LES VERTUS DE PIE IX
Pie IX a pratiqué toutes les vertus. — Sa politique. — Sa foi et son humilité. — Le pape et l'homme. — La prière de Pie IX.
— La messe de Pie IX. — Le sacré-Cœur de JÉSUS. — Confiance de Pie IX. — Sa patience dans la maladie. — Sa résignation. — Morts de Mgr de Mérode, des cardinaux Antonelli et Patrizi. — Le pape pardonne. — Son amour des âmes.
— Le président Jefïerson Davis. — Sa dévotion envers la sainte Vierge. — Dévotion à saint Joseph.
ONSEIGNEURN ocella, que nous avons déjà cité, faisant l'éloge de Pie IX dans la chapelle Sixtine, en présence du sacré collège, prononçait ces paroles : « Il est encore un autre spectacle insigne que ce bon prince donna à son peuple..., l'exemple de ses grandes vertus. Elles étaient si remarquables qu'au moment où l'on imaginait qu'il s'était particulièrement appliqué à la pratique de l'une d'elles, on les voyait toutes briller en lui avec un tel éclat, qu'il eût été difficile de distinguer si l'une l'emportait sur l'autre. En d'autres temps, Dieu a suscité parmi les simples chrétiens des hommes dont la merveilleuse sainteté attirait tous les yeux sur eux; mais à notre époque, il a voulu faire briller la lumière des plus grandes vertus dans la personne du chef visible de l'Eglise, il a allumé en lui comme un flambeau splendide que toutes les nations pussent apercevoir en ce lieu élevé et qui pût leur servir de
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guide dans leur route difficile. Qui pourrait dire aujourd'hui la puissance de cette lumière (')?»
Ces paroles si vraies, prononcées par celui qui fut le familier et presque chaque jour le témoin des vertus du grand pape, nous paraissent justifier tout ce que nous avons dit jusqu'ici.
Il est bien difficile d'analyser ces vertus cachées qui n'ont eu que Dieu seul pour témoin. La vie des saints ressemble à ces fleurs modestes qui dérobent aux yeux leur doux éclat, mais dont le suave parfum trahit toujours la présence. Ce que le monde, tout ce que ses plus intimes même ont pu comprendre des vertus de Pie IX, ne donne qu'une faible idée de leur perfection. Pour retracer ce tableau dans toute sa vérité, il vaudrait mieux attendre que l'Eglise elle-même ait commencé et achevé ces longs et consciencieux procès dans lesquels les témoins viennent déposer, sous la foi du serment, de ce qu'ils ont vu, connu et entendu. Ces minutieuses instructions pourraient seules nous révéler tous ces trésors.
Peu de papes, dit l'illustre évêque de Poitiers, auront eu, autant que Pie IX, le sentiment de la force de l'Eglise, de la force de la papauté. La disparition de tous les appuis et des secours humains n'a fait qu'affermir la conscience qu'il avait de sa supériorité sur ses adversaires. Réduit à une motte de terre, où on lui fait sentir qu'il a besoin d'être protégé du dehors, il garde toute la majesté d'une puissance qui domine également celles qui la combattent et celles qui la protègent.
i. Oraison funèbre, etc.
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Pas un ambassadeur n'abordait Pie IX, et surtout ne le quittait, sans être forcé de reconnaître qu'il y avait là une personne royale et souveraine, devant laquelle toutes les autres devaient baisser le ton, et qui ne laissait oublier à qui que ce soit les rôles qui conviennent à chacun (I).
Ce sentiment de sa force et de sa grandeur, Pie IX le puisait dans l'assistance d'en haut, dans les promesses de Jésus-Christ. Sa foi invincible dominait tout. Les politiques s'étonnaient de sa constance, de sa vigueur. Il daigna lui-même un jour révéler son secret à un diplomate.
« Si les cabinets ont leur politique, dit-il, moi aussi, j'ai la mienne. » Et comme on lui demandait de vouloir bien la préciser : « Volontiers, dit-il. » Puis, levant vers le ciel son regard transfiguré par la foi, il dit lentement: « Notre Père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel. » Et se tournant vers son auditeur, il ajouta : « Vous connaissez maintenant ma politique ; soyez sûr qu'elle triomphera. »
Cette claire vue de la foi l'a toujours guidé, elle lui a fait découvrir les ruses de la politique humaine, l'a placé au-dessus des craintes terrestres. Mais autant il était convaincu de sa grandeur comme pape, autant il était persuadé de sa faiblesse comme homme.
« De moi-même, disait-il à une députation de catholiques belges, le 5 avril 1866, je ne suis rien; je suis comme la baguette de Moïse. D'elle-même, elle ne