Campagne sous le commandement de RadzivilL
Les armées russe et polonaise furent bientôt en présence, on en vint aux mains. Il faisait un beau temps et assez doux Ji malgré la gelée. La Vistule et les autres rivières n'étaient que Aiilïlement prises^cependanton pouvait les passer sur laglace. Les Russes, commandés par Diebitch, entrèrent au commencement du mois de février sur le territoire du royaume fel que le congrès l'avait limité. Suivant le plan des opérations défensives tracées par Chlopicki, l'armée polonaise, tout en i ivrant des combats d'avant-garde, se repliait vers les remparts de Praga. Un corps russedestiné à entourer l'aile droite
de rarmée polonaise, surpris par Dvernicki, le 14 février, à Stoczek, perdit onze canons qne Dvernicki se contenta de ramener, ne pouvant s'aventurer plus loin pendant que toute l'armée était en pleine retraite. Le même jour, Skrzynecki se couvrit de gloire en arrêtant avec deux mille hommes, pendant plusieurs heures, l'ennemi six fois plus nombreux. Le quatrième de ligne combattit avec un courage vraiment héroïque. Mais quel régiment, quel soldat n'eut ces jours^là sa part de gloire et ne montra un dévouement incomparable? La grande bataille de Grochov, livrée à la vue de Praga, en fournit des preuves éclatantes. D'après le plan de campagne de Chlopicki, toutes les forces polonaises se concentrèrent autour de ce faubourg. La cavalerie, placée sur les bords de laVistule, attendait les événements. Environ trente mille hommes , avec cinquante pièces d'artillerie, étaient disposés en ordre de bataille dans la plaine. De son côté,Diebitch, après avoirenvoyé des corps détachés sur la rive gauche de la Vistule, s'établit dans les forêts de Grochov avec quatre-vingt mille hommes de troupes et plus de deux cents bouches à feu. Le 19 février, Dvernicki fit de nouveau tête à l'ennemi à Novaviés, lui prit des canons et le rejeta sur la rive droite de la Vistule. Dans les journées des 19 et 20 février, les bataillons polonais opposèrent à Diebitch, dans les plaines de Grochov, un rempart infranchissable, et remportèrent des avantages sur son armée trois fois plus nombreuse. Le champ de bataille resta aux Polonais. Il y eut après quelques jours de repos qui permirent aux vaillants défenseurs de la patrie de recevoir les embrassements de leurs mères et de leurs sœurs, accourues de Varsovie, pendant la bataille, pour enlever et soigner les blessés sur le champ de bataille même; et pendant la trêve pour passer quelques instants en famille avec les guerriers. S'il y eut une suspension d'armes de quelques jours, c'est que Diebitch attendait l'arrivée d'un renfort de vingt mille grenadiers, sous les ordres de Schakhovskol , qui devait tomber sur l'aile gauche de l'armée polonaise. Le 25 février, Krukoviecki fut envoyé à sa rencontre, vers Bialolenkas Schakhovskoï échappa à son intrépidité, et, longeant la position de Umiuski, après de grandes pertes^ exécuta sa
jonction avec l'armée de Diebitch. Diebitch donna Tordre de renouveler l'attaque sur ton te la ligne. Long-temps ses efforts échouèrent contre le célèbre petit bois d'aulnes, la seule position un peu tenable des Polonais. Enfin étant parvenu à rompre le centre et se croyant déjà sûr de la victoire : il fît charger sa cavalerie qui fut repoussée vigoureusement; le régiment des cuirassiers du prince Albert fut écrasé et massacré jusqu'au dernier homme, Cet échec arrêta Diebitch et permit à Théroïque armée polonaise de se retirer à Praga et de passer la Vistule sans être inquiétée. Ainsi, l'armée se repliant après chaque bataille, sur Varsovie, se vit enfin obligée d'abandonner pour quelque temps les plaines de Grochov. Chlopicki qui avait imaginé ce plan de campagne, ne vit pas la fin de la journée du 25. Blessé vers trois heures de Taprès-midi, il se retira du champ de bataille et se rendit à Krakovie, où il demeura pendant les années suivantes (38);