‹ Histoire de Pie IX le Grand et de son pontificatChapitre 45 sur 81 · JI.M.M. 2 I · texte numérisé non relu

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écrivit ces mots: Dominus benedicat régna et imperia et illuminet reges et imperantes !

C'est ainsi que Pie IX consacrait le temps destiné à son repos et à sa promenade, accueillant ses enfants avec bonté, trouvant dans son cœur de douces et aimables paroles et laissant toujours dans les âmes de ceux qui l'entendaient de salutaires et pieuses impressions.

Aussi, tous ceux qui l'approchaient l'aimaient ; les prélats de sa cour, ses serviteurs l'estimaient autant qu'ils le vénéraient, et l'on peut affirmer qu'il a fait mentir le proverbe qui dit que nul n'est grand homme pour son valet de chambre.

A la suite de ces audiences et de ces quelques instants de promenade, Pie IX rentrait dans ses appartements, il congédiait son entourage, puis se rendait dans sa chapelle privée, où il restait en adoration devant le saint sacrement jusqu'à deux heures. Il allait alors dans sa salle à manger, où il dînait.

Ce repas était toujours très frugal : on y voyait invariablement un potage, un morceau de bœuf et une volaille bouillie, qu'on servait ensemble avec des légumes, selon l'usage romain. Le saint père ne touchait presque jamais au bouilli; il prenait quelques légumes, puis une légère friture, une côtelette ou un autre rôti, et pour dessert un fruit. Il ne mangeait jamais de pâtisseries, ni de plats sucrés : si, aux jours de grandes fêtes, son maître d'hôtel chargeait la table d'un mets supplémentaire, Pie IX s'en plaignait doucement et n'y touchait pas.

Ses familiers secrets apportaient les plats sur la table,

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faisaient la génuflexion, puis se retiraient, le saint père se servait lui-même. Son caudataire et secrétaire intime, Mgr Cenni assistait à son repas. Quelquefois un beau chat noir se glissait dans la salle, derrière les familiers : le bon pape le caressait volontiers et le faisait participer à son dîner.

Dans les chaleurs de l'été, Pie IX se reposait un quart d'heure. La récitation du chapelet, du bréviaire et le travail occupaient les heures qui suivaient ces quelques instants de sieste.

Vers les quatre heures, il visitait une seconde fois le saint sacrement dans la chapelle où il avait dit la messe, et il faisait une nouvelle et courte promenade dans les loges de Raphaël.

Rentré dans ses appartements, Pie IX, à l'heure où sonnait Y Ave Maria, récitait avec ses familiers, Y Angélus, suivi du De Proftuidis, puis les audiences particulières recommençaient jusqu'au souper qui était à 9 heures en hiver et à dix heures en été. Ce dernier repas du saint père était d'une frugalité d'anachorète. Un bouillon, deux pommes de terre cuites dans l'eau avec du sel et sans beurre, ou deux pommes cuites et un fruit, tel était le menu.

Notre bien-aimé pontife se retirait ensuite dans sa chambre où ses serviteurs avaient tout préparé pour le pansement des exutoires qu'il avait aux jambes. Il ne consentit à recevoir leur aide que dans les derniers mois de sa vie, alors que lage et les infirmités ne lui permirent plus de se panser lui-même. Jamais il ne consentit à ce que sa chambre fût chauffée, même par

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les froids les plus rigoureux. Un de ses serviteurs, à tour de rôle, couchait dans une chambre voisine de la sienne et était toujours prêt à répondre à son appel.

Souvent le soir, l'un d'eux entendait le saint vieillard chanter à mi-voix quelque pieux cantique ou quelques versets dune hymne de la liturgie sacrée.

Après avoir ainsi partagé son temps entre la prière et le travail, le pontife pouvait se livrer, sous la garde des anges de Dieu, à un sommeil réparateur, afin de recommencer le lendemain ce grand et sublime labeur qui incombe au chef de l'Eglise de Jésus-Christ.

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