Expédition de TikoCin
Le général en chef regardait les insurrections de Litvanie et des terres russiennes comme de très-utiles diversions, mais il voyait dans la position qu'il t;|enait, le point principal des opérations : et dans cette position, il restait presque inactîf, repoussant toutes les instances qu'on faisait pour l'engager à prendre l'ofTensive. Les revers, dont nous venons déparier, le décidèrent à envoyer au commencement de mai un corps d'armée sous le commandement du général Cbrzanovski dans les environs de Zamosc, tant pour se débarrasser de l'homme importun qui lui représentait la nécessité d'agir offensivement, que pour réparer l'échec que lacause.nationale avait essuyée en Volynie, et tendre la main aux insurgés. Cbrzanovski parvint à s'ouvrir un chemin à travers les troupes russes répandues dans le palatinat de Lublin, et s'arrêta sous le canon de Zamosc : l'insurrection qu'il devait appuyer était déjà comprimée. Skrzynecki luimême, après une inaction de six semaines, ayant laissé Uminski à quelque distance de Siedlcé, pour masquer ses
(48) Une publication allemande spéciale sur cette expédition, par le m^Oor Brandi, imprimée à Glogov, 1832; trouve une réfutation dans les éclaircissements du général UmiMhi, publiés à Bruxelles, 1840.
manœuvres et observer Diebitch, se mit enfin en mouvement, et marcha pour détruire, d'après le plan tracé par Prondzynski , les gardes russes stationnées sur les bords de la Narev (49). L'armée polonaise ayant occupé Ostrolènka et Lomza presque sans éprouver de résistance , les gardes se replièrent rapidement vers Sniadov, Là, cernées de tous côtés pendant deux jours , les 18 et 19 mai , il ne leur restait d'autres alternatives , que d'être taillées en pièces, ou de se rendre à discrétion. Prondzinski conjurait le général en chef, au nom de tout ce qu'il avait de cher au monde , de ne pas perdre de temps, de frapper le dernier coup et d'achever la défaite de l'ennemi ; toutes ses prières ne servirent à rien, Skrzynecki permit aux gardes de s'échapper. Il les poursuivit après jusquà Tikccin , envoya à l'aventure un petit détachement sous les ordres du général Chlapovski, au fond de la Litvaijie, et retourna lui-même en toute hâte à Ostrolènka, où la perte de temps devait amener un plus grand malheur que l'évasion des gardes qui devaient périr.