Faiblesse de la Pologne
Un homme infirme ne peut pas se rétablir de suite -, il recouvre ses forces lentement, et s'il vent prématurément se lever de son lit, souvent il retombe dans une maladie plus grave et quelquefois il trouve la mort. Sous certains égards, on pourrait appliquer cette remarque à la Pologne. Voulant se relever, elle faisait des efforts réitérés, ayant chaque fois moins de pays à sa disposition, moins de population et de ressources. L'armée qui lui restait, déjà diminuée, devait être en partie congédiée. Dans cette perplexité, on voyait encore les fortunes d'un grand nombre de citoyens délabrées; les banqueroutes , la décadence di7 crédit, la diminution de la valeur des biens fonciers, venaient contribuer encore à la ruine. Ceux qui pensaient à l'insurrection, animés des plus généreux sentiments et pleins de dévouement, ne comptaient pas les forces matérielles, tant ils étaient préoccupés de leurs devoirs envers la patrie. Ils choisirent pour chef Kosanseko, élève de l'école militairedes cadets, à Varsovie; il avait acquis une expérience honorable dans la guerre de l'indépendance de l'Amérique. De retour dans son pays, il se couvrit de gloire dans l'affaire de Dubienka , gagna la confiance de la nation et se voua à sa défense.
220* lusufflsancc des moyens dans rinsurrection.
Les premières démarches pour donner le signal de l'insurrection, faites par Byzevski et Jean-Henri Dambrovski, restèrent sans résultats. Peu après Madalinski, ne voulant pas licencier sa brigade, se dirigea des environs d'Ostrolinka vers Krakovie, où le drapeau de l'insurrection fut levé. On y prit pour mot de ralliement : Liberté, intégrité et indépendance; et on nomma Kosciuszko pour chef. Une victoire remportée près de Raclavicée, fut suivie des insurrections de Varsovie, de Samogitie, et celle de Vilno, sous la conduite de Jasinski; plusieurs détachements militaires, que leurs postes éloignaient et isolaient parvinrent à se rapprocher et à se réunir. Malgré tous ces succès, l'armée
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était trop peu nombreuse , les armes et les munitions insuffisantes. On ne pouvait plus compter sur le ban de la noblesse, tombé en désuétude. On manquait de soldats que Ton remplaçait par des paysans armés defaulx et.de piques; mais bientôt on se plaignit de ce qne Ton arrachait le peuple à son labeur, car l'agriculture en souffrait. Il y en eut qm sacrifièrent tout dans cette occasion et qui déposèrent d'immenses offrandes sur Tautel de la patrie; mais il y en eut beaucoup plus, qui , par leur position éloignée , ne pureat partager le dévouement des autres et qui se montrèrent Indifférents ou même contraires à pe mouvement national.
221* Succès vacillant. Des dissidents agitent les esprits.
Près de Szczekociny, Kosciuszko esiraya une perte où il apprit qu'il avait à combattre, non-seulement les Russes, mais aussi les Prussiens; Krakovie tomba dans les mains des ennemis et fut occupée par eux. L'action commença à se renfermer aux environs de Varsovie, assiégée par les Russes et les Prussiens. La capitale se trouvait à la veille d'une disette, lorsque le soulèvement opéré dans la grande Pologne par Mnievski et soutenu par Jean-lienri Dombrovski et Madalinski, fit une diversion salutaire qui décida le roi de Prusse à se retirer avec toute son armée des murs de Varsovie. En même temps des renforts très-considérables arrivèrent aux Russes, une nouvelle armée se rapprochait et menaçait d'un autre côté. Dans ces conjonctures difficiles, les inquiétudes et l'animosité agitaient les esprits, les opinions et les partis se divisaient. Une fermentation pénible se faisait sentir à Vilno, mais beaucoup plus à Varsovie. Le peuple de Varsovie, excité contre les détenus politiques, fit pendre ceux dont la sentence était prononcée, et plusieurs autres sans même attendre leur jugement. Ceux qu'on accusait d'avoir poussé le peuple aux excès, appartenaient au parti qu'on jugeait être porté à la violence et qu'on appelait hugoniste , parce qu'il avait pour chef Hugues Kollontay, un des membres du conseil suprême, dont le caractère remuant semblait favoriser la violence. Kosciuszko cherchait à calmer et à réprimer l'exaspération. Il éprouva beaucoup de chagrin en cette occasion.
222« Trdsièiiie démembrement.
Cependant l'insurrection touchait à son déclin. Vilno succomba devant les forces supérieures des Russes, Souvarov passa Brzésc et se dirigea pourse réunir avec le général Fersen. Kosciuszko, voulantempécber celte jonction, fut vaincu par le général Fersen sous Macieiovicé, couvert de blessures, et fait prisonnier. Souvarov prit d'assaut le faubourg de Praga , en fit passer au fil de Tépée tous les habitants et occupa Varsovie par capitulation. L'armée polonaise, découragée, diminuait dans sa retraite vers Radoszicéet Konskie, où elle mit bas les armes. Le roi reçut l'injonction de se rendre à Grodno, où, à l'anniversaire de son couronnement, le 25 novembre 1795, il abdiqua. Les trots puissances limitrophes démembrèrent le reste de la Pologne, en 1796. Les rivières Pilica, Ytstule, Bug et Niémen, servirent de frontières aux trois co-partageants excepté pour Varsovie qu'on adjugea au roi de Prusse. Les trois frontières se rencontraient à Nimierov. Le nom de la Pologne fut rayé de la carte géographique, et ne fut plus compté ni parmi les états, ni parmi les peuples. La Providence en avait disposé ainsi. On assigna pour domicile à Stanislav -Auguste Pétersbourg, où il mourut. L'empereur Paul lui fit des obsèques comme à un roi.
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