Histoire nationale. Langue polonaise
Le roi aimant les études, sachant en apprécier l'importance, donnait une grande impulsion à la culture des lettres et des sciences, et à tout ce qui pouvait contribuer à propager les lumières. Bien que les coutumes françaises se mêlassent aux habitudes nationales, bien qu'on lût un grand nombre d'ouvrages français , la nationalité et la langue polonaise, n'obtinrent pas moins de chaque citoyen une prédilection et un soin tout particulier. On s'appliquait à rechercher les faits nationaux, et le roi désirant voir les fastes de la nation éclaircis et bien expliqués , chargea Naruszevicz de donner tous ses soins à la rédaction de l'histoire du pays. Plusieurs auteurs s'occupèrent aussi d c l'histoire nationale. Au lieu de l'ancienne coutume de mêler le français où le latin au polonais , on reprit dans la conversation l'usage exclusif de la langue polonaise, pure
et correcte. A la cour, comme dans les sociétés particulières, la langue se perfectionnait et devenait sous la plume d'écrivains nombreux et habiles , plus polie , plus gracieuse. On avait plusieurs poètes célèbres, Krasicki , Trembecki. La tribune des deux chambres, était illustrée par des talents oratoires et un langage mâle et plein de dignité. La même perfection prédominait dans la rédaction des actes publics. Les sciences dans les écoles étaient enseignées en langue nationale. On y enseignait le latin, mais avec une méthode déjà plus facile et plus fructueuse, et on y traitait des connaissances variées. La commission d'éducation qui organisait les écoles séculières , pour donner un plan d'éducation , trouvait un grand appui dans le zèle des piaristes. Le principal objet de l'instruction était de former des citoyens vertueux et utiles à leur patrie. Ces écoles produisirent en efTet plusieurs hommes devenus capables de bien servir la république, et leur nombre s'accrut de jour en jour. La Pologne ayant augmenté ses forces, animée d'un nouveau sentiment, se prépara à de nouveaux efforts.