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Guerre avec la Turquie et la Suède

Les Kozaks lissoviens rendirent de grands services à Tempereur dans la Transilvanie, la Hongrie , l'Allemagne et la Bohême, où leur audace et leur bravoure ajoutèrent un nouvel éclat à la gloire dont ils étaient déjà couverts. Mais la Turquie alliée avec les protestants contre l'empereur, se vengeait de la Pologne par les dévastations qu'elle commettait dans la Moldavie. Zolkievski se voyant dans l'impuissance de garder la Moldavie, céda cette province aux Turcs par un traité conclu en 1619. Cependant la guerre se renouvela bientôt. Les Polonais furent battus près de Cécora, en 1620, et Zolkievski périt dans cette affaire. En 1621 , tandis que Chodkievicz était prêt à mourir à Gbotzim assiégée par les Turcs, ces derniers essuyant des échecs malgré leurs forces majeures , se virent obligés de renouveler le traité conclu avec Zolkievski. Après ce désastre et la perte définitive de la Moldavie , Sigismond III mit tous ses soins à conserver la paix avec les Turcs et dirigea toutes ses forces contre les Suédois f mais la fortune ne le favorisa plus sur ce point. Gustave-Adolphe, dans ses irruptions réitérées , s'empara de la Livonie et de Riga, en 1621, et transportant ensuite ses opérations militaires en Prusse, il y fit de grands progrès qui ne purent être arrêtés que par Stanislav Koniecpolski. Ce capitaine, de talent supérieur dressa un rempart insurmontable à l'intrépide Gustave-Adolphe. En attendant, les secours promis par l'empereur d'Allemagne et la flotte du roi d'Espagne n'arrivaient point; la flotte de Sigismond III fut détruite en 1628, et les secours qui arrivaient tardivement de l'Allemagne devinrent un vrai fardeau pour l'état. Ils étaient d'abord trop coûteux, puis manquaient de bonne foi, trahissant plutôt les Polonais qu'ils ne les secouraient. Sigismond III, affligé par tant de

revers, accepta une trêve qui laissa dans la possession des Suédois la Livonie presque entière et une partie de la Prusse. Vous voyez par tous ces ëvénements , mes amis, combien le règne de Sigismond III fut fatal à la Pologne, et les malheurs qu'il occasionna furent d'autant plus sensibles qu'il dura pendant le long espace de 45 ans.

164* Tladislav IT* Les Kozaks asservis»

Lorsque Valdislav IV, dont la bravoure était déjà connue, monta sur le trône après la mort de son père, il alla à la rencontre des Moskovites qui assiégeaient Smolensk, les vainquit en 1633, sous les murs de cette cité, et conclut un traité de paix à Viazma, en 1634. Bientôt, par la médiation des autres puissances, il conclut avec les Suédois, en 1655, le traité de Stumsdorf, par lequel il recouvra toute la Prusse et assura de cette manière la paix à l'extérieur. Il voulut de même rétablir la bonne harmonie danâ Tintérieut : mais il ne put jamais parvenir à réconcilier les catholiques, ni avec les protestants, ni avec les désunis du rite grec. Les Kozaks, peuple de ce Hte désuni, qui mon traient beaucoup d'insubordination , en contractant avec les Autrichiens des relations trop intimes et en inquiétant la Turquie par leurs agressions , ce qui pouvait allumer une guerre dangereuse à la Pologne, se plaignaient qu'on cherchait à les convertir et à les contraindre à changer de religion ; que les starostes et les seigneurs s'efforçaient à l'aide des juifè de les réduire à la condition des serfs , à les assujettir à la corvée dont ils avaient été exempts jusqu'à ce jour. Ils s'entretenaient des franchises dont ils jouissaient, et réclamaient le droit de citoyen. Leur esprit remuant offrit plus d'une fois des dispositions à la rébellion. Sous le règnede Vladislav IV, effrayés de l'érection de la forteresse de Rudak, ils prirent les armes et la révolte éclata , mais ils furent bientôt vaincus et punis sévèrement. En 1638, on les priva du droit d'avoir un hetman; plusieurs milliers seulement firent employés au service militaire et le reste fut soumis à la condition des serfs. Leur chef Pavluk , malgré l'assurance qu'il avait reçue d obtenir la vie sauve , fut décapité. Telle

fut i'arigine de la haine de cette nation de désunis contre la noblesse catholique , et des guerres terribles et désastreuses qui ensanglantèrent ce vaste pays.

i65, La noblesse consolide sa puissance et son éirallté.

Quoique le règne de Vladislav IV fut glorieux par quelques victoires et par des traités avantageux, cependant l'état intérieur de la Pologne ne s'améliorait point. Les discordes, les oppressions , les mécontentements réciproques se soutenaient. VladislaV IV conçut l'idée d'introduire plusieurs nouveautés incompatibles avec les institutions républicaines : il projeta d'établir l'ordre de l'immaculée conception de la sainte Vierge ; il voulut entreprendre la guerre contre les Turcs sans se référer à l'ordre équestre, suivant principalement les conseils de Jérôme Radzieiovski et de Georges Ossolinski, grand chancelier de la couronne, il faisait armer les Kozaks. Le bruit courait qu'avec leur concours il pensait humilier la noblesse. La noblesse, jalouse de ses droits et de ses privilèges, alarmée des démarches inexpliquables du roi , à la prochaine diète àe 1646 , lui prescrivit de rompre ses alliances, de dissoudre ses nouvelles troupes et de ne conserver auprès de lui que 1200 hommes formant sa garde d'honneur. Ne voulant souffrir aucune distinction, ni aucun titre spécial qui distinguassent les citoyens le& uns des autres, elle les défendit expressément encore à la diète 1638, afin de maintenir positivement Tégalité nobiliaire. Par conséquent, Tordre de la conception, ne pouvant c^tenir aucune sanction , tomba de lui-même. Bien qu'on laissât à quelques évèques et à plusieurs seigneurs issus des ducs russiens où litvaniens , prendre le titre de princes , ainsi qu'aux Ossolinski, celui de comte; cependant ces titres de prince n'avaient aucune importance civique et n'étaient employés que par un petit nombre de familles; les autres ne voulurent point en profiter et les négligèrent entièrement. Quant au titre de comte, on le dédaigna partout et la dignité nobiliaire de gentilhomme était considérée à tel point , qu'ajouter le titre de comte en parlant à un homme noble, même riche et de haute considération^ c'était lui faire

injure. Cette dignité de noble répondait au titre de prince de l'empire allemand et était comparée aux sept électeurs de l'empire. On rencontre plusieurs exemples de princes étrangers qui cherchaient à obtenir la naturalisation , c'est-à-dire, à obtenir le titre de noble polonais , comme une distinction très-flatteuse et d'autant plus estimée , qu'on éprouvait plus de difficulté à l'acquérir , car il (allait, pour y parvenir, le consentement de la diète. On l'accordait par l'anoblissement à ceux qui n'étaient pas nobles. Et les nobles étrangers obtenaient la naturalisation, appelée l'indigénat. La noblesse devait donc, par une conduite sage et irréprochable, conserver toujours à cet état l'estime et la haute considération dont il jouissait.

Il convient de lire ici les chapitres 94 à 126 de cousidérationi nir rétat politique de Tancienne Pologne.

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