‹ Histoire de PologneChapitre 112 sur 219 · Bogdan ChmieloIckL · texte numérisé non relu

Bogdan ChmieloIckL

Czaplinski , attaché au service de Koniecpolski et sousstaroste de Czechrin, s'empara par la violence du village de Bogdan Chmielnicki, noble polonais , et séduisit sa femme. Chmielnicki demanda justice devant les tribunaux, sans pouvoir l'obtenir. Cependant, il fut honoré de la faveur de Vladislav IV. Comptant beaucoup sur l'assistance de Radzieiovski et d'Ossolinski » il prit des arrangements avec les Tatars et les Kozaks. Ayant déterminé ces derniers à la révolte , il se mit lui-même à leur tète , s'empara de Kudak et envoya, en 1648, à Vladislav IV, une missive contenant les plaintes des Kozaks. Mais Vladislav IV ne vivait plus. Pendant l'interrègne qui suivit la mort de ce prince, Chmielnicki, battu d'abord par Jérémie Visnioviecki, dont le nom inr trépide et la cruauté étaient déjà bien éprouvés par les Kozaks, prit sa revanche sur la noblesse, près de Pilavcé. Les Polonais campés en cet endroit, sous la conduite de chefs inhabiles et divisés entr'eux, conçurent une telle frayeur de Chmielnicki et des Tatars, qu'ils désertèrent le camp sans livrer bataille. Chmielnicki continua de s'avancer jusqu'à Léopol et Zamosc, où il s'arrêta et conclut un armistice en attendant le résultat des élections. Jean Kazinair, récem-

ment élu roi de Pologne , lui envoya le bâton de hetman. Ghmielnicki le reçut, mais il eût de telles prétentions sur les jésuites, les juifs, les libertés, les privilèges des Rozaks et le rite désuni, que la noblesse se résolut à continuer la guerre.

167. Jean-Raxlmir. La ffaerre avec les Kozaks est desaslreuse.

^ Gatte guerre eut lieu sous le règne de Jean-Razimir , dont je me presse de vous entretenir plus longuement , parce qu'elle fut la plus féconde en événements qui désolèrent la Pologne, déjà inclinée vers sa décadence. Remarquez bien» mes amis , que cette guerre , fut non-seulement déplorable et ruineuse , parce qu'elle avait de fait tout le caractère d'une guerre civile , mais qu'elle fut encore soutenue de part et d'autre avec un grand acbarnement« La dévastation , l'incendie des villes, des villages construits ordinairement en bois; le massacre d'une multitude d'bommes des deux partis; la population de certains lieux entièrement exterminée ; des hommes , des femmes , des vieillards, des enfants, égorgés, noyés ou enterrés tout vivants on rôtis devant un feu lent; mille horreurs, en un mot, dont le seul récit ferait frémir d'épouvante le cœur humain , ne sont rien , que des accidents momentanés , en comparaison des désastres que la république devait immanquablement supporter. Les nobles et les Rozaks servaient jadis dans les mêmes rangs et défendaient la même patrie; ils s'égorgeaient alors entr'eux, et de quelque cAté que la victoire se déclarât, la république perdait une portion de la nation, 06 qui devait raffaiblir à jamais. Les Rozaks périssaient en grande masse sur le champ de bataille, mais les volontaires qui arrivaient en foule réparaient bientôt les pertes de Ghmielnicki et même augmentaient ses forces. £t ces renforts lui arrivaient de toutes les parties de la Pologne. Les peuples russiens, beaucoup de petite noblesse et de toutes les classes d'habitants de la Pologne et de la Litvanie, principalement les paysans , allaient suivre les drapeaux des Rozaks et défendre leur cause. Gette guerre était funeste, et il n'y avait aucune possibilité de conciliation.

i68« Les Koiaks se séparent de la Pologae.

En 1649 9 le roi Jean-Razimir se vit assiégé près de Zborov , avec toute son armée, par Ghmielnicki : par conséquent, on se détermina à un accord dont les conditions portaient que la domination des Kozais et du rite désuni s'étendrait jusqu'à la rivière de Horin j qu'on ferait évacuer ce pays par les jésuites et les juifs; qu'on réserverait pour les personnes du rite désuni des places dans le âénat, qu'enfîn le nombre des Kozaks enregistrés sous les armes serait de quarante mille hommes. Maïs lOTsqu'en i651, Ghmielnicki fut battu, on le força â.e souscrire, près de Bialacerkier, à d'autres conditions par lesquelles on assura aui Kozaks leurs franchises ; les nobles devaient rentrer en possession de leurs biens en Ukraine. Chmielnicki , par ee nouvel accord , se trouva dans le plus grand embarras : ne sachant que faire avec cette immense population qui ne Toulait pas retourner sur les terres de tes seigneurs ^ il la dirigea dans les istèpes éloignées et les déserts situés audelà du Dnieper , où il fonda les villes d'Achtir, de Charkov et les autres colonies des Kozaks. Enfin Ghmielnicki , pro^ fitant d'une occasion favorable, recommença la guerre. En 16(12, il tomba inopinément sur l'armée polonaise, campée près de Batov. L'élite de la jeunesse et de Farmée périt en cette oci^asion. t)ans la même atinée, réuni aux Tatars^ il assiégea de nouveau le roi Jean-Razimir dans Zvaniec et le força , à rehottveler le traité de Zborov. Mais ces cmiditions , contractées pour la seconde fois , ne pouvaient être mises à exécution; car, a«i lieu de 40,000 Kozaks enregistrés, il y en avait trois fois autant qui ne voulaient point quitter les armes -, d'une autre part , les évèques menaçaient de sortir du sénat si les sénateurs du rite désuni venaient y prendre place. L'ambitieux Ghmielnicki, visant aussi à la domination , cherchait les moyens d'établir sa famille en Moldavie. Ayant échoué dans ces projets , il se soumit aux Moskovites. Get événement donna lieu à une nouvelle guerre avec la Moskovie qui eut lieu dans le même temps que celle de Suède.

QUATRIÈME PÉRIODE, D£ t587 A 1795. 173

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