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Habillements, mœurs

Le costume national prit une autre façon. Le juste- aucorps, zupan, était coupé à la tatare et adapté au kontusz OU habit tatar plus court que l'ancien et dont les manches^

ëUieiit fendues et rabattues sur iedos par-dessus les épaules. Une ceinture d'un grand prix serrait la taille au-dessus des hanches et se nouait au bas ventre. On rasait la tète à la tatare en n'y laissant qu'une touffe de cheveux au sommet qu'on nommait toupet à la horde (czupryna ordinska). La Ichapka plus légère et négligemment rabattue vers un cAté^ les bottes en maroquin de couleur; les moustaches cirées et tressées ; le sabre au côté, et des petites et pesantes haches d'armes ou masse d'armes dans la main (58) caractéri* saient l'habillement national. Beaucoup de personnes» cependant négligeaient ou même dédaignaient l'habillement polonais, adoptant de préférence le costume français; ils marchaient en souliers, un chapeau tricorne aprlatl sous leur bras; vêtu de l'habit couvert de broderies et de grands boutons; ils portaient une épée horizontalement suspendue et des perruques poudrées dont la queueétait enfermée dans une bourse. Les dames surtout, négligeant Thabillement modeste de leur pays, suivirent les modes françaises, elles poudraient et frisaient leurs cheveux ou portaient des perruques à étage, en forme de forteresse, dont les tours et les bastions artificiellement bouclés, étaient entrelacés de petits colifichets. Le corset serrait leur taille jusqu'aux hanches ; de larges poches d'une grandeur démesurée et des baleines placées de chaque côté, élargissaient encore davantage leurs robes faites en étoffes très-riches et souvent terminées par une longue queue. Elle les portaient décolletées, garnies de dentelles de Brabant autour du cou , sur les épaules ; les manches courtes, coupées au coude et pendantes, étaient garnies de riches et pesants parements. Elles tenaient à la main un grand et magnifique éventail de haut prix ; leurs souliers avaient de hauts talons. Dans la toilette ordinaire, les femmes mariées portaient un bonnet comme marque distinctive , et Ton reconnaissait les demoiselles à leur tète sans aucune coiffure, les cheveux modestement peignés. La jeunesse était sous un régime très rigide et

(58) Berdir, obuszek ; en forme d*une razet(e ou petit marteau de couvreur, quelquefois le cœur est bombé, d'uocôté tranchant, del*autre pointu, de différentes formes.

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devait témoigner le plus haut respect pour les hommes âgés. Un jeune homme aux grosses moustaches , n'osait se placer devant son père, se tenait dehout, près de la porte et n'avançait dans la chambre qu'à la demande on avec la permission expresse de celui-ci. Les demoiselles introduites dans la société , se tenaient modestement à leurs places , occupées continuellement à broder ou à tricoter. Les parents, guidés par la dévotion ou par des intérêts de famille , consacraient une partie de leurs enfants, si c'étaitdes filles, à être religieuses, etles garçons à l'état ecclésiastique; ils disposaient arbitrairement du mariage des autres , formant des conventions entr'eux, ordinairement à l'insu des enfants. 11 arrivait servent qu'une jeune fiancée ne voyait pas une seule fois répoux qu'on lui avait destiné, avant le moment des noces. Cependant ces unions étaient pour la plupart heureuses. Sous cette sévérité de mœurs, on apercevait déjà une certaine liberté dans les manières empruntées aux coutumes françaises, et on observait que les mœurs commençaient à se relâcher , on se plaignait déjà , à cette époque, que la Pologne se francisait.

IS/i. Misère des paysans» des bourgeois et de la petite noblesse*

Vous connaîtrez mieux l'état de décadence et de misère où se trouvait le pays, si vous jetez un coup-d'œil sur les masses et sur les classes des gens moins riches. La population diminua d'une manière excessivement sensible. Plusieurs millions d'hommes périrent dans un court espace de temps. Environ un million suivit les Kosaks et dépeupla le pays. Une multitude d'autres personnes s'expatrièrent et se transportèrent en Silésie. Plusieurs bourgs, villages, hameaux, disparurent, et presque tous les autres éprouvèrent une diminution terrible. Dans les villages où Ton comptait antérieurement les maisons par centaines, souvent il n'en ^ resta pas un tiers. Les villes diminuèrent dans la même proportion. Les champs, jadis labourés et ensemencés se couvraient de forêts. Les gens de métiers que Ton rencontrait jadis dans les villes, en grand nombre, étaient devenus hvi rares, et de plus, leur travail moins parlait et moins

recherché. Le peuple u'arait plus besoin, comme au temps plus prospère, de cordonniers, de tailleurs, de joailliers, de passementiers. Une chemise de toile très-grossièrc, et pardessus une capote de laine rousse, non moins brute, formaient rhabillement des pauvres paysans, des bourgeois et de la petite noblesse. On ne voyait plus de viandes à leurs tables, ils se contentaient du maigre et étaient servis dans des pots et des plats de terre cuite. On manquait même quelquefois de pain de recoupe. Les malheureux pauvres cherchaient à s'étourdir sur leur misère avec de l'eau-devie qui était devenue très-commune^ ils étaient exposés à tout instant à perdre leur propriété et leur misérable gain. Les enfants de la petite noblesse et des bourgeois fréquentaiait à peine quelques écoles, dont le nombre diminua alors, mais les enfants des paysans ne pouvaient pas y penser. La petite noblesse était souvent opprimée par un opulent voisin, assujettie à la corvée et réduite à Tétat de paysans. Les bourgs, changés en hameaux, perdaient leurs privilèges, et,obérés de redevances, subissaient le même sort. Ceux mêmes qu'on appelait royaux n'étaient plus certains de leurs frafichises, accablés de charges imposées par le caprice des starostes. Les paysans se tioavai^t assujettis à de nouvelles corvées et services appelés par leur juste valeur, jours de violence, jours sans salaire^ à des nouvelles rétributions, à des dons, au charroi nonredevable. Une maxime abominable s'étaitétablie parmi la noblesse, c'était que le paysan était d'une nature plus vile que le noble, quMl appartenait sans réserve à son maître, par conséquent que son seigneur pouvait lui ravir tout son bien et le priver de tout ce qu'il possédait, de tout ce qu'il gagnait. Là où la propriété ne conservait plus aucune garantie, le pays ne pouvait que tomber dans la ruine.. Les nc^les, dans leur égarement, méprisaient les pauvres paysans sans réfléchir qu'ils travaillaient pour leur bienêtre; ils oubliaient que ces hommes étaient leurs semblables, élevés sur le même sol, enfants de la même patrie, leurs Mres, puisqu'ils parlaient la même langue, et que le même sang coulait dans leurs veines; qu'il n'y avait que le sort aveugle et la violence injuste qui les avaient rangés dans une position subordonnée» Plus ils se trouvaient dans l'in-

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suffisance poussée jusqu'à Tindigence, plus il conyenait de respecter leur salaire, leur propriété. L'humanité, l'intérêt de la république Texigeatent. Mais la noblesse était étourdie jusqu'à tel point, qu'elle se faisait tort à elle-même, et changeait la république, renommée par ses libertés, en un repaire d'esclavage.

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