Guerre de Prusse avec les chevaliers teutonlqnes
Les Prussiens firent ainsi naître une guerre avec les chevaliers teutoniques qui dura plusieurs années et désola leur malheureux pays. Les états de Prusse et la noblesse de Pologne firent tous les sacrifices nécessaires afin de soutenir vigoureusement et achever avec succès le combat opiniâtre qui durait depuis douze années. La Litvanie, par ses tracasseries et ses hostilités contre la Pologne (39), fut une des principales causes de la durée trop longue de cette guerre où les Polonais étaient dépourvus d'un bon général. Cette guerre se bornait à des irruptions réitérées qui cessaient chaque année à la fin de la belle saison. Le noble ordre équestre arrivait de différentes provinces par des levées partielles et se battait avec courage , mais à l'approche de l'hiver, les uns désirant revoir leurs parents et leur famille, les autres leur femme et leurs enfants et ceux qui leur étaient chers désertaient le cbamp de bataille pour rejoindre leurs foyers. Les armes à feu avaient déjà été inventées et l'on se servait de l'artillerie. Comme elle n'effrayait guère la bravoure de la noblesse , cette dernière négligea son exercice. Kazimir, à la manière des autres états de l'Europe, avait à sa solde des soldats bien disciplinés, tous étrangers, la plupart de Bohême, qui formaient une bonne infanterie et une artillerie très-habile. Cette petite troupe appuyait les irruptions de la pospolite de l'ordre équestre. Les chevaliers teutoniques, de leur côté, secourus par les Allemands, se trouvaient en force égale. Pendant cette guerre d'escarmouches et de petits combats acharnés, où l'on dévastait et incendiait les possessions ennemies, où Von prenait et reprenait les places fortes et les villes, la Prusse tout entière fut terriblement ruinée. Enfin, le traité de Thorn, en 1466, mit un terme à ces ravage '^^r^iproques. La partie de l'ancienne Poméranie de Dantzik, la Varmie et le palatinat de Culm furent restitués à la Pologne et se réunirent à elle j les chevaliers teutoniques restèrent en possession d'une partie de la Prusse {proprement dite, pour laquelle le grand- maître de leur ordre, comme vassal, devait rendre hommage au roi de Pologne.
(3t)) Voyez la note il, d-dostoas, ati chapitre I tO.