‹ Histoire de PologneChapitre 145 sur 219 · POUR SERTIR DB CONTINUATION ▲ SON HISTOIRE · texte numérisé non relu

POUR SERTIR DB CONTINUATION ▲ SON HISTOIRE

RACOHTÏEPARUFORCLE; Traduite par ËRàSMB RYKAGZEWSKI.

Tous ne sauriez empêcher qu'ils ne vous engloutissent , faites au moins qu'ils ne puissent vous digérer.

A LA JEUNESSE DE POLOGNE

Il y a dix ans, j'écrivis Thistoire de la république de Pologne, en m'adressant à mes neveux. A cette époque, mon père vivait encore. Il expira au moment où le signal de rinsurrection enflammait le cœur des Polonais et les appelait à une vie nouvelle. Quelques-uns de mes compagnons d'émigration me disent qu'ils ont appris , d'un certain voyageur, que depuis quelque temps un de mes neveux

est mort. Pour les autres , ç^est moi qui ai cessé de rivre. En vain je leur parlerais , en vain je leur écrirais : ma voix ni mes écrits ne leur parviendraient pas. Maître puissant rassasié de cruautés , possesseur de la terre qu'ils habitent, de l'air qu'ils respireat, de la lumière et des ténèbres qui passent alternativement sur leurs .tètes , gardez toutes^ tes avdiiifes qui cmidui$eiit vers eux. L'entrée dans leur pays est donc fermée pour ma natraiion. Mais ma pensée unie inséparablement à ceux de mes compatriotes qui ont péri sur le champ de bataille > à ceux qui gémissent dans les prisons , ou qui sont allés chercher l'hospitalité dans des pays étrangers, se rattache par des liens indissolubles à la jeunesse pcdonaise : à celle qui a pu prendre part aux événements passés et à celle sur laquelle la patrie renaissante fonde toutes ses espéranceis d'avenir. Aucune puissance humaine ne saurait rompre ces liens de ma pensée. Or y en retraçant rapidement l'histoire de la Pologne , depuis la chute de la république, c'est à la nouvelle génération que je m'adresse. Je ne puis pas m'expliquer, comment, mais je le sais positivement, ma parole, ma narration lui arriveront. Ma pensée se gravera profondément dans votre mémoire, elle s'identifiera à vos ânies, chers enfants de l'infortunée Pologne: écoutez :

Le tableau de la Pologne renaissante, n'est qu'une suite de l'histoire de la république que j'avais racontée à mes neveux il y a dix (blqs. Il existe cependant quelque différence qu'on ue manquera pa$ d'apercevoir entre ces deux parties d'un mêjne ouvrage; elles proviennent de ce que la première P4p*tie a été composée sous la hache de la censure , tandis que dans l'autre j'ai pu exprimer librement ma pensée. Cette seconde partie n'est pas npn plus en rapport avec la première, quant à l'étendue, parce qu'ordinairement, dans

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les événements contemporains , on ménage moins les détails.

Il y a encore eu une autre circonstance , qui m'a i^acé dans une position différente de celle où je me trouvais en retraçant les époques antérieures à la chute delà Pologne. J'avais neuf ans quand la république fut morcelée pour la dernière fois : son histoire était donc en dehors de ma vie, les événements que j'avais à raconter étaient des faits accomplis comme les destinées de la république elle-même* La période actuelle de la Pologne renaissante qui se passe sous nos yeux n'est pas encore terminée. La' vie de Fauteur, qui, pas plus que l'histoire , n'est arrivée à son terme, s'est mêlée à la chaîne des événements; elle y est enclavée comme celle de mes autres compatriotes qui en écouteront le récit. Le sort voulut encore que je me trourasse dans ces derniers parmi les hommes qui ont été les principaux acteurs dans le mouyement national où qui ont été appelés à le diriger. Parmi ceux-ci , il y en a beaucoup dont l'opinion est opposée à la mienne, d'autres sont devenus mes ennemis personnels, et plusieurs m'ont voué une haine implacable qui se manifeste avec un aveugle acharnement. Or, il me fallait parler quelquefois de moi-même et plus souvent de mes adversaires. C'est une position toute particulière, dans laquelle je ne me trouvais pas en rapportant les événements des époques précédentes. C'est ce qui m'a obligé aussi à entrer dans plus de détails , et de développements. Si je les avais abrégés , le récit n'aurait pas paru assez clair. Il aurait peut-être fallu entrer encore dans déplus grandes explications, et je ne me serais pas embarrassé d'écrire plus longuement comme font les autres , attendu que les événements sont récents et qu'il n'est pas difficile de se les

rappeler : mais ce ne gérait pas là cette courte narration que je confie aux vents de Touest, pour qu'elle puisse vous parvenir plus facilement , à vous , jeunesse de la Pologne.

Bruxelles, le 3» janvier 1886.

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