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tout entières tournées vers celui qu'elles escortaient.
Mais bientôt des scènes honteuses et dignes de sauvages vinrent troubler cette touchante cérémonie. Le gouvernement italien avait disséminé partout sur le parcours des agents de police ; mais ils n'empêchèrent aucune des manifestations hostiles, et quand les ennemis de la Papauté eurent suffisamment manifesté leur haine, on songea alors à faire quelques arrestations sur la place de la Basilique Saint-Laurent ; mais on eut soin d'arrêter indistinctement catholiques et sectaires.
Dès la place Rtisticucci on avait déjà pu remarquer le petit groupe formé par les patriotes du Borgo ; leur attitude était menaçante, mais l'heure d'agir n'était pas venue encore. Il eût été facile dès ce moment de les disperser et de prévenir ainsi les scènes qui devaient suivre. La police feignit de ne rien voir ou de ne rien redouter. Au pont Saint-Ange, une bande de deux ou trois cents individus, étudiants ou étrangers à Rome pour la plupart, commença à pousser des cris : A l'eau! A reatt le Pape! hurlaient-ils : Vive le roi! Vive £ Italie! Vive Garibaldi! Mort au Pape! Mort au prêtre! et d'autres cris de ce genre et plus ignobles encore.
On les laissa crier. Ces cris se répétèrent à l'entrée de la rue des Banchi nuovi, sur les places Pasquino, Saint- André délia Valle, de Venise, de Magnanapoli, dans la rue Nationale, à la place des Thermes, devant la basilique de Saint-Laurent. Arrivés à la place Magnanapoli les sectaires ne se contentèrent plus de crier ;
égalante et mort lie Pie tr. 371
mais ils lancèrent des pierres sur les personnes qui composaient le cortège et contre les voitures des prélats et des princes qui le suivaient. Il y eut alors, surtout vers la place des Thermes de Dioclétien, des scènes excessivement douloureuses et horribles. Ces sauvages, comment les appeler d'un autre nom, firent des tentatives pour s'approcher du char funèbre afin de ravir ou au moins de profaner la dépouille du Pape. Les catholiques lui firent alors un rempart de leurs corps, le défendirent avec courage. Les cris redoublèrent et les catholiques furent obligés de défendre même leurs personnes contre de barbares agressions. On entendit un député radical proférer ces ignobles paroles : Jetez le Pape dans légoût! Mort au Pape!
Plusieurs prélats furent insultés, les vitres de leurs voitures brisées et le comte Pecci, neveu de Léon XIII, ayant été reconnu, fut insulté d'une façon toute particulière.
C'est au milieu de ces insultes de la haine et de ces témoignages de l'amour que le corps de Pie IX arriva à la basilique de Saint-Laurent. Il était deux heures du matin, la basilique était splendidement illuminée et les cardinaux de la Valette, Simeoni et Mertel, légataires de Pie IX, reçurent la précieuse dépouille et présidèrent à son inhumation dans le lieu désigné par le pieux pontife. Aujourd'hui la tombe est achevée ; le simple mausolée de marbre, tel que l'a voulu Pie IX, est placé sous une arcade semblable aux Arcosolia des catacombes. On a eu la touchante et pieuse idée d'orner cette arcade d'ornements sur le modèle de ceux des
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premiers cimetières chrétiens et au milieu on a représenté l'image du bon Pasteur, symbole admirable des vertus du Pape qui pendant trente-deux ans a nourri de la parole divine les pasteurs et les brebis confiés à sa sollicitude suprême. Léon XIII a fait entourer cette modeste tombe d'une riche grille, avec cette inscription qui, dans son admirable laconisme, dépeint la situation faite par la révolution à l'Église et au pape dans l'enceinte même de Rome : Hypogeo tutando (*).
i. L'urne dans laquelle fut enfermé le cœur de Pie IX n'ayant pu être transportée, avec le cérémonial en usage, dans l'église des saints Vincent et Anastase, où sont déposés, dans le sanctuaire, les cœurs de ses prédécesseurs, depuis Sixte V, avait été placée à Saint-Pierre, audessus de la chapelle grégorienne.
Le 22 février 1883, par ordre de Léon XIII, elle fut transportée d'une manière définitive dans les souterrains de la basilique vaticane.
Les chanoines de Saint-Pierre, les bénéficiers et les employés de la sacristie assistèrent à cette émouvante cérémonie, de laquelle on écarta toute pompe extérieure.
A l'heure convenue, Mgr Samminiatelli, archevêque deThyane, aumônier secret de S. S. le Pape Léon XIII, se rendit en habits pontificaux à l'endroit où cette urne était placée. Il était précédé et suivi des chanoines, bénéficiers, clercs de la basilique, portant des torches et des cierges. Les sceaux ayant été vérifiés par quatre témoins, Mgr Negrotto, Mgr Casali, Mgr de Bisogno, Mgr délia Volpe, spécialement invités comme anciens camériers participants du Pontife défunt, l'urne a été posée sur un brancard recouvert d'un drap noir, et la procession s'est formée pour se diriger vers l'autel, où Mgr Samminiatelli a fait l'absoute, comme cela se fait, le corps présent.
Puis, au chant du Benedictus la procession s'est rendue dans les souterrains, à un endroit disposé pour recevoir l'urne, qui après avoir été entourée d'un cordon violet et scellée du sceau capitulaire, par Mgr délia Volpe, secrétaire du chapitre, fut placée sous une arcade, entre la chapelle Clémentine et la chapelle du chœur.
Elle fut ensuite recouverte d'une pierre de marbre portant cette inscription :
PRAECORDIA. PII. IX