‹ Histoire de PologneChapitre 107 sur 219 · Rokosz · texte numérisé non relu

Rokosz

Le second mariage de Sigismoad 111 avec une autrichienne, sœur de sa première femme, contracté en 1605 contre Favis du sénat, souleva la noblesse. ZebrzidovskletJanus Radzivill

sera pas aujourd'hui. II faut absolument diriger rersla Livonte toutes les forces, confiant aux hetmans tout le pouvoir et toutes les ressources, pour recouvrer les places fortes de la province et réduire la Suéde, royaume de votre majesté. Il est honteui de lutter si long-temps avec un si petit ennemi , et d*étre obéré sous ce préiette , d'impôts dont rinsuffîsance est toujours déclarée, lorsque le peuple gémit sous leur poids et provoque la vengeance divine. Le peuple fut déjà imposé plus de dix fois, et son argent, comment fut-il dépensé? sire I vous le savez vous-même. Une petite portion a été destinée pour la défense du pays, le reste, par vos ordres, pour votre propre usage. Cela ne doit pas être ainsi. Dieu vous fera rendre compte, sire I des pleurs du peuple ; votre majesté doit savoir que le trésor est pour la défense de la république.

« En ce qui concerne les Moskovites, autrefois le fléau de nos frontières, ils sont soamis par le roi Etienne, de bonne mémoire ; le duc Ivan Vasilevitch accepta les conditions que le roi Etienne et le pape Sixte V lui imposèrent, et accéda à Talliance contre les Turcs. Il devait agir du côté de la Perse, lorsque les trésors de Sixte Y devaient aider nos guerriers. Le pape à la nouvelle de la mort d'Etienne, pleura, disant, qu'il avait espéré que ce roi sauverait la chrétienté (*). Le plan était excellent et plus beau que nos autres projets, languissant par Tindécision. Je voulus le relever avec le régne de Y. M., mais je ne pus réussir. Ce traité conclu avec Jean Yasilevitch, fut renouvelé avec le duc actuel : il fallait l'observer. Et le voilà! quelques-uns des messieurs, contre l'avis des états, firent une irruption dans la Moskovie, conduisant un Dimitr, qui avait été assommé : et il est ici vivant. Est-ce une ' comédie de Piaute ou de Xérence ? Cela peut devenir funeste pour la république, si c'est un imposteur. Si l'on a voulu l'établir sur le trône, il le fallait faire, d'accord avec la diète et avec une force suffisante. Mais pourquoi susciter un ennemi de plus, si l'affaire de la Livonie n'est pas terminée et si les Turcs nous menacent. II convenait mieux de rechercher des traités avec l'Angleterre et le Danemark. Il fautsur*le-champ assurer la paix du côté des Turcs et des Tatars.

» La dernière diète de Krakovie, a bien discuté l'affaire de notre

(*) Nos antem spcrabamus, quod ipse redempturns erat Israël.

particulièrement fâchés contre le roi, se mirent à la tète du mouvement général de la nation. On les regarde, ainsi que quelques autres perturbateurs, comme les chefs d'une ré-

vaMai, éleclear de Brandebourg. Je crois que mes firéres statueront le mieux possible sur la Prusse , si elle ne peut pas être incorporée h la Pologne. Je rappelle seulement, de ma place, que le roi Etienne, de bonne mémoire, destina pour la guerre de Moskou les 300,000 florins qu*il obtint du margrave d*Anspacb.

» Lorsqut je jette un regard sur les affaires de Tintérieur, Tlndiscipliue militaire se présente en premier & ma yue. Le pouvoir des hetmans ne peut plus suffire. Il est vrai que la loi défend les confédérations à nos troupes; cependant, lorsque sous mon commandement Tesprlt de la révolte allait se manifester, je rangeai mon armée en cercle et je lui lis lire la loi; on m*indiqua une clause qui y est réservée, c*est que si les troupes ne sont pas payées, elles peuvent se confédérer ou se révolter. Il y a un autre article qui ne permet pas au betman de punir sans l'assistance du lieutenant, et lorsque le lieutenant protège le soldat son compère, adieu la discipline. Il faut absolument rétablir l'ancien pouvoir de betman, et payer régulièrement les troupes. Le loisir donne les veilles (*) Le soldat ne doit pas pourrir dans le repos d'biver, il lui convient de camper dans les steppes du Dniepr, pour contenir les Tatars et les eicés des Zaporoges.

» Sire ! un mal épouvantable a saisi le corps de la république et ronge son élément. Ce sont les eicès du luxe qui ne donne aucun avantage aux pauvres ouvriers. Les produits bruts du pays sont exportés et livrés à findustrie étrangère, et sont rachetés à un prix exorbitant. Je compte, à ces excès, r inégalité qui s*ingère dans Tordre équestre. Nous vous prions, sire , de la réprimer et de garder les lil>ertés que vous avez trouvées chez nous. Ne permettez point aux ambitieux de se distinguer des autres. A quoi bon ces titres étrangers, recherchés par quelques maisons, chez des princes étrangers {**), Quant k moi, j*aime mieux, avec mes dignes frères, jouir de la liberté égale; et Dieu m*est témoin que je me tiens égal au moindre des nobles. LMnégalité controuvée excite ce luxe pernicieux, car par ce moyen chacun veut se donner de Timï>ortance et se placer au-dessus des antres.

(*) Otia dant vitia.

(**) Ce reproche est dirigé particulièrement contre le favori du roi, >^ Mjrszkovski, qui obtint du petit prince de Mantouc, le titre ridicule de marquis.

QUATEIËME PÉRIODE, DE 15S7 A 1795. 153

volte : mais cent mille citoyens qui s'étaient soulevés ne partageaient point leurs motifs particaliers; ils coururent se réunir dans le but de sauver la lépublique doatlesloisétaient

» L*intime alliance ayec la maison d'Àatricbe est, k mon aris, pernicieuse à la Pologne. G*est pour la seconde fois qae Y. M. vent, contre la folonté de la nation, contracter on mariage. Gela neplatt pas que y. H. contracte une alliance arec la sœur de la reine défunte, cela est défendu par la loi divine. Gomment pouTons-nous compter snr la bénédiction céleste, si V. M. ne daigne changer sa résolution. Je vous supplie sire ! de ne pas le faire. Dieu fait ordinairement châtier les peuples pour les péchés et les crimes de leurs rois. Je crains que nous soyons victimes^ si Y. M. ne daigne se relâcher de son opiniâtreté. En qualité de sénateur, je déclare que je m'oppose à la conclusion de ce mariage.

» Le bruit court que Y. M. a conçu le pro^vide couronner son fils* Gela ne doit pas être. Nous lui souhaitons de mériter un jour la couronne, mais le couronnement du vivant de son père peut porter quelque préjudice à rhérédlté et empêcher d'imposer des conditions à nos rois. Nous désirons tous que le régne de Y. M. se prolonge et que son fils lui succède. Les Polonais chérissent toujours le sang de leurs souverains, ils les ont cherchés dans tous les pays, dans des couvents, dans des églises. Y. M. elle-même en a une preuve dans sa libre élection, étant élu comme issu des Jagellons. 11 ne faut que deux conditions dans l'éducation du fils de Y. M. pour qu'il gagne nos suffrages. Retirez-le, sire* de la tutelle des femmes qui avait eu une influence trés-fâcheuse sur Sigismond-Augttste de bonne mémoire, et renvoyez les instituteurs étrangers, pour que le jeune prince apprenne à chérir la nation polonaise, respecter la justice, prendre de sages conseils, éviter les flatteurs (*); voilà ce qui le rendra heureux avec nous.

» Sire ! nous avons encore d'autres reproches à vous faire. Yousavez promis de bâtir en Ukraine plusieurs places fortes, aucune ne Test, et la forteresse de Kamieniec n'est pas soignée. La garde de Y, M. ne devait être composée que de polonais et nous voyons Y. M. entourée d'hallebardes suédoises, allemandes, espagnoles. Gela ne devait pas être ainsi. Y. M. a manqué à son serment. Le mal vient de ce que Y. M. prêle foreille à des conseils frivoles. Malheur à vous, sire ! malheur à nous qui souhaitons le bonheur de notre patrie!

D G* est une injure pour nous que Y. M. fasse expédier de son cabinet des lettres clandestines pour l'étranger, comme si elle voulait trafiquer

{*) Jastitiam colère, sapîentes consalere, assentatores fugere.

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méprisées^ Près de Sandomir, au nombre de 60,000, ils sigtièrent le rokosz, c*estrà-<lire un acte de plaintes, et ils attendirent paisiblement le dénonement à la diète. Mais leurs

de nous, et peat-étre elle nous marebande. Et la république tient ses chanceliers jurés aGn qu'aucune lettre royale ne soit expédiera leur insu. Bes hommes respectables et qui ont versé leur sang peur la patrie restent sans récompense. Sire! vos sujetsont perdu leur attachement pour vous! par votre faute> vous avez perdu leur amour. Toute la grandeur, toute la force des rois de Pologne se fondaient sur Tamour de la nation. L'argent, le succès» sont certains lorsqu'on gagne son cœur. En agissam autrement on est en désaccord avec nos libertés, que nous aimons avant tout. Mais notre amour pour la liberté ne nous empêche pas d'aimer nos rois. Aussi nos ancêtres disaient franchement la vérité à leurs souverains, ils les renvoyaient du trâne lorsque quelqu'un d'entre eux manquait & son serment, et choisissaient lin autre roi à sa place. Nous avons déjà de nombreux griefs contre Y. M., et si elle ne réfléchit pas et ne se corrige, nous ne regretterons point d'imiter nos ancêtres, en faisant partir y. M. au-delà de la mer; car Y. M. elle-même s'est dépouillée de son pouvoir royal en manquant à son serment* V. M. n'a-t-elle pas articulé elle-même les termes de la loi fondamentale? a En cas que je dusse contrevenir à quelque condition jurée, la nation est dégagée de toute fidélité et obéissance. »

B Au nom de Dieu, sire! je t'en conjure, réfléchis et corrige-toi. La Suéde t'engendra, la Pologne te reçut et te nourrit. La Pologne est la mère, elle te donne le lustre. Chéris-là, aime tes sujets si tu veux vieillir entre nous, aimé et respecté ; si tu veux gagner la bénédiction et la grâce de Dieu, et assurer nos suffrages pour tes descendants, b

Enfin, élevant ses mains, il continua : « Mânes des yertneux Tarnovski, Ténczinski, Ostrorog, qui avez bien mérité de votre patrie, qui contemplez la grandeur divine dans sa gloire éternelle, priez pour le bonheur et les victoires de votre patrie t »

Dés que Zamoïskî acheva son discours , le roi SIgismond III, au comble de l'irritation , prenant la parole s'emporta dans sa réplique ; dans un mouvement de colère, il se leva du tr6ne et saisit son épèe. A la vue de son courroux, les murmures éclatent dans toute la chambre, les sénateurs et les nonces quittent leurs stalles et se dirigent vers le trône, et Zamolski au milieu de la foule, élevant la voix, prononça avec toute la dignité d'un vétéran :

ff Roi ! ne fais pas agir ton glaive, pour qu'on te nomme César, et qu'on nous appelle des Brutus dans la postérité reculée. Nous

chefs dépourvus de talents efc de capacité, guidés toujours par d'ignobles motifs, trompèrent l'attente générale. Étant parvenus à entraîner les masses, ils déclarèrent l'interrègne en 1607, et poussèrent le soulèvement à la guerre civile. Le roi, malgré des forces inférieures, remporta accidentellement une victoire sur ses ennemis, à Guzov, près de Radom. Il permit aux chefs de lui demander pardon, et négligea les autres, oubliant sans humeur le désagrément qu'ils lui occasionnérent, et les laissa rentrer dans leurs familles (53). Ce funeste

sommes électeurs des rois, destructears des tyrans. Régne et ne domine pas ('). »

Cette nouvelle menace pouvait désarmer et calmer l'emportement de Sigismond III, mais n'était point capable de le ramener à la raison. Dés que la diète fut achevée, il produisit aux sénateurs la dispense du pape, rompit son conseil et envoya clandestinement en ambassade le nouveau marquis Myszkovski, pour conduire sa future. JeanOstrogski, hetman, proposa à ZamoTski de soulever la noblesse. Mais ZamoTski, tout en le dissuadant, lui observa qu'il est facile de remuer la multitude, mais qu'il est difficile de la contenir pour qu'elle ne tombe dans les excès. Il donna la même réponse à Zebrzidovski, lorsque celui-ci voulut remuer les bourgeois de Krakovle, afln d'empêcher l'entrée de l'archiduchesse dans la capitale. Zamoïski avait alors 64 ans» et mourut bientôt, le 3 juin 1505, effrayé de l'avenir de sa patrie. Il ne vit pas les noces qui furent célébrées le 11 décembre de la même année. ' (53) RoKosz DE Sandomir. — Nicolas Zebrzidovski palatin et starostc de Krakovie, institué tuteur ^de Tunique fils de Zamoïski, crut qu'il lui convenait d'être tuteur de la république et de succéder au grand homme dans la défense des affaires publiques contre le roi. Il conçut le plan de remuer la république, afin d'améliorer son organisation , mais il ne réussit qu'à faire éclater un rokosz, qui finit par une guerre civile. Personnellement, il était fâché contre le roi, parce que celui-ci l'avait forcé à évacuer le château où il était en droit de demeurer comme staroste. a Je m'en vais du château et Sigismond s'en ira du trône, » dit-il, en quittant le château. Il chercha des griefs contre le roi, et il n'en manquait point. II l'accusait cependant sans fondement, que contre l'obligation jurée, le roi pensait à nommer pour son succes-

(*) Bex! non move gladinm, ne te Caiam Cesarem, nos Broios aéra posteritas loqoatar. Somos electores regam, destractorea tyrannorHm. Régna, sed son impera.

événement a eu des conséquenœs terribles pour Texistence de la république et pour son état cifique. La conduite de la noblesse vaincue change^. Une grande par tiède firères cadets

seur au trdae, sod flls Yladislav; et qu'il voulaU étendre md pouvoir au détriment des libertés de la noblene ; il citait des conditions garanties par des pactes conTenus que le roi n'arait nullement remplis. Une diète étant convoquée, la noblesse du palatinat de KrakoTie, réunie pour lesdiétines&ProszoTicé, saisit, à rinstigationdcZebrzidovski, les , questions qu'il élevait contre le roi. A cette première manifestation , la noblesse du palatinat de Sandomir adbéra et, coAjointement avec beaucoup de Tordre équestre, tous les mécontents montèrent à cheval et se rendirent à Stènzica, afin de s'entendre avec les autres. Mathias Smogolecki, staroste de Bidgoszcz, gendre de Zebrzidovski, secondant ses vues, remua la grande Pologne qui se réunit avec la noblesse de la petite Pologne, à Korezin, et alla au rendez-vous à Slénzlca, de même qu'un nombre considérable des nobles de Litvanie, rejoignit ceux de la petite Pologne, décidés par l'influence de Jean Radzivill, échanson du grand-duché, fâché contre le roi, qui donna à Chodkievicz la staroslie de Didin dont il convoitait la possession.

Les griefs furent rédigés à Slénzica et envoyés à la diéle séant à Varsovie , où le roi donna avec douceur et modération une réponse très-adroite sur tous les articles; il en nia plusieurs, expliqua les autres et demanda que la diète voulût les apprécier, invitant le palatin Zebrzidovski et ses collègues de se rendre à la chambre pour terminer le malentendu. Le sénat envoya, de sa part, l'évéque de Plock, Baranovski, le palatin de Plock , Stanislas Krasinski, et le castellan de Gnezne , André Prziiemski , à Stéozica , afin de persuader le palatin Zebrzidovski et le décider à la concorde. Ces démarches n'avalent d'autre effet que d'enhardir le palatin, et la diète fut dissoute. Jean Radzivill, quittant la diète avec les autres nonces terrestres litvaniens, partit pour Slénzica.

Le palatin désigna à son parti une autre convention k Lublin, où i I fit un appel à toute la noblesse de se rendre, sous peine de perdre le droit de citoyen, sous Pokrzivnica, pour y former le rokosz. Effectivement, nne masse énorme s'assembla au temps indiqué, sous Sandomir, où 60,000 insurgés signèrent l'acte de rokosz, énumérant les griefs qui furent le vrai motif d'un si grand mouvement. On y demandait que le roi mttfin aux machinations des étrangers, qu'il conservât le rite grec dans son ancien état, qu'il donnât congé aux étrangers qui peuplaient sa cour, et particulièrement aux jésuites, comme à une congrégation étran-

courant raveoture, suivit les drapeaux du roi ou ceux des magnats y cherchant la gloire ou le butin ; une autre partie, dégoûtée, gardant ses foyers, se vouait à Tagricnlture, se

gère et nuUiblequi se môle dans les affaires du monde, déprave la jeunesse, excite le peuple au tumulte; on demanda d'arrêter raccroissèment des collèges de cette congrégation ; enfin, on exigea que le roi éloignât sur-leH:hamp les troupes quartuaires qu'il tenait près de sa personne. Le roi ayant répliqué qu'il ne pouvait rien statuer là-dessus sans la diète, les rokoszans annoncèrent Tarrière -ban, potpoUU rusxétUé. Cependant, il y avait un grand nombre de mécontents qui ne savaient quel parti prendre ; ils se trouvaient là par curiosité et étaient toojours prêts à soutenir et à défendre le droit et les libertés, mais ils avaient de l'aversion pour la guerre civile; et, comme le imlaiin ne put jamais prouver ses accusallons contre le roi , on nombre très-considérable des rokoszans commença à se dissiper. En attendant, le roi prolongeant son séjour à Krakovie, chercha à gagner les sénateurs, il fit le choix des personnes auxquelles il allait confier sa défense et lâcha de temporiser, afin de réconcilier les esprits des rokoszans par la persuasion et des explications qu'il fit faire par sa députalion, composée de révéquedeKjuiavie, Tilicki et du vice-chancelier, Slanislav Minski. U travailla longtemps avec une douceur inépuisable, afin de terminer à l'amiable des mésintelligences si dangereuses pour lui, se servant de la médiation des sénateurs et autres illustres personnes. Voyant que tous ces moyens étaient sans succès , il prit conseil, à Yislica , des sénateurs qui lui étaient restés attachés et dirigea ées troupes contre les rokoszans. Zebrzidovski et Radzivill, campés sous Janoviec, remarquant chez les mécontents une grande aversion pour la guerre civile et une hésitation sans fin, comme celle d'Ostrogski, chef de la noblesse de Yolynie et de l'Ukraïne, étaient assez disposés à faire leur soumission, mais, pressés par les troupes royales, ils allaient répandre le sang, lorsque les prières de plusieurs sénateurs et particulièrement d'Alexandre Chodkievicz , de Zblgniev Olesnicki et d'Adam Czarnkovski, palatins de Troki, de Podlasie et de Lènczlca, obtinrent chez le roi un délai afin de s'entendre avec les chefs mécontents qui promirent de ne plus faire de conciliabules clandestins et d'attend.e tranquillement la décision de la prochaine diète.

Bientôt il résulte de nouveaux manèges : Smogolecki fomente les esprits. La diète est indiquée pour le 7 mai 1607. Les turbulents et les mécontents, au lieu de suivre la marche des diétines , se réunissent k Kolo; là, ils appellent les rokoszans à se rendre à lèndrzeïov d'où ils se dirigèrent vers Varsovie et s'arrêtèrent à Czersk, à huit lieues de cette

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plaignait, murmurait et roanisfestait son découragement dans les diétines et à chaque diète, sans plus songer aux améliorations et à la réforme de la république. Le désordre

capitale, où la diète devait être tenue. En attendant, la maayaise disposition des sénateurs contre Zebrzidovski augmentait tous les Jours, et les nonces terrestres qui aUaient composer la diète, élus sans la participation des rokoszans, ne leur promettaient rien de favorable. Le roi, ne voulant pas influencer les discussions de la diète, évita d'assister aux séances. Il manifesta aux deux chambres le désir que chacun déposât contre lui ses griefs et particulièrement sur le reproche qu'on lui faisait de vouloir désigner son successeur, contrairement au droit de Télection. Il défia qu'on pût lui prouver qu'il eût agi au détriment des libertés nationales ; il demanda qu'on nommât ceux qui lui servirent de mauvais conseillers ou ceux qui furent complices de quelque irrégularité, assurant qu'il les ferait juger sur-le-cbnmp par les juges choisis parmi les sénateurs et l'ordre équestre. Le terme désigné de sa protestation étant écoulé et personne ne s'étant présenté comme accusateur ni du roi, ni de ses ministres, le roi justifia son innocence en présence du sénat et de l'ordre équestre, confirma les promesses d'observer la liberté de l'élection et les pactes convenus, et envoya les principaux sénateurs aux rokoszans, en les invitant de se rendre à la diète.

Les rokoszans étaient loin de traiter, et le 24 juin, à lezlerna, presque sous les murs de la capitale, ils retirèrent leur obéissance au roi et proclamèrent l'interrègne. Dans ce moment de rupture décisive, il n'y avait dans le camp des rokoszans que trois sénateurs, le palatin de Krakovie, Nicolas Zebrzidovski, chef du mouvement fSigismond Grudzinski, palatin de Rava et Pierre StabrovskI, castellan de Pâma va; on y comptait 12,000 hommes de l'ordre équestre sous les armes. Le roi avait dans son parti le sénat et une multitude de nobles dont les dispositions étaient variées et beaucoup d'entre eux furent clandestinement attachés à la cause des rokoszans. Les troupes quartuaires répugnaient à verser le sang de leurs compatriotes, les commandants seuls étaient plus décidés et plus attachés à la cause royale, mais divisés par la discorde. Aussi^ quand le roi voulut presser l'affaire près de Yarka, les quartuaires donnèrent le temps aux rokoszans de se retirer. Le roi se mit k poursuivre ses adversaires et les atteignit dans le palatinat de Sandomirz , non loin de Radom, où l'on en vint aux mains près de Guzov. Les rokoszans y furent déconcertés parcelte brusque attaque,, et ta première voix de : sauve qui peut, les fit disperser. Près de mille hommes périrent sur ^le champ de bataille. Le roi fut vainqueur par un accident. La défaite

et Tanarcbie avançaient à grands pas ; partout les jésuites triomphaient et n'éprouvaient plus d'obstacles.

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