‹ Histoire de Pie IX le Grand et de son pontificatChapitre 7 sur 81 · Augustin Cochin · texte numérisé non relu

Augustin Cochin

Les tnUégiatures De Ipie ix. 47

1 église paroissiale et distribua la sainte communion à plusieurs enfants qui s'approchaient pour la première fois de la table sainte, et à une foule considérable de militaires, de marins et d'habitants du pays. Le soir. Pie IX assista à la bénédiction du Saint-Sacrement, puis il se rendit à pied sur le môle où il s'embarqua sur un canot pour faire une promenade en mer.

Le 29, il rendit visite au prince Borghèse dans sa magnifique villa de Nettuno. Un trône avait été disposé dans le parc et la cérémonie du baisement des pieds eut lieu sous les chênes verts. Il faudrait un peintre pour représenter cette scène pleine d'une majesté grandiose et d'une noble simplicité. Tous les gens du prince étaient en grande tenue; les fermiers à la mine fière et robuste, aux costumes pittoresques, entouraient la famille princière. Il y eut un rinfresco, et le pape but une limonade que le prince Marc-Antoine lui offrit à genoux.

Le saint père s'est ensuite agenouillé devant une image de la Madone et, après avoir récité avec toute sa suite trois Ave Maria, il fit, à haute voix, une prière pour implorer la bénédiction de la Mère de Dieu sur la famille Borghèse. Cette aimable et inattendue courtoisie émut profondément l'assistance.

Pendant cette villégiature, le roi et la reine de Naples vinrent visiter Pie IX.

Le général de Goyon vint également offrir ses hommages au saint père et mettre à sa disposition une frégate française.

Pendant le séjour du pape à Porto-d'Anzio, Victor-

48 rptstoire De pie ix.

Emmanuel, en passant près du rivage pour se rendre à Naples, put apercevoir la ville illuminée et entendre les cris de joie en l'honneur du saint père. Une autre fois, un brick italien rasait la côte, et comme on parlait d'envoyer un boulet au navire provocateur, Pie IX se borna à répondre, en accompagnant du geste sa parole: « Je vais lui envoyer ma bénédiction ; c'est plus facile et ce sera plus tôt fait. »

Avant son départ de Porto-d'Anzio, le saint père présida une imposante cérémonie devant son palais : il s'agissait de bénir des drapeaux destinés à l'infanterie, qui lui furent présentés par les aumôniers. Les chefs de corps, l'épée nue, ayant à leur droite l'adjudantmajor, à leur gauche le porte-drapeau, se sont avancés jusqu'au trône, ont franchi les degrés et se sont prosternés aux pieds du souverain pontife. Le pape, les relevant, leur a donné l'accolade et a remis le drapeau entre les mains de chacun d'eux, en prononçant ces paroles du rituel :

« Recevez cet étendard sanctifié par la bénédiction céleste, afin qu'il soit terrible aux ennemis du peuple chrétien. Que le Seigneur vous donne la grâce de pouvoir, en son nom et en son honneur, pénétrer avec lui, sain et sauf, au milieu des bataillons ennemis ! »

Après le chant du Te Deumi Pie IX adressait à son armée une touchante et énergique improvisation. Le soir du 3 mai, il rentrait à Rome, où la population le reçut avec des transports de joie et d'amour.

iM^&%^&^^^^^^^

Page 1