PIE IX,LES MISSIONS ET LES ORIEN- TAUX
Amour de Pie IX pour les âmes. — Les missions. — Créations nouvelles de délégations, de vicariats et de préfectures apostoliques. — Création d'un séminaire pour les Missions. — Mgr Languillat. — Les petits nègres de l'Afrique centrale. — Les sauvages de Wallis. — Mgr Êlloy. — L'Afrique équatoriale. — Le schisme des Arméniens. — MgrHassoun. — Soumission de Mgr Auduet des schismatiques Chaldéens.
ONSEIGNEUR Nocella, dans l'oraison funèbre de Pie IX, s'exprime ainsi: « Le pape que nous pleurons fit sentir son zèle apostolique aux prêtres, qu'il excita toujours à la vertu par ses discours et ses exemples ; il le fit sentir aux élèves destinés aux saint sordres, pour lesquels ou bien il fonda des séminaires, ou bien il distribua des secours aux fondations existantes. Il le fit sentir aux congrégations religieuses, au bien temporel et spirituel desquelles il veilla avec tant de soin ; il le fit sentir à tout le peuple chrétien, qu'il excita, par plusieurs jubilés, à la correction des mœurs et à la sainteté, et qu'il ne cessa, par ses discours privés, livrés ensuite à la publicité, d'exhorter à la pratique de la prière et des devoirs de justice et de salut; il le fit sentir aux nations les plus éloignées de toute civilisation, qui reçurent les missionnaires envoyés par lui pour prêcher la vérité et l'Evangile. »
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C'est sous ce dernier point de vue que nous allons envisager Pie IX. Nous donnerons tout d'abord une idée de son activité en rappelant qu'il a créé trois délégations, trente-trois vicariats et quinze préfectures apostoliques. Ces chiffres indiquent les progrès étonnants que la foi fit pendant son pontificat dans les pays infidèles.
Parmi les gloires de son pontificat, il faut, nous l'avons dit, compter le rétablissement de la hiérarchie catholique en Angleterre, en Hollande et en Ecosse. Nous attribuons à Pie IX le rétablissement de la hiérarchie catholique en Ecosse ; car, Léon XIII, par ses lettres apostoliques du 4 mars 1878, n'a fait, comme il le dit lui-même dans son allocution du 28 mars, qu'accomplir heureusement ce que Pie IX « dans son zèle insigne pour la chose catholique avait entrepris. »
Les séminaires destinés aux missions étrangères ne manquaient pas : la plupart des ordres religieux avaient une maison consacrée à cet utile et indispensable noviciat. Les Italiens en dépouillant les couvents ont tari en grande partie la source qui alimentait ces pieux asiles ; ils se sont emparés des séminaires eux-mêmes et, en dehors du collège de la Propagande et de quelques séminaires nationaux, Rome n'offrait plus d'établissements de ce genre.
Profondément affligé de cet état de choses, Pie IX fit élever, à ses frais, dans le Transtevère, en 1874, un séminaire pour recevoir les jeunes gens qui se destinent aux missions. Il est assez vaste pour contenir soixante élèves et il est consacré aux saints apôtres Pierre et
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Paul. Un jour quelqu'un disait devant Pie IX que le moment semblait mal choisi pour bâtir: « Le moment ? reprit en riant le pontife, il n'a jamais été plus propice. On démolit, il faut donc bâtir. »
Les missionnaires qui venaient à Rome étaient toujours assurés de rencontrer auprès de Pie IX un accueil paternel. Il priait Dieu, en les bénissant, « de féconder leurs sueurs et leur sang, afin que par vous, disait-il souvent, les âmes qui dorment dans les ténèbres de la mort s'éveillent et montent à la lumière de la bienheureuse éternité. » Ecoutons l'un d'eux, Mgr Languillat, de la Compagnie de Jésus, nous redire ses impressions.
« La vue de Pie IX me pénétra d'une émotion profonde. Il me semblait qu'un rayon d'en haut, une lumière surnaturelle, tombait sur mon front et, pour résumer l'impression que je ressentis à ses pieds, je ne puis que vous répéter ces deux mots que je viens d'écrire à mes séminaristes de Tonkadou : Vidi sanctum ! Oui, c'est un saint que j'ai vu sur le trône de Pierre et dont j'emporte en mon cœur l'image; mais quel aimable saint !
« Laissez-moi vous raconter ici les plus petits détails. Savez-vous bien quelle fut, en m'apercevant, la première parole de mon bien-aimé pontife ? Ecco il mio Nankinese, répéta-t-il trois fois en souriant: Le voilà, mon Nankinois. Si bien qu'en me prosternant, je me pris moi-même à sourire un peu; mais presque aussitôt je ne pus retenir mes larmes. Je voulais lui baiser les pieds : lui, me tendit la main; je la saisis, je la baisai, en disant : Tu es Petrus ! — Et le saint père,
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serrant fortement ma main dans la sienne, poursuivit sa causerie avec moi, d'une voix ferme.
<( Pendant trois quarts d'heure que j'ai eu la consolation d'entretenir Sa Sainteté de notre mission de Chine, j'ai été frappé de la précision avec laquelle le saint père parlait de l'état de ces chrétientés lointaines, énumérant les grandes villes qui devaient servir de centres d'opérations, parlant de ce qui était fait, de ce qui est encore à faire.
« Saint Père, lui dis-je, les premiers missionnaires de Chine commençaient à prêcher l'Evangile aux princes et aux grands; quant à nous, par suite de circonstances nouvelles, c'est aux petits et aux pauvres que nous devons le prêcher d'abord.
— Votre position n'en sera que plus solide, me répondit Pie IX; tout sera fondé sur l'humilité. Puis, j'ajoutai que les infidèles et les mandarins eux-mêmes me considéraient comme l'envoyé et le représentant du souverain pontife; que pour les chrétiens de l'extrême Orient, leur plus grand désir était d'égaler, de surpasser, s'il était possible, le dévouement de leurs frères d'Europe. Et comme gage de ce filial amour, j'offris en leur nom au saint père, avec quelques petits présents et notre modeste denier de saint Pierre, une adresse signée par les principaux négociants deChang- Haï. »
Le 1 1 juin 1872, le pape signait sa lettre Ad apostolicam fidem qui assigne le gouvernement et l'administration du vicariat de l'Afrique centrale aux prêtres de l'institut de Vérone, fondé pour les missions des nègres.
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Deux ans plus tard, le père Daumas, de la Compagnie de Jésus, missionnaire en Syrie, exclusivement occupé au rachat des nègres qui proviennent de cette même Afrique centrale, se présentait au Vatican, accompagné de quatre négrillons. En les voyant, Pie IX s'écria : « Ecco i nostri piccoli neri ! Voici nos petits nègres ! »
Puis, se tournant vers le missionnaire: « Sont-ils tous chrétiens ? demanda-t-il.
— Pas tous, Saint Père ; il n'y en a que trois. Le quatrième doit recevoir le baptême pour la fête de l'Assomption. »
S'étant fait indiquer cet enfant, Pie IX s'approcha de lui, le caressa et lui témoigna une affection toute particulière.
(( Voici une médaille, quand il sera baptisé, vous la lui passerez au cou ! »
S'adressant ensuite à l'aîné de ces enfants, âgé de six ans et qui parlait bien français, le saint père lui demanda s'il savait sa prière et le petit nègre répondit en récitant aussitôt : Notre père et Je vous salue, Marie. Le petit Joseph, âgé seulement de cinq ans voulant faire voir qu'il savait également sa prière, se mit à la réciter en Arabe. Pie IX était visiblement ému, heureux d'entendre bénir le nom de Dieu et de la Vierge immaculée par ces petites créatures arrachées à la religion musulmane pour être rendues à la dignité des enfants du Christ.
Le saint père leur demanda ensuite s'ils savaient ce que c'était que le pape... Ces enfants se prosternèrent
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immédiatement le visage contre terre, en lui disant dans leur langage oriental : « Tu es le plus grand homme qu'il y ait sur la terre ! ))
Admis à baiser le pied et la main du saint père, les pauvres enfants, tremblants, s'approchèrent du pape, qui souriait en les voyant se succéder les uns aux autres ; l'un avait à peine terminé que l'autre voulait recommencer: « Vedete corne pigliano gusto, dit Pie IX à son entourage ; lasciamoli fare ! Voyez comme ils y prennent goût ; laissons-les faire ! » Et pendant cinq minutes, le bon père reçut les caresses respectueuses de ces petits nègres, qu'il congédia après leur avoir remis à chacun une belle médaille.
Le nom du grand pape, porté jusqu'aux extrémités du monde par nos missionnaires, était vénéré des peuplades les plus barbares. Après la prise de Rome par les Italiens, les sauvages de l'Amérique, de la mission de Fortsmith, auraient voulu « voler avec leurs arcs et leurs flèches à son secours ; » et ils chargeaient leurs missionnaires de lui faire connaître leurs sentiments.
« A Wallis, et partout où l'on connaît les épreuves de Pie IX, écrit un missionnaire, on prie pour lui. Les enfants prient comme leurs parents. La reine Amélie réunit tous les dimanches, après vêpres, les jeunes gens qui n'ont point encore fait leur première communion, et elle leur fait réciter le rosaire ou le chemin de la croix pour Pie IX. Un jour, ces jeunes gens, trouvant les prières trop longues, dirent à la reine : « Mais il est donc bien malheureux le pape, que tu nous fais dire
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tant de prières pour lui ! » Et la reine leur expliqua la situation du saint père.
« Alors, dirent ces jeunes gens, écris-lui qu'il vienne à Wallis, car nous l'aimons beaucoup et personne ne lui fera de la peine. »
Nous donnons la parole à un évêque missionnaire de ces contrées éloignées (T).
« Je suis arrivé à Rome, en compagnie de notre T. R. P. supérieur général, le 9 janvier, à une heure et demie de l'après-midi, une heure avant que Victor- Emmanuel eût rendu le dernier soupir. Hier, j'ai eu une audience du pape qui m'a retenu un bon quart d'heure auprès de lui.
« En me voyant entrer, Pie IX s'est écrié de son lit : Ah ! voici, de tous les évêques du monde, l'évêque le plus éloigné, le vicaire apostolique de l'Océanie centrale. Sa Sainteté s'est informée du progrès de la religion dans mon vicariat. Je lui rappelai que j'étais le successeur de Mgr Bataillon : « Oui, dit-elle, de ce brave évêque qui a travaillé quarante ans dans les missions de l'Océanie. » Lorsque je lui racontai les consolations que nous donne l'île de Wallis, évangélisée par Mgr Bataillon, Sa Sainteté ajouta : « Quelle consolation de voir l'Eglise ainsi connue et aimée par les peuples nouveaux! »
« Je rappelai encore au saint père que j'avais reçu sa dernière bénédiction, le jour même de la définition
1. Lettre de Mgr Elloy, vicaire apostolique de l'Océanie centrale, adressée de Rome, le 14 janvier 1878, au procureur des missions de la société de Marie,
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du dogme de l'infaillibilité pontificale, dans une audience que Sa Sainteté avait daigné m'accorder ce jour-là.
« Oui, vous étiez au Concile, me répondit Pie IX, et vous étiez avec le pape ! »
« Je demandai alors une bénédiction pour mes missionnaires, pour mes néophytes et pour les peuples que je suis appelé à convertir, ainsi que pour tous les bienfaiteurs de nos missions. Le saint père m'accorda sa bénédiction, en désignant toutes ces classes de personnes.
« Puis il sonna son camérier, qui lui apporta une belle médaille en or, renfermée dans un magnifique écrin de velours cramoisi. Le souverain pontife daigna me la remettre. Elle représente, d'un côté, Pie IX en la trente et unième année de son pontificat ; de l'autre, saint Joseph étendant une main protectrice sur l'Eglise, que lui montre Jésus-Christ, debout sur les genoux de la sainte Vierge. L'Eglise est représentée par une femme qui, d'une main, tient les clefs, et, de l'autre, la basilique de Saint-Pierre, d'où s'échappe la lumière du monde... »
Peu de temps avant sa mort, Pie IX songeait à de nouvelles conquêtes évangéliques et, par un rescrit, il chargeait l'archevêque d'Alger de pourvoir à la création de deux missions considérables, dans l'Afrique équatoriale, destinées à être érigées en vicariats apostoliques, l'une sur le lac Tanganika avec Kabébé pour annexe, et l'autre sur les lacs Victoria et Albert-Nyanza. Douze missionnaires de la congrégation, fondée à Alger par Mgr Lavigerie, pour l'évangélisation de l'Afrique,
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sont partis pour ces périlleuses contrées, au mois de mars 1878.
Dans un discours adressé aux évêques orientaux pendant le Concile, Sa Sainteté avait fait allusion aux tentatives faites auprès des évêques orientaux pour les séparer de l'obéissance et de l'autorité du saint siège. Ces efforts eurent de douloureux résultats. Une partie des Arméniens catholiques prit prétexte des dissensions conciliaires pour s'enhardir dans la résistance déjà ouverte à la constitution pontificale du 4 juillet 1867, connue sous le nom de bulle Reversurus. Cette bulle, en réglant le mode d'élection des évêques arméniens, avait eu pour objet de mettre fin aux déchirements et aux rivalités intérieurs de cette nation si prospère. Elle les calma d'abord, mais dénaturée ensuite par la mauvaise foi, elle les raviva. Les religieux Antoniens de Rome et quelques laïques ardents de Constantinople rejetèrent ouvertement l'autorité de Mgr Hassoun, leur patriarche légitime. Pie IX leur envoya Mgr Pluym, avec une mission toute conciliatrice ; mais soutenus par le représentant de Victor-Emmanuel et aussi, paraît-il, par l'ambassadeur de France, M-. Bourée, ils ne voulurent rien entendre et, le 24 février et le 20 mai 1870, le saint siège les frappa de censures ecclésiastiques.
Les schismatiques ne se laissèrent point intimider, ils se réunirent en conciliabule et tentèrent d'élire un nouveau patriarche. Par sa lettre Ubi prima novi schismatis, en date du 11 mars 1871, Pie IX déclarait ce conciliabule illégitime et de nulle valeur et, le 13 mars,
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il envoyait Mgr Franchi à Constantinople, avec la mission de rétablir la paix. Il s'agissait d'obtenir du sultan la liberté dont les catholiques avaient besoin pour exécuter les ordres du pape, ce que les intrigues des schismatiques empêchaient. Mgr Franchi obtint cette promesse et, le 18 novembre il rentrait à Rome porteur des présents du sultan pour le saint père et d'une lettre dans laquelle ce monarque promettait de « faire tout ce qui serait possible pour accroître l'amitié que Sa Sainteté lui a témoignée et pour confirmer leurs bons rapports d'affection. »
On pouvait croire dès lors que le schisme touchait à sa fin ; mais ses partisans, quoique peu nombreux, — ils étaient environ huit cents, et dans ce nombre, on comptait quatre évêques, — firent si bien, qu'ils obtinrent du vizir l'expulsion de Mgr Hassoun, patriarche des Arméniens catholiques. Dieu ne tarda pas à punir les rebelles : la mort leur enlevait, à peu de jours de distance, leur patriarche et quelques-uns de leurs évêques : ils se trouvaient dans l'impossibilité de faire le mal qu'ils avaient rêvé.
Exilé par le gouvernement ottoman, Mgr Hassoun se rendit à Rome, au mois d'août 1872. Pie IX le reçut avec effusion, lui exprima son admiration, puis lui donnant un anneau et une croix épiscopale de grand prix, il lui dit :
<i Cette croix est bien moins précieuse que celle posée sur vos épaules, durant la période douloureuse des épreuves auxquelles la divine Providence a voulu vous soumettre ! »
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Le 6 janvier 1873, le souverain pontife adressait aux Orientaux une encyclique, dans laquelle il exposait l'origine, le progrès et l'état du schisme arménien. Il stigmatise la conduite de Jean Kupélian qui, « après avoir reçu du pseudo-patriarche une consécration épiscopale sacrilège et s'être emparé du pouvoir, ose et prétend soumettre à sa domination les catholiques du rite arménien, employant ouvertement pour cela, tantôt les promesses, tantôt les menaces. Que si jamais il pouvait réussir, les catholiques seraient entièrement réduits de nouveau à cette condition si misérable sous laquelle ils gémissaient quarante-deux ans auparavant, lorsqu'ils étaient sous la domination des vieux schismatiques de leur rite.
« Afin d'éloigner de vous de si grands maux, nous n'avons, en vérité, négligé aucun moyen, suivant en cela l'exemple que nous ont toujours donné nos prédécesseurs, dont les plus illustres évêques et les pères de l'Eglise orientale eurent toujours coutume, dans de semblables circonstances, d'implorer l'autorité, l'appui et le secours. C'est dans ce but que nous avons envoyé notre légat extraordinaire; et, afin que tout le monde pût voir que nous n'avons manqué en rien, nous avons dernièrement adressé une lettre personnelle au très haut empereur ottoman, en demandant que les dommages causés aux Arméniens catholiques fussent justement réparés, et que le pasteur exilé fût rendu à son troupeau. Mais les artifices de ceux qui, tout en se disant catholiques, sont les ennemis de la croix de Jésus-Christ, ont empêché que les faits ne répondissent à nos vœux.
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« Il est donc évident que les choses en sont arrivées à un tel point qu'elles font craindre sérieusement que les auteurs et les disciples du nouveau schisme ne fassent pire et ne finissent par séduire et entraîner dans la voie de la perdition, comme ils se le proposent, ceux d'entre les catholiques, tant arméniens que des autres rites, qui sont ou plus faibles dans la foi ou moins défiants. »
Dieu a ménagé à son grand pontife la consolation de voir Mgr Hassoun rentrer à Constantinople. Les catholiques le reçurent avec d'autant plus d'honneur qu'il venait vers eux après avoir supporté les tristesses de l'exil pour défendre les droits de l'Eglise.
Pie IX put aussi bénir la Providence qui, mettant fin à la désobéissance et au schisme du patriarche des Chaldéens, Mgr Audu, rendait la paix aux églises de la Mésopotamie et du Malabar. A la suite de leur chef, les évêques, à l'exception d'un seul, les prêtres et les fidèles faisaient leur soumission entre les mains du délégué pontifical, Mgr Louis Lion, archevêque de Damiette, dans les premiers jours du mois de mars 1877. En apprenant cette nouvelle, Pie IX s'agenouilla et remercia Dieu de lui avoir permis de jouir de cette nouvelle victoire de l'Église militante.