Fin déplorable des légions en Italie
La paix ne dura pas longtemps, et quand la guerre éclata de nouveau , les légions Polonaises trouvèrent Toccasion de se faire remarquer par leur bravoure ^ elles contribuèrent beaucoup à rétablissement de la république romaine et delà répuMiquë napolitaine on parthénopéenne , qui n'eurent qu'une existence éphémère. La Russie ayant envoyé Souvarov au secours des Autrichiens, la fortune abandonna les républicains. Les Français furent battus dans plusieurs'batailies et les légions polonaises éprouvèrent avec eux de grandes pertes. La deuxième légion commandée par Yielhorski , ayant déjà perdu la moitié de son monde , entra à Mantoue , que les Autrichiens vinrent assiéger. Trop faibles pour se défendre longtemps, les Français furent forcés de capituler le 28 juillet 1799 , et ils s'engagèrent par un article secret , à livrer aux Autrichiens leurs déserteurs, c'est-à-dire, les Polonais qui s'étaient échappés du service Autrichien , pour entrer dans la légion. Peu s'en fallut qu'ils ne fussent passés par les armes. Après la reddition de Mantoue , la deuxième légion tomba au pouvoir de l'ennemi et Ton n'en entendit plus parler. La première légion , partie de Naples sous le commandement de Dombrovski , fit sa jonction avec la grande armée, après avoir surmonté des difficultés inouïes, ayant à combattre l'exaspération générale du peuple italien, dans les pays soulevés contre les Français. A la bataille de Trébie^ qui dura trois jours (17, 18 et 19 juin 1799), elle perdit plus de mille hommes; à celle de Novi (15 août), elle fut presqu'entièrement détruite. A la suite de ces désastres, la république Cisalpine, patrie adoptive des légionnaires, disparut pour toujours, et les débris de la légion se sauvèrent en France.
8« Nouvelles légions au service de la France*
Les Polonais sans se décourager par tant de revers, formèrent de nouvelles légions, non plus en Italie, mais en France; et cela, par suite des événements que nous allons indiquer. -Pendant que la fortune semblait vouloir aban-
donner les Français, et qu'ils éprouvaient des échecs dans presque toutes les batailles, Bonaparte et une partie des forces républicaines étaient en Egypte. Rappelé en secret, il devait prendre le commandeinent d'un corps de réserve, qu'on s'occupait d'organiser; mais avant de se mettre à la tète de cette nouvelle armée, ij renversa avec ses baïonnettes le gouvernement républicain, dans la journée du 9 novembre (18 brumaire) 1799; il établit le consulat et se fit proclamer premier consul. Il fît rapporter la loi qui défendait à la France d'avoir à sa solde des troupes étrangères, et autorisa la formation de nouvelles légions. Les débris de celles qui avaient péri en Italie, réunis à Marseille, devinrent le noyau de la légion principale sous le commandement du général Dombrovski. On en détacha une partie pour composer la légion du Danube, dont on donna le commandement au général Rniazievicz. Leurs rangs s'étant remplis en peu de temps, elles prirent part à la campagne qui venait de commencer, quand, après la défaite des Russes, Bonaparte gagna la célèbre bataille de Marengo, en ouvrant ainsi à Dombrovski, le chemin à travers l'Italie, tandis que Kniazievicz, avec la grande armée de Moreau, se dirigeait vers Vienne par la Haute- Allemagne. On conçut de grandes espérances, fondées sur les nouveaux succès de la France et l'on s'attendait cette fois, au moins, à voir la cause nationale se relever à l'aide des secours étrangers. Le général Dombrovski traçait, à travers la Bohême et la Moravie, la route de Pologne, mais ces flatteuses espérances s'évanouirent comme tant d'autres. Le traité de paix, signé à Lunéville le 26 janvier 1801, ne contenait aucun article relatif à la Pologne.