumission de l'empereur Frédéric : « Et nous n'irons jamais à Canossa ! »
Pie IX répondit à cette provocation par ces nobles paroles :
« Nous ri irons pas à Canossa, crie avec un impudent sarcasme le porte-étendard, X Antesignano de la révolution actuelle, et tous ses satellites aveugles d'applaudir.
« Nous répondons : aller ou n'aller pas à Canossa, est une chose incertaine. Ce qui est certain pourtant, c'est qu'ils seront tous traînés devant la Croix, qu'ils comparaîtront tous bon gré, mal gré, pleins de terreur et d'épouvante, devant ce glorieux signe. La Croix sera leur condamnation, et la Croix sera notre confort et notre joie (i). »
La démarche de Pie IX auprès de l'empereur d'Allemagne n'eut donc aucun résultat ; le grand chancelier de l'empire, à partir de ce jour, donna une plus grande activité à la persécution. Il favorisa la secte des vieux catholiques, née en Bavière, dans le cerveau d'un théologien ambitieux qui se révolta contre les décisions du concile du Vatican. Reinkens est élu évêque par ces hérétiques, qui comptent déjà des complices dans l'Allemagne, et l'apostat prête serment entre les mains d'un ministre protestant. A l'exemple de l'Allemagne, qui lui donne l'impulsion, la Suisse reçoit les prêtres apostats qui lui arrivent de France, à la suite d'un moine vaniteux et marié ; elle chasse les prêtres
1. Discours aux Italiens, à l'occasion du centenaire de la victoire de Legnano (1876)
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catholiques, modifie les circonscriptions des paroisses, supprime les postes ecclésiastiques, en crée de nouveaux, et accorde aux assemblées populaires le droit d'élire les curés. Le jeune et vaillant évêque d'Hébron, Mgr Mermillod, dont l'éloquence merveilleuse, l'indomptable zèle et l'aimable douceur obtenaient chaque jour de signalés triomphes sur le protestantisme, est chassé de Genève, sa patrie.
Le vénérable évêque de Bâle, Mgr Lâchât est insulté en attendant qu'on l'exile, les pèlerinages sont interdits, les curés sont déposés, et enfin, la Suisse rompt toute relation avec le saint siège.
Bismarck pouvait être content. Il trouvait dans le pays même de la liberté des imitateurs de son intolérance et non content de tenir dans ses prisons plusieurs évêques catholiques, il songeait déjà au futur conclave, comptant les jours de Pie IX et se croyant déjà maître de l'Eglise, comme il semblait l'être de l'Europe.
Dans un dessein trop facile à comprendre, il veut nommer le cardinal Hohenlohe son ambassadeur près du pape. Son projet est déjoué par le refus de Pie IX, qui fait répondre, le 2 mai 1872, par son secrétaire d'Etat, qu'il a le regret de ne pouvoir consentir à ce qu'un cardinal de la sainte Eglise romaine, faisant partie même de la cour pontificale, puisse, dans les circonstances actuelles, accepter une charge aussi importante que celle d'ambassadeur.
Pie IX tenait tête à l'orage, et il adressa aux évêques catholiques une encyclique dont la vigueur
Pteir et les gouvernements De l'Europe, 241
et la sérénité feront l'admiration de tous les âges (l). De sa prison du Vatican, il jette les yeux sur l'univers, et presque partout il voit les gouvernements en révolte contre l'Eglise.
« Les choses en sont venues à ce point, dit-il, que la mort même semble préférable à une vie bouleversée par tant d'orages, et que parfois nous sommes contraint de nous écrier, les yeux levés au ciel : Il serait mieux pour nous de mourir que de voir les maux des saints !... En effet, depuis que, par la permission de Dieu, cette illustre ville, notre capitale, a été prise par les armes et soumise à la domination d'une race d'hommes contempteurs du droit, ennemis de la religion, et qui mettent sur le même pied les choses divines et humaines, il ne s'est pas passé un seul jour qu'on n'infligeât une nouvelle blessure à notre cœur, transpercé déjà par des injures et des vexations de toute sorte. »
Après avoir, en quelques mots, renouvelé ses protestations contre les anciennes et nouvelles persécutions de l'Italie, il s'élève avec force contre la guerre faite à l'Église par la Suisse ; il proteste contre l'expulsion de l'évêque d'Hébron, expulsion « aussi belle et aussi glorieuse pour la victime qu'elle a été honteuse et vile pour ceux qui l'ont ordonnée et exécutée ; » il rappelle et stigmatise la conduite indigne des cinq cantons qui forment le diocèse de Bâle, et il approuve et loue la fermeté de Mgr Lâchât « dépossédé de son
1. Elle porte la date du 21 novembre 1873 et commence par ces mots : Et si multa.
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épiscopat; chassé de son palais et violemment poussé en exil. »
Ces douleurs immenses pour son cœur de père et de pasteur trouvaient assurément une grande compensation dans le courage et l'union des glorieuses victimes de cette persécution.
L'Allemagne lui offre le même spectacle douloureux et consolant tout à la fois. Le pontife retrace alors en traits saisissants et concis l'histoire de la persécution déclarée à l'Eglise dans ce puissant empire, et principalement en Prusse II montre l'injustice des lois auxquel les les évêques ont refusé de se soumettre. « S'il n'y avait pas d'autres lois que les lois du pouvoir civil dit-il, et si ces lois n'étaient pas d'un ordre supérieur, de telle sorte qu'il faut les reconnaître et qu'il est interdit de les violer ; si, par suite, ces mêmes lois civiles constituaient la règle suprême de la conscience, selon la prétention absurde et impie de quelques-uns, les premiers martyrs et ceux qui les ont imités seraient plutôt dignes de blâme que d'honneur et de louange, lorsqu'ils répandaient leur sang pour la foi du Christ et la liberté de l'Eglise; bien plus, il n'eût pas été permis, en dépit des lois et malgré les princes, de répandre et de propager la religion chrétienne, en un mot, de fonder l'Eglise. Cependant la foi enseigne et la raison humaine démontre qu'il existe deux ordres de choses et qu'il faut distinguer deux pouvoirs sur la terre : l'un naturel, qui a mission de veiller à la tranquillité de la société humaine et aux affaires séculières ; l'autre, dont l'origine est au-dessus de la nature, qui est à la tête de la cité
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de Dieu, c'est-à-dire, de l'Eglise de Jésus-Christ, et qui est institué de Dieu pour la paix des âmes et leur salut éternel. Or, les devoirs de cette double puissance ont été très sagement réglés de façon que l'on rende à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. En effet, si César est grand, il est moindre que le ciel, car César dépend de celui dont dépend le ciel et toute créature (I).)> L'Eglise ne s'est jamais écartée de ce divin précepte, et le pontife fait remarquer avec beaucoup d'à-propos que le pouvoir des Césars n'est point omnipotent, que les lois divines ont leur prédominance naturelle et nécessaire, et que la conscience chrétienne est un domaine qui leur est soustrait dans ce sens, qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. Pie IX rappelle ensuite la lettre qu'il a reçue de l'empereur d'Allemagne en réponse à celle qu'il lui avait écrite, « lettre, dit-il, que nous eussions passée sous silence si, à notre insu et contre tous les usages, » elle n'avait écé publiée dans le journal officiel de Berlin. Le saint père réfute les assertions du monarque. Parce que les évêques et les catholiques refusent d'obéir aux lois injustes dont nous avons parlé, « ils sont accusés du crime de trahison, dit-il, comme s'ils étaient d'accord et conspiraient avec ceux qui s'efforcent de troubler tout l'ordre de la société humaine, et cela, malgré des preuves innombrables et éclatantes qui établissent à l'évidence leur fidélité incontestable, leur obéissance envers le prince, et leur zèle ardent pour les intérêts de la patrie. Bien plus, l'on vient nous prier nous-même d'exhorter