‹ Histoire de PologneChapitre 146 sur 219 · Convalescence · texte numérisé non relu

Convalescence

Il ne vous sera point difficile de comprendre, mes chers enfants, pourquoi j'appelle la cinquième période de notre histoire, celle de la Pologne renaissante; vous verrez en même temps que cette période n*est pas encore terminée, parce que la Pologne n'a pas encore reconquis son indépendance. Avant de vous faire connaître les causes qui en retardèrent la renaissance, je crois devoir vous prévenir qti'il ne faut .point comparer la Pologne mutilée, souffrante, opprimée, à un homme mort qui ne peut plus renaître, ni recouvrer la vie. Je l'ai comparée vers la fin de l'époque précédente à un malade. Aussi dans l'époque de la renaissance dont nous allons nous occuper, faut-il regarder votre malheureuse patrie comme atteinte d'un mal grave dont elle n'a pu jusqu'à présent se relever. Chaque effort qu'elle fait pour secouer les liens qui la retiennent est suivi d'une nouvelle rechute. Cependant tout donne lieu de croire que la Pologne va renaître plus helle et plus glorieuse, car vous savez que la maladie n'est qu'une lutte de la nature contre un principe vicieux, et que, victorieuse, elle ravive les forces par la guérison. L'histoire même de Pologne en

fournit quelques exemples. Dans les époques précédentes, plus d'une fois la Pologne était arrivée sur les bords de sa ruine, néanmoins elle n*a pas péri. Il y a huit cents ans, après l'expulsion de Rixe et de Kazimir, il s'en est peu fallu qu*elle ne fut totalement anéantie; et cependant, Kazimir, rendu à son pays, porta le nom de restaurateur, car il en a réuni les parties disloquées. Mais quoiqu'il parvint à guérir le mal de sa patrie, il ne lui rendit pas toute sa vigueur, et la Pologne continua toujours à faiblir sous les successeurs de Boleslav-bouche-de-travers. Trois cents ans plus tard arriva la seconde crise. La Pologne se vit de nouveau prête à se dissoudre, cependant elle reparut bientôt plus compacte et plus puissante, car les Polonais et leur chef Lokietek, confiants dans leurs forces, ne désespérèrent pas du salut de la patrie. Ce fut à cette époque qu'elle acquit en peu de temps une vigueur qu'elle n avait jamais eue; sous le règne de Kazimir-le-grand et sous celui des Jagellons, ses forces s'accrurent plus que jamais, et elle parvint à l'apogée de sa grandeur et de sa puissance. Or, après avoir traversé ces périodes fatales qui se renouvelaient de temps en temps, elle redevenait plus forte et plus imposante qu'elle ne l'avait été avant ces affaiblissements périodiques.

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