‹ Histoire de PologneChapitre 128 sur 219 · La Pologne accablée de désastres · texte numérisé non relu

La Pologne accablée de désastres

Ne prenez pas de mauvaise part, mes chers enfants , si je vous ai fait connaître tant d'événements désastreux, et quelles furent les funestes conséquences de tant de victoires remportées, au temps de Sigismond III,et si je vous ai à peine mentionné l'expédition brillante de Sobieski à Vienne, dont tous les avantages furent pour l'Autriche, mais dont la Pologne ne retira aucun profit, tandis que je n'ai pas négligé de vous signaler les troubles qui ont agité le règne de ce même Sobieski. Je devais, mes enfants, dans l'intérêt de la vérité et de votre propre instruction , vous indiquer ces tristes événements. Si j'ai attaché votre réflexion particulièrement aux désastres qui, sous le règne de Jean- Kazimir,se succédèrent sans interruption, si j'ai parlé aussi de ceux qui suivirent, c'est qu'ils eurent une très grande influence sur le sort de la Pologne, déjà en décadence. Les vertus nationales avaient alors d'autant plus de droit à l'estime que dans ces temps de désolation les vices de la noblesse faisaient éprouver à la Pologne les plus terribles angoisses. Ces tristes calamités amenèrent des conséquences plus déplorables encore. Voyez sur la carte n.o il, les principales routes parcourues par les Suédois, les Kozaks et les autres agresseurs. Ils se répandaient dans toute la Pologne, portant avec eux le pillage et la dévastation. Non-seulement ils laissaient des traces de leurs excès sur la route principale qu'ils suivaient, mais ils portaient aussi la désolation sur les chemins vicinaux, à droite et à gauche des grandes routes. Les guerres civiles de la Pologne et de la Litvanie affectaient non moins le pays ruiné (60). Tels

(60) Voyez la note 3i8, au chap. 1 36 des considérations sur Téta t polit, de Pol., dans laquelle on a plusieurs eicemples de la dévastation

furent les évënemenis qui se passèrent pendan-t un espace de soixante-dix ans seulement, depuis le commencement du règne de Jean-Kazimir , jusqu'à la diète muette : c'està-dire , de 1648 à 1717. Cet aperçu vous rappelle que Tëtat fut amoindri par plusieurs pertes considérables, dépeuplé, dévasté, la nation affaiblie et démoralisée par les fautes de la classe prédominante et particulièrement par les aristocrates.

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