Guerre avec les Bfoskovites
Il n'est pas douteux que des expéditions semblables à celle de Moskovie et de Moldavie, entreprises par les seigneurs, n'aient contribué à faire briller avec plus d'éclat la valeur et les faits d'armes des Polonais, lorsqu'un petit nombre de guerriers faisait de grands exploits, quelquefois très-avantageux au pays. Cependant toutes ces expéditions faites à la hâte et en particulier, divisaient les forces nationales ; par conséquent les betmans de la république ne pouvaient rassembler des troupes suffisantes pour combattre sur le point essentiel. Les Kosaks, les seigneurs et les betmans, agissant séparément et souvent en sens contraire, ne pouvaient réussir ni soutenir leurs succès. Ajoutons encore à tous ces désordres, la discorde entre les seigneurs et entre les commandants, et celle delà cour qui influençait et donnait une fausse direction aux mouvements militaires. Il n'est donc pas étonnant que toutes les entreprises au temps de Sigismond III aient manqué leur but. La Moskovie opprimée de toutes parts par les Dimitr et par tant d'agresseurs, se trouvait déjà dans une situation fàcbeuse, lorsque Sigismond III se décida à lui faire la guerre en personne. Les Moskovites battus par Zolkievski, près de Rlusine, en 1616, livrèrent les Chouîski , et ouvrirent les portes de leur capitale aux Polonais, proclamant pour leur tzar Vladislav, fils du roi Sigismond III. Cependant le roi en personne pressait Smolensk par un siège opiniâtre, et fit arrêter les ambassadeurs des Moskovites, espérant soumettre la Moskovie et faire adhérer ses habitants du rite grec désuni à Tunion avec l'église romaine. Il agit donc contre Fintérèt de son fils déjà reconnu tzar, et contre les
Polonais qui n*avaient point encore cessé de secourir les faux Dimitr. Bien que Smolensk eût été prise d'assaut, les beaux projets de Sigismond III échouèrent. Les Moskovites choisirent un tzar de la famille Romanov, et mettant en usage toutes leurs ressources, forcèrent, en 1612, les Polonais désunis à la retraite, non-seulement de Moskou leur capitale , mais encore de presque tout le pays. En 1619, ils conclurent une trêve à Diviline par laquelle Smolensk et Sievierz furent abandonnés aux Polonais.