L'ordre et les lois
Par les soins de Vladislav-le-bref, les chemins furent purgés du brigandage. Il acheva différents règlements commencés par ses prédécesseurs. Il chercha à réprimer et à déraciner l'arbitraire et l'injustice qui partaient des privilèges particuliers et exceptionnels, cause principale de la décadence de la loi nationale. Il déclara qu'il maintiendrait seulement ceux qui étaient d'accord avec la loi nationale polonaise, commune, terrestre. Il entreprit de remettre en vigueur l'ancienne législation nationale pour les slachcic et les kmetons, les nobles ef les paysans. La loi étrangère, allemande, teutonique, municipale devait rester dans sa force pour les bourgeois et tous ceux qui les préféreraient. Ainsi, les personnes privilégiées durent se soumettre à une de ces deux lois et au jugement du roi dans leurs hautes instances. Lokéték parcourait tous les duchés, présidait luimême, paraissait aux assemblées provinciales appelées viéea; avec le concours des juges du lieu, il y rendait les sentences selon la loi terrestre. L'appel en dernier ressort de la loi municipale allait aussi au roi où il observait la loi teutonique. Toutes les sentences, tous les décrets rendus par Vladislav-lokéték étaient basés sur la justice. Il abolit un grand nombre de privilèges ; toutes les fois qu'ils furent contraires à la loi générale , il brisait de ses propres mains les sceaux, coupait ou déchirait les titres et les diplômes et en livrait d'autres en leur place. Il eut, à cause de ces privi^es, une contestation très-vive avec Nankier, évèque de Krakov, et s'emporta même jusqu'à le frapper. Nankier, offensé par cet emportement du roi, quitta l'évêché de Krakov et obtint
Pévèché de Vrotslav (26) . Cependant Vladislav-loké ték estimait le clergé et affermissait les fondations des ecclésiastiques, qui, par les privilèges dont ils jouissaient, lui suscitaient encore d'autres difficultés. Il voulut que tous les habitants nobles, slachcic, riches ou peu aisés, kmetons, paysans, bourgeois, sans excepter les ecclésiastiques, supportassent également les impôts , sans avoir égard aux conditions ni aux privilèges. Chaquç mesure de la terre dites vloka ou lan^ devait rapporter d'impôts fonciers, nommé lanovéon poradlné^ au moins 12 gros (9 fr. et 20 cent.). Les ecclésiastiques seuls n'y furent point assujettis. Cependant, lorsqu'ils voyaient les pressants besoins du pays, ils offraient volontairement des sommes considérables; ce qui procura à Yladislav-le-bref les ressources nécessaires pour soutenir la guerre contre les chevaliers teutoniques.
81. Tladislav-lokëték entreprend la guerre contre les ^chevaliers teutoniques.
Lokéték s'adressa souvent aux papes pour obtenir justice des spoliations et des brigandages commis par les chevaliers teutoniques. Plusieurs fois les papes leur firent intimer Tordre de rendre et restituer ce dont ils s'étaient emparés , mais Taudace et Teffronterie de ,ces moines armés étaient sans bornes; ils se moquaient des papes; sans honte ni vertu, peu leur importait Testime des hommes, encore moins la crainte de Dieu. Vladislav,<5onvaincu de leur impiété, s'apercevant qu'ils avaient fait alliance avec les markgraves de Brandebourg et le roi de bohème, qu'ils augmentaient encore leurs forces en faisant un appel général à la bannière de la croix, profanant impunément par ce moyen ce signe sacré, s'arma de son côté et chercha des alliances. La Litvanie , opprimée par les mêmes chevaliers , lui offrit une
(26) Alapsetiam coulumelia, quam a Yladislao Loketek, pro executione jiisUtUe et defensione juriam «cclesis suœ Cracovieosis constanlcr se opponens, patienter pertuiU Nankeras. Ideoque roinus cunctanter poetuialioni de se ad occlesiam Vralislavieasem (ann. 1326) facle consentit (Dlugoss. IX, p. 991; Yitœeppor. Yratisl. editio Sommersb., t. II, p. 166).
72 LÉGHIE EN PARTAGE.
alliée d'autant plus naturelle qu'elle était sa yoisine la plus proche. *