Auguste II
Les dissenlions intestines produisirent une désunion dans les élections de 1696. Les suffrages se partagèrent entre le prince français duc de Conti et rélecteur de Saxe Auguste.
el tout cela en face du roi. D*autrcs moins hardis ou plus modérés que ce palalin , ne touchèrent que légèrement les mêmes cordes. Mais il s'en trouva d'équitables qui repoussèrent ces calomnies. L'évéque de Kiiovie Zaluski, quoique peu satisfait de la cour qui lui avait fait défendre l'entrée des appartements de leurs majestés à cause du peu d^accord qui régnait entre ce prélat et ta reine, dont il était la créature, Zatuski, dis-je, répondit au palatin avec vigueur, lui reprochant aigrement sa pétulance et son ingratitude. Enfin le roi, qui parle toujours le dernier dans les conseils fut lui-même son chancelier, ce qu'on appelle ici; parler ex throno, répondit à tous les points de l'accusation de Pienionzek avec une force admirable et un mépris noble et fier, sans daigner apostropher ce palatin ni lui reprocher son ingratitude. Il parut en même temps à Grodno un écrit en forme de manifeste ou de pas. quinade politiqne à la suite de ce grabuge. C'était une satire effroyable contre leurs majestés ; Tayaut surpris entre les mains d'un secrétaire de quelque seigneur de la cabale qui faisait des copies pour les semer, on la fit brûler par le bourreau en pardonnant h l'écrivain pour ne pas remonter h la source et à Tauteur.
)i Tout fut assez triste à la cour, tant h cause de la situation des affaires fort brouillées entre le parU du roi el celui de la cabale autrichienne, À la tête de laquelle on voyait les premiers sénateurs et les plus puissantes maisons ; que par le deuil survenu par la mort du grandchancelier de la couronne, Jean Yielopolski, beau-frère de la reine. C'était assurément un sujet d*une grande capacité, d'un profond savoir, d'une droiture d'âme inflexible; bon père de famille, bon mari, bon républicain, bon justicier ; il avait, dans ces derniers temps, embrassé le parti opposé à la cour et devait déclamer surtout contre le séjonr du roi en Russie-rouge. Les deux arc-boutants de cetie faction nouvelle étaient ce grand chancelier et le cardinal Radzleiovski, dont on n*a jamais bien su les projets, parce que le chancelier sentant approcher sa fin, fit brûler devant lui, par sa femme, toutes les lettres du cardinal et celles des conjurés, à cause de quoi la cour témoigna quelque froideur à sa veuve, surtout, pour avoir elle-même, après la mort du grand-chancelier, achevé de brûler d'autres lettres concernant cette affaire, qu'elle trouva dans ses cassettes.
Ce dernier étan t plus voisin de la Pologne y arriva le premier. Conti traversant la mer se présenta beaucoup plus tard à Dantzick, faiblement soutenu par la France, et fut contraint
» Quant au mariage du prince Jacques avec sa cousine la princesse de Radzivill veuve du margrave de Brandebonrg, leurs majestés ne voulant pas se laisser enlever cette riche 'héritière, avaient négocié avec elle et avec Félecteur. La France même interposa ses ofllces. Au milieu de ces négociations secrètes, le prince Jacques arriva & Berlin incognito; il vil plusieurs fois la princesse veuve, laquelle lui donna une promesse en bonne forme de Tépouser après le terme des deux années de dc'uil, dont il restait sept ou huit mois encore, et cela sous une peine exprimée de la perte de ses biens. Le prince partit avec ces assurances, et sur la première nouvelle qu*il en donna au roi et h la reine, on dépécha un courrier h Berlin, avec de riches présents en habits, en fourrures et m pierreries, que la reine envoyait à la princesse margrave. Celle-ci avait donné son portrait et une bague au prince, et reçu de lui de semblables bijoux. Cependant, à peine fut-il parti, que cette princesse reçut chez elle le prince Charles de Neubourg, et Tépousa deux jours après, en grand secret, chez l'envoyé de l'empereur.
» Lorsque cette nouvelle arriva à la cour de Pologne, le marquis d'Arquien opina pour une action de vigueur et voulut que le prince allât ù Hambourg avec le comte de Maligny, son oncle, pour renvoyer au prince Charles de Neubourg et l'appeler en duel. Mais la cour, particulièrement la reine, rejeta ce conseil comme funeste. Le roi, d'un autre côté, assembla quelques habiles gens en matière civile, pour examiner la promesse de la margrave et voir si Ton pouvait s'en servir pour s'em[)arer de ses biens ; les lois du royaume, outre cela, défendent aux étrangers, tel que l'était le prince de Neubourg, la fioâspssion des terres, et lors du premier mariage de la princesse avec le margrave de Brandebourg, la république de Pologne aurait confisqué 10» biens, si la cabale n'eut fait casser la diète. Le roi résolut de porter cette affaire à la diète qu'il devait assembler au mois de janvier t689, comme en effet, elle en fit un des articles de la proposition et un des points npliqués dans les lettres circulaires; mais tandis que ta cour travaillait avec éclata faire prévaloir son ressentiment, 1acat>ale antrichienno prenait de secrètes mesures pour rendre vaine toute la colère du roi de Pologne. On gagna les Sapièha et ceux-ci apostèrent des nonces qui ir;tltièrent pendant trois mois la diète générale par mille vains projets et la cassèrent enfin sans en exécuter aucun. Ainsi la margrave se retrouva saisie de ses biens héréditaires comme avant son mariage, et
de céder aux Saxons. Auguste II trouva des mécontents et les troubles de Litvanie prirent le caractère de guerre civile. Les nobles y conçurent un tel ressentiment contre les Sapiéha, qu'ils massacrèrent et taillèrent en morceaux, près de Leipuny, Michel, grand-écuyer, et formèrent, en 1700, la confédération d'Olkiéniki. Les Sapiélia, ne trouvant point d'appui auprès d'Auguste II, se liguèrent avec Charles XII, roi de Suède, au moment où il envahissait la Pologne. Auguste II, ayant des relations particulières avec TAutriche, réussit à recouvrer les salines de Vieliczka, et par la paix signée avec les Turcs à Karlovitz, en 1669, Kamieniec et la
remit à un temps plus favorable à demander rindigénal pour le prince Charles son second mari. »
(Ce fut à cette diète que Knzimir Opalinskl, évéque de Culm« dit dans la chaleur de l'emportement : « Sire! ou régnez justement» ou cessez de régner. » Outré de colère, Jean III voulut aussitôt se démettre de la couronne. Le sénat le détourna de cette résolution. (Bandtke.)
» Trois ans après, au commencement de 1691, on maria ce même prince Jacques avec la princesse Elisabeth de Neubourg. cinquième fille de rélecteur palatin, soeur de ce prince Charles qui lui avait enlevé la margrave sa cousine (Dalerac, anecdotes de Pologne, tome II, p. 316-324, 330*342, 384-391.} »
De nouvelles querelles et une guerre intestine éclatèrent en Litvanie, encore avant ta mort de Sobieski. La pénurie d'argent faisant naître un grand désordre dans la république, le grand-général Kazimir Sapiéba, répartit quelques régiments dans les terres de Tévéque de Vilna, Constantin Brzostovski.L* évéque Texcommunia solennellement** De là s'élevèrent deui partis. Le primat Radzieiovski et les maréchaux embrassèrent le parti de Sapiéba; la noblesse et le roi saisirent le parti de révéque. Le primat leva Texcommunication du grand-général ; le nonce du pape, Sanla-Croce, abolit Tarrét du primat, qui porta plainte à Rome contre le nonce. Uévéque à son tour assigna le grand-général au jugement de la nation. On convoqua pour cet effet la diète. Le torrent des passions remplit le sanctuaire des délibérations publiques de bruits et de scandales. La diète fut de nouveau rompue. Le roi lassé, sortit des bornes de la modération et voulut se démeUre de la couronne. Zaluskl, évéque de Plock, sut le rassurer et le détourner de cette deuxième abdication (Hisl. de Fol. par Bandtke, p. 465; par Vaga, p. 337).
Podolie furent restitués. Il croyait qu'il lui serait aussi facile de rentrer en possession de la Livonie, d^autant plus que Charles XII, roi de Suède, était tropjeune etsans expérience. Il fit donc une alliance avec la Russie et le Danemarck, qui déclarèrent la guerre à la Suède. Charles XII, agissant avec une rapidité extraordinaire, battit les Danois, vainquit les Russes, et, après avoir chassé en 1701 les Saxons des environs de la Dzvina, se jeta sur la Litvanie et la Pologne.
4 93. Guerre avec Charles XII.
Personne dans la Pologne et la Litvanie ne songeait à faire la guerre contre Charles XII. Auguste II Pavait seul entreprise avec ses Saxons, sans le consentement de la noblesse. Charles XII n'éprouva donc point une grande résistance. Il s'empara de Varsovie, et après avoir battu Auguste II près de Kliszov, il entra dans Krakovie. Des confédérations se formèrent dans la Pologne, à Sandomir, en faveur d'Auguste II, et dans la grande Pologne, une autre, en 1704, sous la conduite du primat Radzieiovski, en faveur de Charles XII, qui ordonna d'élire pour roi, Slanislav Leszczinski, palatin de Poznanie. Effectivement le choix eut lieu. Après avoir repoussé Auguste en Saxe, Charles XII, continua de l'y poursuivre jusqu'à ce qu'il l'eut forcé, par la paix d'Altranstadt, d'abdiquer la couronne et de reconnaître comme roi de Pologne Stanislav Leszczinski. La guerre de Saxe étant terminée, il traversa toute la Pologne, marchant contre les Russes qui s'étaient avancés vers Grodno, et se retiraient à son approche. Sa défaite à Pultawa, en 1709, où les Russes mirent en déroute toutes ses forces, enhardit Auguste II à rentrer en Pologne, où, soutenu par les Russes, 1 repoussa les Suédois et soumit tous leurs partisans. Cependant les troubles recommencèrent bientôt. On demandait que l'armée saxonne évacuât la Pologne. Une confédération eut lieu à cet effet à Tarnogrod. La Russie voulut y apporter sa médiation. Enfin , la pacification fut conclue et ratifiée en 1717, par la diète dite muette. Elle était ainsi qualifiée, parce que pendant le court espace de sept heures
qu'elle dura, on y fit seulement la lecture de la pacification, sans que le silence y fut interrompu. Les Saxons évacuèrent la Pologne, et Parmée russe de Pierre-le-Grand n'en sortit qu'en 1720. Auguste H fît des traités de paix avec la Suède» en 1720 et 1723.