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Expédition de Dvemlck! en Volynie

A la même époque, à Touverture du printemps, des mouvements insurrectionnels eurent lieu dans les terres russiennes, composant une partie de Fancienne petite Pologne. Ils devaient être appuyés par le général Dvernicki, qui sor- . tit de Zamosc, et, après avoir trompé les Russes par une manœuvre habile, passa le Bug, le 9 avril, avec deux mille six cents hommes. £n laissant les grandes routes aux corps ennemis plus nombreux que le sien, il marcha le long de la frontière de laGalicie autrichienne. Les 18 et 19 avril, il remporta à Boremel, une des plus belles victoires sur un corps russe de neuf mille hommes, lui enleva des canons, fit des prisonniers et poursuivit rapidement la route qui lui avait

(42) Nous nommerons quelques uns des chefs de ces nombreuses insurrections. Elles commencèrent en Samogilie sons la conduite de Jules Gruzévski et des Kalinovski. Stanievicz, Jacévicz, Gadon, Szémioth^ Herubovicz, sont de la Samogitie. Dans le district d'Upita, PrzeciszéTski, Straszéyicz; dans celui de Yilkomlr, Médard Koncza, Billévicz, César Plater; dans celui de Kovno, Prozor: dans celui de Troki, Matuszévicz, Gabriel Oginski; dans celui de Yilno, Parczéyski, JeanGiecévicz qui fut tué; dans celui d*Oszmiana, Przezdzieckf, dans celui de Sviénciany, les Knlblicki» Bortkieyicz; dans celui de Vileika Volodkoyicz, de Dzisna Brochocki; deNoyogrodek Mierzévski, Bronski, Kaszyc; Tinsur* rection de Dusiaty fut dirigée par MM^^ Emilie Plater.

Mî HÉVOfLUlION.

été tracée eu se dirigeant vers Ramieniec^ chef-lieu de la Podolie. Mais malgré la rapidité de ses monyements, il fut bientôt gène dans sa marche, et se vit entouré et pressé de tous côtés, n'ayant que sa droite couverte par la frontière sur laquelle il s'adossait. Les opérations de Sieravski, dans le palatiuat de Lublin, qui devaient faire diversion, et atti* rer Tattention des Russes d'un autre côté, n^étant pas assez bien appuyées furent désavouées par la fortune. Lesmalheureuses journées de Vronov et de Razimirz, 17 et 18 avril, en affectant douloureusement Fàme de Sieravski dévoué à la patrie, occasionnèrent de grandes pertes et permirent aux Russes de poursuivre Dvernicki (43). Leurs forces se concentrèrent sur un seul point, et le général polonais au moment d'entrer en Podolie, se vit entouré de trois corps ennemis beaucoup plus nombreux que le sien. Ne pouvant recevoir de nouvelles des insurgés dont il était séparé par les corps qui Tentouraient, ni leur en donner sur la position où il se trouvait, sans aucun espoir de recevoir des secours, ni de se frayer un passage à travers l'ennemi, Dvernicki se conformant aux instructions qu'il avait, entra le 27 avril en Galicie avec tout son petit corps et trente canons; et déposa les armes à la demande des autorités autrichiennes, aux dispositions desquelles on lui avait recommandé de se soumettra. Et, pendant que les officiers et soldats de son corps d'armée rentraient un à un dans le royaume, Dvernicki, ne voulant s'écarter en rien de ses instructions, resta prisonnier en Autriche. La patrie et la révolution perdirent en lui le plus heureux général. On demanda qu'à son défaut, on réorganisât son corps sou s son nom, car il était composé d hommes qui s'étaient déjà distingués dans plusieurs combats, et qui auraient pu servir avec gloire; la diète appuya la demande du public par sa décision expresse, mais le général en chef s'y opposa et le corps ne fut pas réorganisé (44).

(43) A Kazimirz, périt, de la mort des braves, le courageux Jules Malachovski, frère de Gustave.

(44). Anatase Dunin a inséré dans un journal polonais la description de cette eipédilion de Dvernkki : Charles Rozicki publia en 1837 à Bruielles des remarques à ce sujet; les réponses de Dvernicki et de Dunin parurent peu de temps après. Tout est en polonais.

61, Insurrection dans les terres russiennes de la Yolynie, de la Polodie et de l'Ukraine (!|5).

L'expédition de Dvernicki devait être concertée avec le soulèvement de la petite Pologne ou des terres russiennes, c'est-à-dire avec les insurrections qui se préparaient en Volynie, Podolie et Ukraine. Cependant les insurgés ne durent pas instruits de ses opérations. Le corps de Dvernicki, conduit par des sentiers détournés, et n'osant pour ainsi dire se produire au grand jour depuis qu'il avait été cerné par l'ennemi , ne pouvait ni les rejoindre , ni se mettre en rapport avec eux : et lorsque qu'il se jeta en Galicie , les russes, qu'il avait attirés à sa poursuite, se tournèrent contre les insurgés. Les insurgés, sans informations nécessaires, étaient encore en proie aux plus fâcheuses perplexités ; par suite d'ordres contraires secrètement communiqués au nom de Dvernicki et du gouvernement national , qui jetaient la méfiance et la mésintelligence, appelant une fois au soulèvement, une autre fois conjurant de s'en abstenir (46). Il s'en suivait que les insurrections qui n'étaient que partielles, éclataient sur différents points sans liaison , sur cette immense étenduedepays qui estentreBug,MoziretBalta.L'insurrection de la Polisie volynienne fut comprimée la première, puis celle de la Basse-Polisie aux environs de Mozir. Les insurgés du district d'Ovrucz , réduits au désespoir par le cruel massacre des habitants de leur chef-lieu , tinrent la campagne plus longtemps que les autres. Sur les confins de la Volynie , de la Polodie et de l'Ukraïne, un nouveau soulèvement se préparait sous la direction de Vincent Tyszkievicz. Il ne connaissait point les ordres et les instructions contradictoires répandus au nom du gouvernement national , il savait que le général Dvernicki abandonnait le champ de bataille; pré-

(45) Alexander Jelovichi , de Vinsurreclion (en polonais), Paris

Charles Rozickif Insurrection dcVolynîe (en polonais) Bourges, 1832. Félix Vrotnovshi, Insurrection de Volynie, Podolie et Ukraïne, en 1831 (en polonais), Paris 1837, 3 volumes.

(46) A ce sujet une incrimination terrible pèse sur Chruscikovski.

32 i RÉVOLiTICX.

venn que les troupes russes devaient se retirer sitôt que les insurrections se manifesteraient sérieusement, il en avisa ses compatriotes. Enfin, sans considérer que toutes les forces russes, après la retraite de Dvernicki, menaçaient Tentreprise, neconsidérantqueledevoird'un Polonais de se dévouer dans le jour de danger, il appela aux armes. Lui-même, et une foule d'autres citoyens, se soulevèrent, et, après avoir réuni sui; un point des forces plus considérables, ils confièrent le commandement au vieux général Kolysko. En réfléchissant sur tant d'obstacles, de désappointements, de contradictions, de désastres, si Ton voit Tinsurrection de la petite Pologne s'effectuer , il faut la considérer comme un héroïque dévouement. Les insurgés ne pouvaient pas compter sur les paysans,quin'étaientpasaussiéclairésqueceuxdelaLitvanie; et bien que leur nombre diminuant sans cesse fût prêt à se réduire à une poignée d'hommes, ils combattirent l'ennemi, renforcé , avec audace et bravoure. Réunis sous le commandement de Kolysko, ils subirent, le 14 mai, une défaite près de Daszov. Peu habitués au métier de la guerre, déconcertés par cet échec , ils se débandèrent et leurs corps , fort de deux mille cinq cents combattants , se vit tout-à-coup réduit à cinq cents hommes. Les débris de cette petite armée , ne se laissèrent point décourager, et continuèrent à se battre avec l'ennemi , non sans espoir de succès. Vainqueurs et vaincus tour-à-tour, après avoir en dix jours traversétoute laPodolie, ils se sauvèrent aussi en Galicie (47). Pendant que cela se passait, Charles Rozycki , officier expérimenté , partit le 17 mai des environs de Zitomirz avec cent cinquante hommes pour porter secours aux insurgés poursuivis par l'ennemi : mais ayant appris qu'il était trop tard, il passa heureuse-

(47) Les chefs des insurgés en Volynie élaient Narcis Olizar, Sla* niâlav Worcell, Louis Stecki; dans le district de Mozir, Kienievicz; cctu de Podolic etd'Ukrame,à Tappelde Vincent Tyszkiewicz, qui était clier lies préparatifs insurrectionnels, prirent les armes, Yenceslav Kxt! vuski, qui périt, Izidor et Aleiandre Sobanski, Pierre Kopczynski. Joseph et Herman Potocki, les trois fils lelovicki et leur père qui p^rit.É.. OrlikoYski inconsolable, se reconnaissant cause des premiers rovers, se tua lui-même.

ment au milieu des régiments russes échelonnés en Volynie, traversa tout ce pays , et après avoir augmenté du double son détachement et fait en route des prisonniers dans plu sieurs petites rencontres, il entra le 12 juin à Zamosc , où se réunissaient beaucoup d'autres insurgés du corps de Kolysko, arrivant un à un de la Galicie. — Je vous ai signalé, mes chers amis, de nombreux soulèvements en Litvanie et dans la petite Pologne, et je ne vous ai pas nommé , lîi ceux qui se sont distingués , ni ceux qui périrent. La terre de gloire y est jonchée de morts auxquels les pages de Thistoire , ne sauront indiquer de priorité. Les narrations qui entrent dans plus de détails en nomment un grand nombre, il y m a beaucoup cependant qui sont oubliés. Que la Providence les récompense dans l'autre monde pour le service qu'ils ont rendu à leur patrie.

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