DES CZARTORYSKI
intrigues de la coar de Pétersbourg, à la demande du chancelier russe Bestujev, envoya en 1757, en caractère d'ambassadeur ou ministre plénipotentiaire de la république, le jeune Stanîslav-Auguste Poniatovski, et comme ce jeune homme ne possédait encore aucune qualité civique pour remplir une aussi haute mission, Brûhl le décora de Tordre de Taigle blanc . En effet ilrepar ut àPétersbourg afin de continuer ses assiduités auprès de la grande duchesse et préparer sa , propre destinée, La chute et Texil de Bestujev furent suivis du rappel de Poniatovski. En attendant, les préparatifs de la famille avançaient, et on jugea qu'il était temps de rompre avec le ministre Brûhl. La famille, pour faire agir de droit le ministre saxon dans la république, en 1749, avait inventé un procès dans lequel Brûhl prouva devant un tribunal par de; généalogies inventées, qu'il descendait de la maison d'Ocieszin, qu'il était par conséquent noble et citoyen de la république : sous ce titre il servit aux vues de la famille. Mais lorsque la rupture fut arrêtée, à la diète de 1762 , Stanislav- Auguste Poniatovski entrant pour la première fois dans la chambre des représentants comme nonce de Mielnik, empêcha l'ouverture de la séance à cause de la présence de Brûhl fils, élu nonce de Varsovie. Sur ce mot les sabres sont levés de part et d'autre. Kazimir Poniatovski, nonce de Belz, frère aîné du premier, crie qu'on fait violence à la chambre. Le tumulte et la querelle s'échauffent de plus en plus; enfin Szimakovski , nonce de Ciechanov, intervint avec son veto et rompit la diète. Le palatinat de Mazovie garantissait à cette occasion la légitimité de la noblesse de Brûhl, appuyé par une partie de la Litvanie, conduite par Radzivill. Mais les Czartoryski soulevèrent une autre partie de la Litvanie qui protesta contre la noblesse controuvée du ministre, déclarant que c'était inouï pour un étranger d'avoir un indigénat ou annoblissement par un décret du tribunal.
il. Les Czartoryski Implorant Tassistance de la Bnssie.
Dans la même année des événements importants se suivirent à Pétersbourg. L'impératrice Elisabeth mourut : Pier relll, devenu empereur, conclut un traité avec Frédéric II
roi de Prusse, où Ton stipulait de placer sur le trAne de Pologne, après la mort d'Auguste III, un Piast, c'est-àdire un indigène, et de protéger les dissidents; Tempereur s'était réservé de disposer lui même de la Kourlande, où la Russie allait réinstaller le duc Ernst Biron, qui revenait de son exil de Sibérie. Cette alliance inspira de vives craintes aux Polonais. Ces craintes redoublèrent ^ à Tavénement au trône de Catherine II, qui prenant la couronne après l'assassinat de son mari, ratifia les bases de cette alliance, et bientôt, dans un autre traité, le 21 avril 1794, ces deux puissances despotiques, par un article secret, s'engagèrent mutuellement à maintenir la république de Pologne dans sa libre élection et à conserver sa constitution et ses lois fondamentales (12). C'est auprès de cette impératrice que les Czartoryski cherchèrent un appui, pensant tromper sa vigilance , et se servir adroitement de ion assistance pour arriver à leur but. Le roi Auguste 111 avait quitté la Pologne pour se rendre à Dresde en Saxe. Les dissensions entre les partis, qui s'envenimaient depuis
(12) Cet article secret portait : « Comme il est de ïintérél de sa majesté le roi de Prusse et de sa majesté Timpéralrice de toutes les Russies d'employer tous leurs soins et tous leurs efforts pour que la république de Pologne soit maintenue dans son état de libre élection, et qu'il ne soit permis à personne de rendre ledit royaume héréditaire dans sa famille , ou de s'y rendre absolu , sa majesté le roi de Prusse et sa majesté impériale ont promis et se sont engagés mutuellement et de la manière la plus forte, par cet article secret, non-seulement à ne pohU [ji^rmettrc que qui que ce soit entreprenne de dépouiller la ri'^jmblîquc de son droit de libre élection, de rendre le royaume hérédiinùie ou de s'y rendre absolu, dans tous les cas où cela pourrait arriver , mais encore à prévenir et à anéantir par tous les moyens posi\h]f^5 e\ d'un commun accord , les vues et les desseins qui pourraient tcndR' à ce but, aussitôt qu'on les aurait découverts, et à avoir même, en i:i& de besoin, recours à la force des armes pour garantir la république du renversement de sa constitution et de ses lois fondamentales. Ce prissent article secret aura la même force et vigueur que s'il ^lail iji^L^r^, mot à mot, dans le traité principal d'alliance défensive flgné aujourd'hui. Fait à Pétersbourg, le 11 avril (31 mars v. s.)