Campagne de Russie
L'armée polonaise , composée de quatre-vingt mille hommes , fut partagée entre plusieurs corps français. La plus grande partie, sous les ordres du prince Joseph Poniatovski , débouchant par Mir et Niesviez, se réunit à Smolenskavec la grande armée et marcha avec elle sur Mozaïsk et Moskou. Il est inutile devons dire, mes enfants, que les Polonais donnèrent partout des preuves de courage, mais ils souffrirent beaucoup dans plusieurs batailles. Dombrovski avec sa division fut laissé dans les environs de Bobruisk dont il fit le siège. Une autre division polonaise faisait partie du corps qui se dirigea sur Riga et l'assiéga; le corps commandé par Kosinski appuyait à Vaile droite les troupes autrichiennes sous les ordres du feld-maréchal Schwartzenberg, qui commandait les secours que Tempereur François s'était engagé à fournir à son gendre Napoléon ; mais leur coopération loin d'être utile, était plutôt un obstacle, car Schwartzenberg agissait vraiment à l'autrichienne , c'est-à-dire avec la plus mauvaise foi du monde. La position confiée au feld-maréchal était des plus importantes pour la Pologne, car, dès que la grande armée marchant sur Moskou avait découvert toute la Litvanie , on croyait que, pour appuyer ces grandes opérations, Schwartzenberg ferait un mouvement correspondant, et forcerait les russes à évacuer les provinces mé-
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ridionales, la Volynie, la Pododie, l'Ukraïne, s'avancent vers Kiiov et dans la petite Russie , ce qui aurait donné le temps de compléter les armements des Polonais dans ce pays plein d'immenses ressources. Mais il n'en fit rien. Arrivé à la hauteur de Luck, il s'arrêta ne voulant, ni occuper cette ville ni passer le Stir .Pendant ce temps, Napoléon se laissait amuser à Moskou par des propositions de paix, jusqu'à ce que survint riiiver le plus rigoureux qu'on ait jamais vu dans ce climat , et qui devait lui enlever les hommes et les chevaux. Il commença son mouvement de retraite, pendant que Tchitchagov général russe, qui observait les Turcs en Moldavie, marchait directement contre Schwartzenberg qui se retirait devant lui et tombait sur les derrières de la grande armée lors de son passage de la Bérézina. Napoléon traversa lui-même cette rivière le 27 novembre 1812 , mais la grande armée déjà considérablement affaiblie pendant sa retraite , éprouva à ce passage des pertes énormes. La Litvanie fut de nouveau occupée par les Russes, le duché de Varsovie leur fut ouvert. L'armée polonaise, dont il ne resta que huit mille hommes , fut divisée en plusieurs détachemens, qui allèrent s'enfermer à Dantzick , à Thorn , à Modlin , à Zamosc pour défendre ces places fortes. Une partie suivit avec Dombrovski, la grande armée en Allemagne et vers les frontières de France , une autre commandée par le prince Joseph Poniatovski se maintint pendant quelque temps dans les environs de Krakovie et de Czenstochova, où ses forces s'accrurent par la nouvelle levée jusqu'à treize mille hommes. Ce corps évacua enfin Krakovie le 2 mai 1813, et après avoir traversé la Silésie et la Bohème avec le consentement de l'empereur d'Autriche , il se réunit en Saxe à l'armée française.