‹ Histoire de PologneChapitre 155 sur 219 · C0 DUCHÉ DE VARSOVIE · texte numérisé non relu

C0 DUCHÉ DE VARSOVIE

adn.inistration françaises, et un résident français qui était toujours là, pour transmettre les ordres de son maître. Il n'y avait que Tarmée qui fût polonaise, mais de même que les anciennes légions, elle était aussi sous les ordres de Napoléon. Il en envoya une partie en Espagne (1808), pour y faire la guerre à un peuple qui défendait son indépendance, comme il avait autrefois envoyé à Saint-Domingue les légions polonaises pour faire la guerre aux noirs affranchis. Ainsi les Polonais furent de nouveau entraînés à combattre, malgré eux, des hommes libres qui ne leur avaient jamais fait de mal,avec lesquels ils n'avaient rien à démêler; ils ne recueillirent que leur malédiction et la triste gloire d'avoir, sous les drapeaux étrangers, servi une mauvaise cause, en comptant avec trop de confiance sur les faveurs étrangères- Quoi qu'il en soit, cette guerre cruelle attira les enfants de la Pologne dans des contrées éloignées, et leur propre sol resta presque sans défense au moment de l'invasion de l'archiduc Ferdinand. Cependant une poignée de braves et la coopération des habi-ants suffirent pour repousser cette nouvelle agression.

1 8. Le duché de Varsovie fait de grands efforts dans l'espoir d'un meilleur avenir (12]«

Bien que Napoléon payât une partie de Tarmée polonaise, le duché de Varsovie, maintenu constamment sur le pied de guerre, n'en était pas moins réduit à supporter d'énormes fardeaux, pour faire face aux dépenses qu'entraînait cet état de choses. Mais tel était à cette époque l'enthousiasme qui animait les Polonais, qu'ils apportaient volontiers sur l'autel de la patrie tout ce dont elle avait besoin, et trouvaient dans leur pénurie des ressources inexplicables. Il aurait fallu voir

(12) Pradt, histoire de Tambassade dans le duché de Varsovie, eu 1812r Paris, 1897.

Oârtnsfctf mémoires de 1788 à 1815. Paris 1827, 4 roi.

Auguste de Sayvê^ souvenirs de Pologne et scènes nitiilaires de la campagne de 1812. Paris, 1834.

Laviede Thomas Oslrowzki, publiée eu polonais, par son fils Jnfotna Ostroxczjii, à Paris, 1934 et 1840, 2 vol.

avec quel empressement patriotique on accourait pour élever les remparts de Praga, pendant la guerre avec la Prusse ; avec quel infatigable dévouement on travaillait ensuite à fortifier Modlin ; avec quelle rapidité on créait des armées quand la nécessité l'exigeait. Mais ce n'était pas seulement la guerre qui occupait alors les Polonais du duché de Varsovie j ils dirigeaient aussi leur attention sur les moyens d'améliorer rinslruction publique. Dans le but de faciliter rétude du code civil français et d'en ressentir les bienfaits, on établit à Varsovie une école de droit. On y fonda aussi des écoles militaires et une école de médecine. Une autorité spéciale, connue sous le nom de chambre d'éducation, s'occupa d'une nouvelle^organisation de Tinstruction nationale. Cette instruction ne put pas faire les progrès désirés pendant es cinq années de l'existence militaire du duché de Varsovie, cependant tout en s'occupant des affaires de leur pays , les Polonais ne négligèrent pas cet objet important. Ils supportaient les charges publiques sans se plaindre et ne perdaient point courage, car ils vivaient dans J'espéranco de voir bientôt Napoléon rompre avec la Russie et rétablir la Pologne dans ses anciennes limites. Cela devenait tellement probable , que le prince Adam Czartoryski , alors ministre et sénateur en Russie^ abandonna son ami Alexandre et se mita voyager, tandis que son père, feld-maréchal d'Autriche , chercha de son cèté à se rapprocher de la cour de Saxe qui était mal disposée envers lui. Il gagna aussi les bonnes grâces de Napoléon, au point que vers le déclin de sa vie il eut la satisfaction de reparaître encore sur la scène politique de sa patrie. D'autres Polonais se jetèrent avec encore plus d'ardeur 4ans la carrière qui allait bientôt s'ouvrir. Du fond de l'Espagne, les troupes polonaises se mirent en marche pour retourner dans leur pays, et les armées de toutes les nations au service de Napoléon, s'ébranlèrent et se dirigèrent vers les frontières de la Russie. Par le traité secret du 14 mars 1812, l'Autriche promit de céder la Galicie à la Pologne, en échange de TlUyrie 011 de la Dalmatie.

2d2 DVCUÈ DE VÀRSOTIE.

Page 1