‹ Histoire de Pologne (volume 2)Chapitre 224 sur 274 · INSURRECTION · texte numérisé non relu

INSURRECTION

pour l'engager à se servir de son pouvoir discrétionnaire, pour faire punir les perturbateurs : le grand-duc leur répondit qu'il ne voulait pas se mêler dans la querelle des Polonais , et sortit de la ville. Le ministre des finances réunit alors le conseil d'administration , et appela à y prendre place les princes Adam Czaztoryski et Michel Radzivill , ainsi que Niemcévicz et Kochanovski , jouissant d'une grande considération publiquequ'ils devaient à leur âge et à leur mérite, et il essaya d'apaiser l'insurrection par une proclamation publiée dans la nuit, laquelle révolta tous les esprits. Au point du jour, soit peur, soit qu'il comprit mieux la nature du mouvement , Lubecki entra dans les vues des insurgés, et commença à faire des concessions à la révolution. Le conseil d'administration , changeant de caractère , allait se dissoudre, parce que plusieurs de ses membres, repoussés par l'opinion publique, se retiraient. Lubecki , afin de lui donner plus d'activité , dans le sens de la révolution, appela à partager ses travaux, Léon Dèmbovski, sénateur castcllan,et trois nonces, Gustave Malachovski, Vladislav Ostrovski et Joachim Lelevel , qui , pendant la dernière session, avaient présidé les commissions de la diète.

Ub. Incertitude le lendemain Uc la révolution. (32).

Le grand-duc Constantin, le lendemain, avait avec lui toutes les troupes russes, au nombre de huit mille hommes, trente canons, beaucoup de munitions et quelques détachements de Polonais; il campa dans les allées et huis les murs de Varsovie. Modlin, qui renfermait toutes les munitions de guerre, avec une garnison composée moitié de polonais, moitié de russes, n'avait de communication, ni avec le grand-duc, ni avec la capitale. Les insurgés, à VarïOvie, n'avaient que quatre mille hommes de troupes et trèspeu de munitions. Les mais, ns et les boutiques étaient

'32) Charles lleffmann, la grande semaine des Polonais; Paris, 183!. Louis Mieroslovski, lablcau de la première époque de la révolution de Pologne; Besançon, 1S33.

fermées, le peuple avait pris, à l'exemple des militaires, la cocarde tricolore, (amarante, blanc et bleu); muni de toutes espèce d'armes, il faisait grand bruit dans les rues, en tirant en l'air et répandait l'épouvante dans le camp ennemi et au quartier-généraldu grand-duc. Le général Chlopicki, appelé par le conseil d'administration au commandement de l'armée, se cachait sans qu'on pût le trouver, et pendant que l'armée était sans chef, le conseil attendait des nouvelles des palatinats et des régiments cantonnés loin de la capitale. Le conseil, sans désavouer Nicolas , passait sous silence son nom ; cependant il était facile de voir qu'il ne voulait pas rompre irrévocablement avec lui. Les proclamations publié, s au nom du conseil , avaient pour but d'inviter les habitants à se calmer, à rentrer dans l'ordre, mais il fut impossible d'obtenir des princes Czartoryski et ltadzivill , et de ceux qui suivaient leurs avis, de rien publier au nom et dans l'intérêt de toute la nation. Il y eut des personnes qui , s'apercevant de la mauvaise direction qu'on imprimait à la révolution , en prévoyaient les suites funestes. Dans le club formé le premier décembre, des plaintes menaçantes s'élevèrent contre les personnes princières, et contre Chlopicki, qu'on signalait à la méfiance publique : mais ces justes accusations, n'étant appuyées par aucune démonstration active, restèrent sans effet, et le conseil d'administration continuait à délibérer sans obstacles.

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