Révoltes militaires, troubles de religion
Enfin les Polonais durent cesser la guerre de Moskovie à la suite des nouveaux malheurs dans lesquels ils étaient plongés , et des guerres nouvelles dont ils étaient menacés. Depuis quelque temps Tarmée n'était pas payée et commençait à exiger très-vivement sa solde. Revenant de Moskou en 1612 et rentrant dans son pays , elle forma des liaisons ou confédérations, et s*établissant à Brzesc en Litvanie , à Léopol et à Bydgoszcz (Broraberg) , elle s'installa aux environs, dans des villes et villages du roi et du clergé, et y cantonna jusqu'à ce que sa solde arriérée lui fut payée, charge très-onéreuse à la république. Mais avant que le paiement arrivât, la soldatesque pilla et dévasta les villes et les oampagnes et commit mille autres excès. Ce malheur se renouvela et affecta le pays plusieurs fois encore. Il est difficile d'admettre que même sans ces événements et ces obstacles, Vladislas, eût pu se maintenir sur le trône des tzars. C'est alors que la haine religieuse contre les schismatiques et tous les dissidents atteignit le plus haut degré. On voyait dans toute TEurope des torrents de sang répandu dans les guerres entre les catholiques et les dissidents. La Pologne préservée long-temps de semblables calamités, vit s'accroître les mésintelligences à dater du règne de Sigismond III. La maison d'Autriche cherchait à Fentrainer dans la guerre mémorable de trente ans, qu'elle soutenait contre les protestants, en Allemagne. Sigismond III et sa fsrame d'Autriche pensaient que , soutenus par l'empereur et le roi d'Espagne, ils pourraient reconquérir la cou-
QUATRIÈME PÉRIODE, DE 1587 k 1795. 167
ronne de Suède. Dans cette espérance, ils permirent à Tempereur d'enrôler des volontaires en Pologne, et lui donnèrent même des secours très-efficacea en lui envoyant des régiments de Kozaks dits lissoviens(Lissovcziki); en outre, ils armèrent une flotte dans la mer Baltique et conclurent des traités positifs avec la maison de Habsburg.