La république se dérange
Plusieurs républiques , avaient leurs chefs élus de différentes manières. Les unes avaient des consuls annuels , les autres des présidents élus pour dix ans , d'autres enfin des doges nommés à vie. En Allemagne, l'empereur était élu pour la vie. La Pologne, comme république, choisissait aussi son chef à vie sous le titre monarchique de roi. Ces élections
(50) Les mémoires de l'auteur qui ont rapport à celte période sont :
« Parallèle historique entre TEspagne et la Pologne, traduit en allemand par Jérôme Bonkovski et inséré, en 1834, dans les Ànnalen fur Geschichte und PolitiK publiées par Wilderich Weick, h Stutlgard ;— en français, par Érasme Rykaczevski et inséré, en 1835, dans la Revue du .Vord, publiée à Paris.
Régne de Stanislav-Auguste ou les trente dernières années de la république; la troisième édition traduite en allemand, par Aug. v. Drake, Brunswik 1831 et augmentée, se trouve dans le se^rond vol. de noire publication.
Analyse et parallèle des trois constitutions polonaises de 1791, 1807, 1815, traduit en français par Érasme Bykaczevski et publié à Arras, en 1833.
Histoire des bibliothèques et histoire de la typographie en Pologne. Se trouvent dans les deux vol. de Bibliogr., Yilno, 1823, 1826.
lui furent préjudiciables par rfmprudence et Fabus que les électeurs commettaient. Cependant ce serait calomnier la noblesse que de lui imputer tous les maux, et vous ne m'approuveriez pas non plus, mes enfants, si je me bornais à les rejeter sur elle seule, lorsque je vais vous entretenir de la marche de la décadence de votre patrie. Il y a aussi d'autres causes qu'il faut examiner attentivement. Imaginez-vous toujours les Polonais ayant leurpatrie à soigner pour jouir de son bonheur comme les enfants qui doivent soigner les jouets qui servent à leur amusement. Mais ils ne manque pas de gens qui gâtent leurs enfants et ces enfants se plaignent plus tard avec raison de leurs perfides conseillers. Il est aussi des personnes qui , s'empressant de partager les amusements des enfants , portent le désordre et la confusion dans tous leurs jeux et brisent leurs jouets. Quelquefois même un homme s'empare de ce que les enfants possèdent et le leur enlève violemment; les pauvres enfants, privés de leurs objets favoris , fondent en larmes. Enfin mainte fois il survient des accidents fâcheux dont on ne peut détourner, prévoir , ni deviner les causes , qui détruisent les choses les mieux gardées. Tout cela arriva a la Pologne dans cette période de sa décadence. Des hommes qui provoquaient la noblesse aux désordres et aux dégâts -, d'autres qui, euxmêmes , troublaient le repos de la république et la conduisaient vers le précipice ; des accidents imprévus qui la ruinaient et la dévastaient; enfin des puissances dont la force majeure écrasa l'état souffrant et affaibli. Tout cela causa un mal lent qui mina graduellement la république avant de lui porter le coup mortel, et le mal empira pendant deux siècles, depuis 1587 jusqu'à 1795 ; 198 ans.