Traite de Oniezoo
Les Allemands furent étonnés des richesses et de la prodigalité du roi de Pologne. Otton lui-même s'apercevant, que la réalité surpassait tout ce qu'il avait entendu dire de Boleslav et saisi d'étonnement, tint conseil avec les seigneurs de sa suite, déjà gagnés par la munificence du roi polonais, surlamanière dont il devait traiter un si riche et si puissant prince: on décida, qu'il serait très- inconvenant de lui donner le titre de comte ou de marck-grave et de le considérer sujet à l'empire. Or donc, un jour que tout le monde était réuni au banquet, Otton éprouva une telle satisfaction qu'il la témoigna en ôtant de sa tête, sa propre couronne impériale, et en la posant sur la tête de Boleslav comme un gage de l'amitié et de la fraternité qui devait exister désormais entre les deux monarques. Ensuite, il fit avec Boleslav, un traité par lequel il le reconnaissait comme roi de Pologne, son allié et défenseur de l'empire; il le délivra de toute sujétion et dépendance envers les rois ou empereurs allemands qui ne devaient à l'avenir gêner l'indépendance des possessions de Boleslav ni entraver aucune acquisition qu'il ferait
26 POLOGNE CONQUÉRANTE
en Slavonie. Par le même traité, il lui remit tout son pouvoir sur la hiérarchie nouvelle qu'il venait de fonder. Ce traité fut ratifié par le pape. S'appuyant sur ce traité, bientôt après Boleslav érigea Lubusz en évêché qu'il mit avec celui dePosen, sous la dépendance de l'archevêché de Gniezno; plus tard, Mieczislav II son fils, fonda encore l'évêché de Kuiavie.