‹ Histoire de PologneChapitre 148 sur 219 · Captivité ds plusieurs lUustres citoyens · texte numérisé non relu

Captivité ds plusieurs lUustres citoyens

Nous avons dit que la Pologne succomba peu de temps après le carnage de Praga. Les trois monarques voisins qui l'avaientenvahie et subjuguée commencèrent à délibérer sur

(1) Jeszcze Polska niezginela , kîedy myzyjemy. (S) Jarry de Maney et Léonard Cfiodzko, tableau historique cl chronologique des rcvolulions nationales de Pologne ( méthode do

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$on sort, et avant qu'ils se fussent concertés sur le partage, ' ils firent arrêter et mettre en prison une foule d'illustres citoyens, en violant, à Tégard de plusieurs d'entre eux, les conventions les plus sacrées et les traitèrent comme s'ils étaient des sujets révoltés. On les envoya àPétersbourg comme des criminels et on y^ incarcéra le général en chef Kosciusko, grièvement blessé -, le poëte Niemcevicz, nonce à la diète et plus tard aide-de-camp du général en chef; le cordonnier Kilinski, conseiller municipal de Varsovie et colonel pendant Finsurrection; Ignace Potockiun des auteurs de la constitution du 3 mai, membre du conseil suprême, à qui Souvarov avait garanti la liberté an nom de la tzarine Catherine II, ainsi qu'à Zakrzevski, président de la ville de Varsovie, etc., etc. Le général Kopéc et plusieurs autres furent conduits en Sibérie et jusqu'au Kamtsehatka. Les cachots de la Prusse reçurent Madalinski, Georges Grabovski et beaucoup d'autres. L'Autriche enferma à Olmiitz et dans d'autres'prîsons, lé général Zaïonczek; le piariste Kopczynski, auteur d'une grammaire polonaise; l'éloquent Stanislav Potocki, nonce à la diète ; Hugues Kollontaï, ci-devant viciechancelier de la couronne^ le principal rédacteur de la constitution du 3 mai, ensuite membre du conseil suprême, et beaucoup d'autres. Ainsi, les trois brigands couronnés, non contents d'avoir envahi et morcelé le sol de la Pologne, se partagèrent ses plus illustres enfants et il se passa bien long temps avant qu'ils ne leur rendissent la liberté.

b* Emigration polonaise. République française.

Ceux qui échappèrent à cette dure captivité, se rendirent en Italie, en France et en Turquie. Nous allons les suivre dans leur long pèlerinage, pour voir ce qu'ils ont fait et ce

Lesage, (Las-Gases) a.me édition, une feuille (jusqu*à avril 1832).

LéonardCkodzko (et Tkéodor Moravski) précis rapide de i^bistoirq de Pologne, inséré dans le second volume du tableau de la Pologne de Malte-Brun, Paris 1830.

Antoine Ostrovski, biographie de Thomas Ostrovski, et Tesqulsse

POLOGNE DËHEMBRËE, DE 1706 A ISOt. 13t

qu'ils sont devenus loin de leur patrie. S'étant retrouvés en Italie, en assez grand nombre, ils méditèrent sur ce qu'il leur restait à faire, tandis que d'autres, arrivés à Paris, cherchèrent à intéresser la république française à la cause de la Pologne. La France venait de sortir alors d'une grande révolution. Les Français, après avoir décapité leur roi, établirent une république fondée sur la souveraineté du peuple. Les monarques de l'Europe , craignant que les principes révolutionnaires dont la France était alors le foyer ardent, ne gagnassent leurs états, formèrent une alliance pour écraser les Français avec leur république, ce qui donna lieu à une guerre acharnée entre le despotisme et la liberté. Les rois avaient à leur disposition une centaine de millions d'habitants, et la France ne comptait que vingt-cinq millions d'âmes. Mais les Français trouvèrent en eux-mêmes des ressources si puissantes et une si grande énergie , qu'ils n'hésitèrent point à se mesurer avec un ennemi dix fois plus nombreux et le battirent dans plus d'une rencontre. Le monde étonné vit alors ce que peut le dévouement à une bonne cause. Les Polonais, dont la vieille république avait été détruite par des rois despotiques, espéraient de voir la jeune république triomphante de cette ligue de rois, leur tendre une main amie et prendre à cœur la cause d'un peuple opprimé. Bars, bourgeois de Varsovie, délégué à Paris par la diète constituante, fut le premier qui salua la naissante république française. D'autres émigrés ne tardèrent pas à arriver, et leur présence même sur un sol étranger, faisait pressentir à la jeune république le sort qui lui était réservé si elle ne voulait pas unir leur cause à la sienne. Mais pendant qu'ils se berçaient d'illusions sur la prochaine délivrance de leur patrie par une coopération étrangère, la république française, pour diminuer le nombre de ses ennemis, signa à Bâle, le 5 avril 1795, un traité de paix particulier avec le roi de Prusse, dans lequel on ne fit aucune mention de la Pologne.

des événements du pays, depuis 1795 jusqu'à 1817 (en polonais), Paris 1836.

Michel Oginski, mémoires de 1788 à 1815. Paris 18S7, quatre volumes.

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