‹ Histoire de PologneChapitre 149 sur 219 · DombroTski. Lésions, polonaises en Italie · texte numérisé non relu

DombroTski. Lésions, polonaises en Italie

Parmi les émigrés Polonais , le général Jean-Henri Dombrovski se trouva dans une position singulière. Il avait servi autrefois dans Tarmée saxonne et parlait mieux allemand que polonais ; il unissait à l'amour des richesses , de grands talents militaires. Le roi de Prusse, croyait pouvoir rattacher à son service par Tappât de l'argent; de leur côté les patriotes polonais comptaient avec confîance , que fidèle à la voix de la patrie , il irait consacrer ses capacités à la cause des nations. Aussi Dombrovski rejeta-t-il les oITres du roi de Prusse, et se rendit à Paris, où il proposa au directoire exécutif de former des légions pobnaises. Il y avait alors en France une loi qui défendait aux étrangers d'entrer au service de la république, ce qui fît que ce projet n'eût point de suites. Mais, comme la France alors très-puissante , créait d'autres républiques , elle recommanda la formation des légions polonaises à la république Lombarde , qui était connue aussi sous le nom de Cisalpine. Or , le général Dombrovski , signa le 9 janvier 1797 , à Milan une convention , en vertu de laquelle les Polonais qui entraient dans la légion , devenaient citoyens de la république Cisalpine, en conservant toutefois leur langue et leurs couleurs nationales ; la république s'engagea à fournir tout ce qui serait nécessaire pour la formation et l'entretien des légions. Ainsi les émigrés Polonais prenaient un service étranger , mais ils le faisaient mus par un sentiment de fraternité, qui unit tous les peuples et pour défendre une bonne cause, comme l'annonçait la devise qu'ils mirent sur leurs drapeaux : « Les hommes libres sont frères. » (4)

6. Espérances des légionnaires en Italie et des émigrés en Bloldavie.

La formation des légions se faisait avec beaucoup de rapidité, car la première légion compta en peu de temps

(3) Léonard Chodzko ^ histoire des légions Polonaises en Italie, Paris, 1829, deux volumes. — Les Polonais en Italie tableau historique et chronologique , une feuille.

(4) Gli uomini liber! sono fratelli.

GINQUIÈBIB PÊRIOUS, DE 1795 A 180t. S39

cinq mille et la deuxième trois mille coinbattants et leur nombre augmentait cbaque jour. On fondait sur elle de grandes espérances qui devaient se réaliser d'autant plus vite, qu'on voyait TAu triche engagée dans une guerre désastreuse avec la république française en Italie , où Bonaparte commençait à se signaler. Les émigrés accouraient de tous côtés; de jeunes Polonais qui avaient réussi à s'échapper du pays subjugué, abandonnaient leurs fortunes et leurs parents , pour venir combattre Tennemi de leur patrie; ceux qu'on avait forcés de servir dans Tarmée autrichienne , désertaient en masse pour s'enrôler sous le drapeau de la liberté. De cette manière les rangs des légions se remplissaient de nouveaux soldats et quoique dans le plus grand dénuement, ils le supportaient avec beaucoup de patience dans l'espoir d'un meilleur avenir. Le général Dombrovski conçut le projet d'entrer en Pologne par la Dalmatie et la Hongrie. Un grand nombre d'anciens militaires se réunissaient en Moldavie et entretenaient des relations tant avec les légionnaires qu'avec leurs compatriotes restés dans le pays. Mais les intrigues des diplomates et de quelques hommes incapables ou vendus , paralysant ces préparatifs des émigrés en Moldavie, firent évanouir toutes ces belles espérances. L'irruption de Denisko en Pokucie n'ayant pas réussi , compromit beaucoup d'habitants de la Pologne russe et autrichienne, et les exposa à être envoyés en Sibérie , où plongés dans les cachots de TAutriche. Il s'en suivit aussi que le séjour de la Moldavie, fut interdit aux émigrés. Le projet de réunir la diète Polonaise à Milan n'eut pas de suite non plus. L'ancien maréchal de la diète Stanislav MalachoTski , saisi avec plusieurs de ses compatriotes par \e gouvernement autrichien fut emprisonné. Pendant que tous ces événements attristaient les Polonais, la campagne d'Italie touchait à sa fin. Mais ni les articles préliminaires, signés à Léoben lé 18 avril 1797, ni le traité de paix , fait avec l'Autriche à Gampo-Formio , ne firent mention de la Pologne.

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