Le diplomate Skrz>necki fomente la discorde
Le général en chef envia au président du gouvernement la connaissance des mystères diplomatiques. Il crut qu'en s'occupant lui-même des négociations il saurait mieux que le vieux diplomate fléchir la raideur des cabinets , échauffer leur froideur, et même enflammer des sympathies en faveur de la Pologne. Après avoir effectué son passage de la Vistule à Poticzé , il écrivit force dépêches au roi de Prusse et à différents ministres et ambassadeurs des puissances étrangères. En attendant leur réponse, il se mit à donner des fêtes et banquets au château royal, au jardin de Saxe, et alarma les esprits par la découverte d'un complot. Le général Hurtig et plusieurs autres personnes , soupçonnées de trahison , et d'intelligences avec l'ennemi , furent arrêtés , le 29 juin. Leur arrestation souleva des soupçons contre le général lankovski, qui avait laissé échapper Rudiger à LysQbyki. Le peuple demanda à grands cris qu'il fût jugé. Pour calmer les esprits, ou arrêta lankovski et un autre
général, qui avait commandé dans cette malheureuse journée, et Ton nomma un conseil de guerre. Cette nouvelle arrestation dérangea les plans de Skrzynecki. C'était déjà un chaos épouvantable; les germes de division que la faction diplomatique avait répandus à pleines mains, allaient porter leurs fruits. Le général en chef, qui avait pris part à toutes les querelles que cette faction avait suscitées, y ajoutait encore de nouveaux sujets de discorde. Il fit destituer Krukoviecki, gouverneur de Varsovie; il se brouilla avec les kaliszans , il chicana Czartoryski, applaudit au droit du bâton , fit observer par ses espions les membres du gouvernement , et se prépara à rompre avec le pouvoir qui ne pouvait approuver sa conduite. Comme membre du gouvernement , il ne venait jamais à ses séances; comme général en chef, il avait été placé par l'arrêté de la diète en dehors de toute influence du gouvernement national. Cependant, celui-ci crut de son devoir de lui représenter l'état des affaires pour rengager à rentrer en campagne , il lui fit même sentir la nécessité d'un conseil de guerre. Skrzynecki répondit avec aigreur et dans des termes inconvenants , surtout au sujet des efforts infructueux du président relativement aux négociations^car il espérait pouvoir mieux réussir. Afin de passer avec sécurité les deux mois que la diplomatie représentait comme le temps nécessaire pour amener un autre état de choses, il évitait de s'exposer aux chances d'une bataille, il faisait seulement faire la petite guerre à ses compatriotes dans la capitale, et ne pensait nullement à tenir tète à l'armée de Nicolas. Il recevait la nouvelle de la défaite de Gielgud et des insurgés en Litvanie et de leur entrée en Prusse, et il permettait à Tennemi d'inonder le reste du pays , qui, jusqu'alors , avait été à l'abri de Tinvasion , et de s'emparer de toutes les ressources qui pouvaient servir à prolonger la guerre.