Le duché de Varsovie sous la domination de Xajwléon
Vous serez peut-être surpris, mes amis, que les Polonais eussent si peu de tronpes dans le duché de Varsovie, à l'époque de l'invasion autrichienne. Mats observez bien que Napoléon créa ce duché dans son intérêt personnel. Il lui donna pour souverain le roi de Saxe, lui accorda une constitution et établit une administration organisée à la
(il) AleiaRifre ae montra à celte occasion si pea favorable »vt développement des forces polonaises, qu'il flt conOsquer dans les gouvernements polonais incorporés à son empire, les' biens de plusieurs Polonais, qui allèrent comme volontaires combattre les Autrichiens , avec leurs compatriotes. — On a une description de la campagne de Gallicio, publiée h Paris, par Romain Saltyk,
française. Bientôt le code Napoléon ou le droit civil français y fut introduit. Napoléon avait dit dans sa constitution : « l'esclavage est aboli. » Ne croyez pas que cette disposition eût pour objet les nègres, car les Polonais ne firent jamais la traite des noirs et n'eurent jamais d'esclaves ; elle avait en vue les paysans polonais, mais comme ceux-ci étaient depuis long-temps regardés comme libres par les Allemands et les Polonais, tant dans les provinces tombées en partage à l'Autriche que dans celles incorporées à la Prusse, qui par leur émancipation, en 1807 et 1809, avaient formé le duché de Varsovie, il faut croire que Napoléon ne jeta ces mots dans la constitution, que pour annoncer aux paysans nonlibres des gouvernements russes, qu'ils d>tiendraient h liberté et les droits de citoyens aussitôt que cette partie de la Pologne serait délivrée du joug de la Russie. La constitution de Napoléon accorda les mêmes droits politiques aux nobles et à ceux qui ne Tétaient pas, en un mot, à tous les habitants sans aucune exception. Les juifs, cependant, ne jouirent point des droits qui leur étaient concédés, parce que cette concession déplaisait généralement aupays,et d'eux-mêmes ils y renoncèrent pour se soustraire au service militaire. Quant aux paysans, ils n'étaient pas assez éclairés pour savoir tirer parti de tous les droits de citoyen qui leur étaient garantis par la nouvelle constitution, et il ne se trouva personne parmi les nobles qui voulût prendre la tâche de les instruire et de les initier à la jouissance de leurs droits. Le pays n'avait pas à s'applaudir beaucoup de la représentation oationale, suivant cette constitution, car son pouvoir législatif était très-limité. Les nonces à la diète, étaient privés de la parole dans la chambre ; ils ne faisaient qu'entendre les pr(^ositions du gouvernement et voter; les conseillers dMtai étant admis aux votes avec les nonces, faisaient pencher constamment les décisions du côté du gouvernement. Mais chacun trouvait un libre accès aux fonctions et tout le monde était admis à l'avancement militaire. Tout était sur le pied de guerre. Le duché de Varsovie entretenait une armée de près de quatre-vingt-dix mille hommes. Ainsi, on vit paraître un état appelé duché de Varsovie, ayant dot^ habitants polonais, un roi de Saxe pour souverain, la monnaie saxonne en circulation, une constitution, des loisetunc