‹ Histoire de PologneChapitre 113 sur 219 · BadzieiovgkU · texte numérisé non relu

BadzieiovgkU

Le roi Jean-Kazimir voulut faire diyorcer Jérôme Radzieiovski avec sa femme, Elisabeth née Sluzek, mariée eo premières noces avec RazanoTski. Cette femme, à la suggestion du roi , intenta à son mari un procès injurieux , et s'empara de vive force des biens et des palais qui appartenaient à elle et à son mari. RadzieioYski, piqué au vif par des procédés aussi violents, usant de représaille, recouvra par force le palais (Kazanovski), situé dans la capitale , à quelque distance du château royal. Cité suivant la volonté du roi, devant la justice du maréchal, il fut condamnée avoir la tète tranchée. Navré de douleur, plein de colère et de vengeance , il quitte la Pologne et se rend en Suède. Le roi, pour satisfaire sa haine, produisit en 1652, devant la diète, plusieurs lettres de Radzieiovski, excitant les Kozaks à de nouvelles révoltes , sur ces preuves , il obtint de la diète un décret qui le déclarait traître et le condanomait à la mort et à rinfamie. Radzieiovski nia Tauthenticité de ces lettres , disant qu'elles étaient inventées pour le calomnier. Accablé d'outrages, il trouva une triste consolation dans une vengeance coupable au moment de la guerre de Suède, qu'il n'eut même pas besoin d'insinuer, car Charles-Gustave, roi de Suède, était lui-même trop-impatient de la recommencer : mais en accompagnant les Suédois , il les conduisit contre sa patrie. Un citoyen vertueux ne devait pas se servir d'un instrument étranger, dans le but de venger ses offenses personnelles.

1 70. Guerre de Moskovie el de Suède.

Les Moskovites s'avancèrent en 1654 avec les Kosaks , s'emparèrent de Smolensk , bientôt après d'autres villes de la Litvanie, et même de sa capitale, Yilna. Sur un autre point, ils s'approchèrent jusqu'à Léopol. En même temps, en 1655, Charles-Gustave entra par la Prusse dans la grande Pologne, où les nobles, cédant à la persuasion de Radzieiovski, se soumettent volontairement. S'avançant rapidement, il occupe Varsovie presque sans résistance, et s'empare

facilement de la petite Pologne. Le reste de la Litvanie, qui n'était pas envahi par les Moskovites, suivant l'impulsion donnée par Janus Radzivill, se range sous sa domination; enfin, l'armée de la république, troupe quartuaire, le reconnut pour souverain. Jean-Kazimir , abandonné de tout le monde, privé de toutes ses ressources, se retire en Silésie. Les nobles, qui Tabandonnaient avec tant d'indifférence, donnaient pour motif de leur défection, que le roi Jean-Kazimir les avait dédaignés et avait violé le pacte contracté avec la nation ; ils pensaient que Charles- Gustave, qui, les armes à la main, promettait de jurer de conserver leurs lois, serait un meilleur roi pour eux. Charles-Gustave prêta en eflfet le serment de maintenir les lois de la république, ou plutôt les prérogatives de la noblesse, et se vit un moment maître de la moitié de la Pologne, l'autre étant occupée par les Moskovites. Un jour, lorsque maître de Krakovie, il visitait les tombeaux des rois de Pologne, le vieux Simon Starovolski qui le conduisait partout, lui fit remarquer le tombeau de Yïadislav-le-bref, et lui rappela que ce prince, chassé trois fois de la Pologne, était trois fois remonté sur le trône. Charles-Gustave répondit à cette observation : Votre Jean-Kazimir, une fois chassé ne reviendra plus. Qui sait, répartit le vénérable vieillard, Dieu seul est tout puissant, et la fortune est inconstante. Le roi de Suède se tut et continua de visiter les autres tombeaux dans un silence respectueux. Bientôt il éprouva qu'il était plus facile de faire des conquêtes que de les conserver.

i7l. Confédération de Tiszovcé.

Jean-Kazimir n'était certainement pas d'un caractère aussi énergique que l'ancien roi Vladislav-le-bref, cependant il ne se laissa point abattre par le sort implacable qui le poursuivait. Il supporta l'adversité avec résignation et vécut dans l'espérance d'un meilleur avenir; entièrement abandonné de la nation, il comptait encore sur elle et n'attendait que le moment où l'amour de la patrie la rappellerait à ses devoirs. Au reste, il n'y avait que la noblesse de Prusse qui tenait son parti. Mais ce qui était plus étonnant dans ces

conjonctures, c'était de voir un prieur des Pauliniens, Augustin Kordecki, défendre courageusement le couvent de Czènstochova, situé sur une montagne qu'on nomme Clairmont (Jasna-Gora) et célèbre par l'image miraculeuse de la sainte Vierge. Cette défense remarquable réveilla les sentiments patriotiques. Or, en 1655, le 29 décembre, Stanislav Lanckoronski, les Potocki et plusieurs autres, forment une confédération à Tiszovcé, déclarant que, puisque le parjure Charles-Gustave, infidèle à ses promesses , n'observe point les lois, commet des abus et des violences, les confédérés s'engagent à combattre, pour la religion catholique, leurs lois, leurs libertés et leur patrie, regardant comme ermemis tous ceux qui resteraient encore attadiés au parti de Charles-Gustave, enfin ils sont certains que Jean-Kazimir ne leur refusera point son assistance. En effet, Jean-Kazimir part de la Silésie, passe la Hongrie, traversant les monts Karpaths, par les chemins escarpés et peu praticables, s'arrête à Léopol où il confie solennellement sa patrie et sa personne à la protection de la sainte Vierge miraculeuse de Czènstochova et il va combattre ses ennemis. De toutesparts on s'empresse de prendre ce parti. Les troupes quartuaires, revenues à leur devoir, rentrent dans l'obéissance. Georges Lubomirski, hetman-de-camp de la couronne, et Etienne Czàrniecki, deviennent l'àme du soulèvement général, et, se mettant à la tète de la noblesse et de l'armée, les conduisirent à de glorieux combats. On s'aperçut que la Pologne existait encore toute entière.

Page 1