Colimpv, revue des troupes
Skrzynecki, ne voulant point attaquer les ennemis malgré les cris du public, l'ardeur de l'armée qui ne demandait qu'à se battre, et la décision impérative du conseil de guerre,
3«5 RÉTOLCTION.
la diète résolut enfin d'intervenir. Hais au lieu de lui ôter sur-le-champ le commandement, elle envoya à Bolimov, où était alors le quartier-général , une commission chargée de pleins pouvoirs pour examiner cette affaire. Skrzynecl^i {tassait en revue les troupes réunies sur ce point et attendait toujours les dépèches : quand les commissaires arrivèrent, le hasard voulut qu'il reçut le même jour une réponse de Metternich, dans laquelle celui-ci rengageait à se rendre à discrétion. Toute la journée du 10 août se passa à Bolimov en diétines militaires, car on appela de ce nom les discussions des officiers supérieurs au sujet de Skrzynecki, en présence de la commission de la diète, laquelle finit par lui ô(er le commandement. Le gouvernement, que la diète venait d'établir, en vertu d'un nouvel arrêté qui l'autorisait à nommer les généraux en chef, confia à Dèmbinski le commandement de l'armée, pour trois jours seulement, pendant lesquels le gouvernement devait faire une autre nomination. Les généraux auxquels il s'adressait refusèrent leurs services dans cette crise difficile; au milieu de ces conjonctures, qui ne cessaient d'embarrasser le gouvernement , la revue des troupes eut lieu de nouveau. Skrzynecki, qui n'avait pas quitté l'armée, saisit cette occasion pour luiprésenter comme son successeur, le général Dèmbinski qui devait terminer la guerre d'après son plan, et, comme s'il voulait défier le pouvoir qui lui avait ôté le commandement, il communiqua directement cette nouvelle aux rédacteurs des journaux, avec le discours qu'il avait adressé à l'armée. Ce discours parvenu à Varsovie, dans la nuit du 14 au 15 août, fut déposé au gouvernement par tous les rédacteurs, comme preuve de l'insigne insubordination de Skrzynecki, et, bien qu'il ne fût pas publié, il parvint à la connaissance des habitants de la capitale, et contribua à soulever tous les esprits contre son auteur.