‹ Histoire de PologneChapitre 123 sur 219 · Jean-Kazimir abdique · texte numérisé non relu

Jean-Kazimir abdique

En abdiquant, Jean-Kazimir rappela devant la diète que dans les combats; il avait toujours été le premier à Tattaque ' et le dernier à la retraite. Il disait la vérité. Il eut la consolation de voir qu'au milieu des malheurs dont le pays fut accablé sous son règne, il se trouva des cœurs assez braves et animés pour retirer le pays des plus graves conjonctures. Le danger de la part de la Turquie ne Teffrayait pas, et s'il abdiqua, ce n'était pas pour éviter ses conséquences, mais parce qu'il lui semblait bon de se retirer des affaires publiques. Il changea plusieurs fois de condition dans le cours de sa vie. Guerrier intrépide dans sa Jeunesse, plus tard jésuite et cardinal; après Ja mort de son frère Yladislav lY, devenu roi, il épousa la reine veuve, sa belle-sœur. Lorsqu'il eut abdiqué, il embrassa de nouveau l'état ecclésiastique et passa tranquillement le reste de sa vie en France, dans les abbayes dont il avait été doté. Les adieux à la nation, au moment de s'en séparer, dans la diète de 1669, furent trèstouchants. On se rappelait les infortunes et les pertes de la nation, tous les malheurs que le roi partageait avec elle, ce temps où elle le désavoua et abandonna, puis, comme elle prit son parti et sacrifia tout pour sauver le pays désolé; on voyait dans sa personne le dernier des Vasas, et la dernière goutte du sang des Jagellons qui allait disparaître pour toujours. Toutes ces considérations, tous ces souvenirs, éveillèrent un sentiment pénible, un attendrissement, et lorsque les deux chambres furent admises pour la dernière fois au baise-main du roi, des sanglots éclatèrent de toutes parts.

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