La Pologne n*a pas p6rU
Sous Jean-Kazimir, une foule de circonstances malheureuses ébranlèrent la Pologne jusque dans ses fondements. Sa ruine paraissait imminente. L'activité et la persévérance de la nation et de Gzarnieckî l'arrachèrent à une mort certaine. Mais le mal dont elle était minée n'ayant pas été détruit dans son principe, elle continua à dépérir, jusqu'à ce qu'enfin, sous le règne de Stanislav-Auguste, elle succomba sous un coup plus violent, au moment même où elle entreprenait de se guérir, de réformer les préjugés, les abus, les vices nombreux de. son organisation sociale. Cependant elle survécut encore à cette dernière catastrophe, car les Polonais ne cessèrent de s'éclairer, de se corriger, de se consoler au sein des malheurs et de l'adversité, en répétant cet air patriotique : « La Pologne ne périra pas tant que nous
CINQUIÈME PÉaiOiœ, DE 1795 A 1807. 935
* vivrons (1). >» Non mes amis, votre patrie n*a pas péri et les quarante années qui se sont écoulées depuis qu'elle fut assaillie et déchirée par les rois voisins, forment une époque de renaissance qui se prépare par une suite d'améliorations sociales et d'un progrès continuel. Le moment de son entier rétablissement n'est pas éloigné, et ce sera vous qui recueillerez les fruits des travaux de vos pères etdevosatnés.Vous verrez renaître la Pologne, vous la verrez libre et indépendante dans ses anciennes limites. Quels seront les moyens d'y par-* venir» vous le saurez en apprenant les diverses vicissitudes de ces quarantes dernières années, pleines de revers et d'infortunes, pleines de grandes actions et du plus grand dévouement. Le récit de tout ce qu'on a fait, de tout ce qu'on a souffert pour la patrie, serait trop long et je n'entreprendrai pas de vous retracer tous les détails de ce vaste et triste tableau. Quarante ans s<mt beaucoup dans la vie d'un homme -, dans l'histoire d'une nation, ils ne forment qu'un court épisode. Moi qui vous parle, j'ai vécu du temps de notre ancienne république. Vous n'étiez pas encore venus au monde quand elle descendit au tombeau; mais vous la verrez ressusciter, plus jeune, plus belle, plus glorieuse. Vous connaissez plusieurs de ceux qui ont servi la patrie, et vous voudriez que leurs noms fassent signalés à la reconnaissance de la postérité dans le récit des événements de ces quarante dernières années. Moi aussi, je voudrais répéter les noms de tous ceux qui ont rendu quelques services à la patrie, mais cela dépasserait les limites que je me suis tracées. Aussi me bornerai-je à vous indiquer les principaux événements de cette époque, et ceux qui les connaissent pourront vous dire les noms de ceux qui ont bien mérité de la patrie, des patriotes que j'ai oubliés.