Accroissement de la Litvanie
A cette époque, après beaucoup de discordes intérieures, le trône de Litvanie passa dans la Camille de Lutuver. Son petit-fils, Gedimin, s'allia à plusieurs ducs russiens et gouverna non-seulement la Litvanie, mais encore un grand nombre de ducbés russiens ; on lui donnait le titre de duc ou de roi de Litvanie et de Russie. Ses cousins protégèrent les villes libres et surtout les républiques russiennes de Pskov et de Novogorod-la-grande. Tous les pays russiens étaient ainsi étroitement liés à la Litvanie, et Gedimin donnait des ducbés russiens à ses parents. Les ducs qui lui furent soumis pouvaient doter les boïars, c'est-à-dire les nobles russiens et litvaniens, de domaines dans leurs duchés respectifs, exigeant d'eux le service personnel. Gedimin seul se regardait comme souverain absolu et suzerain de toutes les terres dont il était lui seul propriétaire; tous les ducs et tous les habitants personnellement dépendaient de lui et lui devaient service public. La Litvanie fut donc une puissance féodale. Gedimin distribuait les fiefs à ses vassaux; la servitude féodale y était imposée sur les arrières-vassaux et sur toutes les classes d'habitants. Cet état était déjà très-étendu. A Torient, le seul duché de Ylodimir sur la Klazma ou duché de Moskovie ne reconnut point Gedimin pour son suzerain; il en fut de même à l'occident de celui de Halicz dont hérita Boleslav, prince deMazovie. Jetez les yeux sur la carte n^ 6 et vous y verrez l'immense étendue de l'empire croissant de la Litvanie.
83. ARiance avec la Litvanie, et guerre en eommim contre les chevaliers*
Gedimin pensait à embrasser le christianisme. A cet effet, il entama des négociations avec le pape, mais la méchanceté des moines armés le détourna de cette idée. Ils assassinaient les prêtres appelés chez lui à prêcher l'évangile, et leur faisaient essuyer mille autres outrages. Il négligea ses relations
avec le pape et saisit avec empressement Toccasion de conclure, en 1325, à Vilno, une alliance avec Vladislav-lokéték, où, sans abjurer la foi de ses pères, il trouvait un allié sincère. Il donna en mariage sa fille Anne-Aldone à Kazimir, fils de ce prince? 20,000 Polonais, prisonniers de guerre, furent délivrés. D'accord avec les Polonais, il déclara la guerre aux chevaliers teutoniques et à tous leurs alliés. Cette guerre fut soutenue plusieurs années avec acharnement sans qu'aucun des deux partis obtint de grands succès; des dévastations épouvantables et Tépuisement réciproque en furent la snite.'En attendant Vladislav-le-bref vieillissait et gagnait sa soixante-et-dixième année.
SU» Diète de Chènetny.
Vladislav se disposait à continuer la guerre, et, voulant mettre ordre aux affaires de l'état, il convoqua à Chènciny, en 1331 , une assemblée générale et solennelle , les grandes viéca, la diète, le ziem ou seim. Ce fut la première diète générale où la nation agit par sa représentation. Tous les sénateurs, les chanceliers de plusieurs duchés, les membres des magistratures locales, les seigneurs se réunirent en une seule chambre. Le vieux roi, blanchi sous le poids des revers et des fatigues, se dépouille de son armure , prend le manteau et les insignes royaux et se place sur son trône afin de présider aux conférences de la diète. On y adopte des lois auxquelles devaient être soumis également les habitants de la grande et delà petite Pologne et d'autres provinces et duchés, comme faisant partie d'un même état, sous un même chef; on y avise aux moyens de défense; on y décide un impM général. C'est ainsi que Yladislav^^le-bref délibéra et prononça sur les affaires de l'état, non-seulement avec les sénateurs, comme c'était la coutume jusqu'à ce jour, mais conjointement avec les prélats, les barons et les nobles, slachcic.