Diète
Grâce à Finfluence de ces hommes habiles qui dirigeaient la révolution dans de fausses routes, la diète ressemblait à un boiteux qui, après avoir fait avec sa jambe valide un pas sûr, cloche de sa jambe malade, et ainsi retarde sa marche. Toutes les fois que la diète ne consultait que les sentiments patriotiques qui animaient toute la nation, elle avançait hardiment sur sa jambe valide vers le grand but de l'insurrection nationale, et la transformation sociale basée sur les principes de la souveraineté du peuple. Ouvrant alors des délibérations révolutionnaires, elle renversait la dictature et la faction moskovite, proclamait Tindépendance de la Pologne jusqu'à la Dzvina et le Dnieper, établissait enfin le gouvernement national. Mais quand elle se laissait entraîner par l'opinion de quelques intrigants, qui , abusant du crédit et de la confiance qu'on leur accordait, voulaient imposer un frein à la nation, la diète chancelait sur sa jambe malade, et tombait dans les pièges diplomatiques ;
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c'est alors qu'elle confirmait la dictature, proclamait que la Pologne serait une monarchie; ne cachant point résoudre la question concernant la propriété des paysans, elle guerroyait avec les journalistes et établissait deux couleurs nationales, rouge (ponceau) et blanc, par opposition à la cocarde tricolore que la révolution avait adoptée. Cela paraît de peu d'importance, mais il ne faut pas oublier que les deux couleurs dont la diète voulait faire Femblème de la révolution, servaient aussi à parlementer avec les généraux russes et étaient reconnues par les pouvoirs de Nicolas. Leur adoption prouve jusqu'à quel point on savait égarer la diète et la placer en opposition avec le mouvement révolutionnaire. Puisque la diète avait décidé de s'en tenir aux formes de la constitution d'Alexandre, il était dans les attributions de ses commissions de surveiller les actes du gouvernement et de tous les pouvoirs administratifs Mais la diète ayant placé toute sa confiance dans les personnes qu'elle avait appelées à remplir les premières fonctions de l'état, ses commissions ne leur ont jamais demandé compte de la gestion desajQTaires publiques. La diète, fatiguée par la longue durée^ de la session qu'elle aurait mieux fait de proroger, tomba dans une véritable indolence dont elle ne put plus sortir, et se montra incapable de réprimer les querelles constitutionnelles des ministres, que Gustave Malachovski, suscitait à ses collègues. De jour en jour l'enceinte des délibérations législatives se changeait en une lice ouverte aux disputes des partis et devenait le rendez-vous des intrigants. Affaiblie par la longueur de la session et par l'influence malfaisante de la faction diplomatique, la diète tomba en défaillance, et ne marcha plus qu'avec des béquilles, quand on lui demanda de changer le gouvernement.