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longtemps, se manifestèrent après son départ avec plus de vivacité, à l'ouverture du tribunal de Litvanie. En cette circonstance, Timpératrice déclara, qu'elle ferait entrer ses armées en Litvanie pour empêcher qu'on ne troublât les travaux du tribunal; elle exigea aussi que le roi lui rendit compte de son règne, comme à la protectrice des libertés de la république.
12. Les Russes entrent en Litvanie, projet de détrônisation, mort d'Auguste IIL
Les troupes russes, allant alorsdelaRourlande en Ukraine, prirent le chemin le plus court qui passait au milieu de 1^ Pologne. Elles s'arrêtèrent en Litvanie. Tout le monde put deviner facilement par la marche de cette armée, commencée sans but certain, qu'elle était disposée à seconder les vues de Gzartoryski. Le bruit courait que pour atteindre au plus tôt son but, la famille se proposait de détrôner le vieux monarque. La confédération projetée par ses partisans, pendant la reprise des travaux du tribunal de la couronne, en octobre 1763, à Piotrkov, semblait conQrmer ce bruit et présager une guerre civile : car le sang avait déjà coulé dans les élections et les partis s'assemblaient en armes , fortement déterminés à soutenir leur cause par la force. Les bruits couraient aussi que pour réaliser leurs projets > les confédérés voulaient, chose inouïe dans les fastes du pays, égorger leurs adversaires rassemblés à Piotrkov. Dans cette effervescence générale des esprits, arriva la nouvelle de la mort du roi, qui, frappé d'une attaque d'apoplexie, le 4 octobre 1763, finit un règne de trente ans, pendant lequel il éprouva des chagrins continuels. Cette mort changea la position des partis; le tribunal n'avait plus de force, l'interrègne commençait. Les rumeurs cessèrent, on pensait à l'élection du roi et les Gzartoryski entrevoyaient une occasion plus favorable à leurs desseins. Cependant ils rencontrèrent de nouveaux obstacles qui entravèrent leur marche et les forcèrent à ne pas développer complètement Wrs plans.
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iZ* Dlôte de convocation rompue eni76/i»
Aussitôt que le primat dn royaume, Vladislav-Alexandre Lubienski, en qualité d'inter-rex ou vicaire de la république pendant Finterrègne, eut déterminé l'époque de la réunion de la diète de convocation , l'armée russe, commandée par le prince Dachekov, se rapprocha de la capitale où se tenait l'assemblée. Les ambassadeurs russes, le comte Herman, Charles de Keiserling et le prince Nicolas Repnine, présentèrent leurs notes diplomatiques, le 4 mai 1764, et le 7 la diète tint son ouverture. Le parti de Czartoryski, et celui des républicains à la tête desquels se trouvaient Jean Clément Branicki, hetman de la couronne et castellan de Krakovie, et Charles Radzivill, palatin de Vilna, se réunirent sous les armes. Le parti républicain, avec une poignée de soldats de l'armée de ligne, que le hetman put retenir auprès de lui, ne comptait que quelques milliers d'hommes, secouru d'une faible somme d'argent, que l'électeur de Saxe leur avait envoyé. Cependant ce parti était plus nombreux et plus fort que celui de la famille. Les troupes de la république comptaient 6000 hommes; celles de la Russie 8000; les premières étaient renforcées par de plus nombreux contingents des particuliers,. de Radzivill, de François de Sales Potocki ; le renfort de la famille donné aux Russes n'était pas de ce nombre. Mais le parti républicain ne formait qu'une opposition pacifique quoique menaçante, n'ayant aucun but arrêté et comptant sur les formes légales; l'autre parti s'était tracé un plan et un but déterminé; il était agresseur, prêt à se porter aux dernières violences et à fouler aux pieds les formes et la loi, appuyé de la coopération étrangère. Le 7 mai, les environs et l'intérieur de la capitale, le château royal, les chambres dés délibérations furent encombrées dîiommes armés de ce parti, tous portant les cocardes de la famille, couleurs rouge, blanche et verte. On n'y comptait que huit sénateurs, et un petit nombre de nonces, qui défilèrent, avec leurs nombreux cortèges armés, entre les lignes russes et envahirent les chambres de rassemblée. L'ancien maréchal de la diète, le vieux Adam Nalencz,Malachovski,écuyer-tranchantde la couronne, nonce de Sier^dz, devait déposer le bâton de sa dignité, mais
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arrivé après une longue attente au milieu de rassemblée, il garda le silence et ne crut pas devoir lever le bâton avant que les armées étrangères eussent quille la capitale. Cette fermeté du maréchal, avait été concertée avec Fintrépide André Mokronoski , nonce de Bielsk , qui au nom des représentants absents fît insérer dans les actes le manifeste, signé par vingt-deux sénateurs et quarante-cinq nonces , contre la honteuse violation de la liberté des délibérations publiques, contre la tenue de la diète de convocation en présence d'une armée étrangère et sans le concours de la noblesse de Prusse qui n'avait pu envoyer ses nonces à cause de la violence d'un détachement russe stationné à Grudziondz; usant donc du droit de veto lui Mokronoski, empêcha la marche de la diète par son veto. On en demande la cause? Mokronoski répond laconiquement, « Moskou est sur notre dos, je suis nonce, je possède le liberum veto. » Dans l'instant on prit les armes; à deux reprises les pointes des sabres se croisent sur Mokronoski, mais ni lui ni le maréchal ne paraissent effrayés. Ils préfèrent plutôt être victimes et mourir libres que de se faire les instruments de l'humiliation de leur patrie. Enfîn Malachovski quitte sa place et emporte avec lui le bâton de maréchal. Alors le tumulte s'accroît, d'horribles clameurs se font entendre, menacés par mille glaives, et toujours inébranlables dans leur résolution, les courageux Malachovski et Mokronoski sortent de la salle et de l'enceinte du château, traversant la foule stupéfiée , qui leur ouvrit un libre passage. Mais lorsque la diète fut dissoute avec toute la solennité et selon toutes les formes voulues par la loi, l'autre parti ne trouvant plus d'opposition, proclama maréchal de la diète de convocation le prince Adam-Kazimir Czartoryski, staroste général de Podolie et nonce de Krakovie, fils d'Auguste, palatin de la Russie-rouge.
i^i. Gonfédôraton des Czartoryski ; le parti républicain saccombe, 1764*
Le parti républicain se proposa de quitter Varsovie dans l'espérance de faire insurger la nation contre l'illégalité et la violence, de réunir une autre diète et d'agir légalement. Cette
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décision remplit de joie les Gzartoryski. Ils ouvrirent dans leur camp et dans le camp rosse un libre passage auxchefs, à tousles représentants qui voulaient s'éloigner, à leurs adhérents, bagages et force armée, qui défilèrent jusqu'à Piaseczno, où ce monde se divisa : Branicki, Kadzivill et François Potocki, chacun prit une direction différente. Ceux au contraire qui composaient la diète prirent des mesures plus efficaces pour parvenir à leur but, ils créèrent dans la capitale une confédération à Feffet d'assurer la durée des séances et d'empêcher leur rupture. Elle se renforça encore lorsque celle de Litvanie, déjà formée au mois d'avril, ayant à sa tète Michel Brzostovski, grand écuyer du duché, très-opposé aux vues de Radzivill et lui occasionnait toute sorte de préjudice, se fut réunie à la confédération de la couronne. Le piince Auguste Czartoryki fut nommé par la diète commandant de la force armée, sous le titre de régimentaire, avec ordre de poursuivre le parti républicain et son chef, le hetman Branicki, qui comme Radzivill allait être dépouillé de sa dignité. Branicki, harcelé sur les chemins de Lublin, Sambor, Dukla, par les troupes russes, et les confédérés; ne trouvant pas les forces que ses partisans devaient réunir, petit à petit abandonné par son armée, se retira en Hongrie, confiant les débris de ses forces, au nombre de 600hommes,au majorJosephZaremba, qui pendant six semaines sut déjouer les poursuites des russes; jusqu'à cequ'il reçut ordre du hetman de se soumettre. Radzivill n'ayant pas assez de moyens pour résister à l'armée de ligne, se vengea de la perte de sa forteresse de Niesviez, par le pillage de Terespol, ville appartenant à Fleming, beau-frère de Gzartoryski; ensuite il livra le 20 juin, près de Slonim, un conibat contre les Russes commandés par Dolgorouki ; se croyant vaincu, il partit sur-le-champ pour l'étranger .FrançoisPotocki chercha à s'accommoder avec les Gzartoryski. Les autres Potocki, incapables de résister, tombèrent entre les mains des vainqueurs.
\b Les lois décrétées & la diète de convocation, i76A.
La diète de convocation en établissant dans ses séances ultérieures des commissaires militaires et du trésor, réussit à restreindre le pouvoir des hetmans et des grands-tréso-
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riers; elle parvint à établir que les affaires de finanee, d'économie et de justice , seraient désormais décidées à la majorité des voix et que si la diète venait même à être rompue par le veto, ses décisions une fois adoptées auraient force de loi. Cette mesure mit une certaine limite au veto, mais on ne réussit pas à Tabolir comme on se le proposait parce que les ambassadeurs des puissances voisines s'efforcèrent de le conserver. Il faut encore observer que ce n'est que par artifice que les Czartoryski surent éluder l'opposition étrangère et parvinrent à modifier la force du veto et à augmenter le pouvoir royal en instituant les commissions souveraines qui voilaient leurs desseins. Ils déguisaient leurs règlements particuliers sous des expressions générales; ils firent décider que tous les projets qui se rapporteraient au profit de la république devraient être proposés par les commissions, et décidés avant tout parla forme judiciaire, ce qui voulait dire à la pluralité des voix, et par une décision anticipée à laquelle la rupture pouvait porter atteinte (13). Ils firent une multitude d'autres règlements concernant l'administration, la police, le droit d'asile, le clergé ; et établirent des lois favorables aux paysans, qui restreignaient l'autorité excessive de la noblesse ; la peine de mort fut portée contre le seigneur qui tuerait un paysan. Dans les derniers jours de la diète de convocation, on profita de l'absence de tous les députés de la province de Prusse, pour dépouiller cette province des prérogatives qu'elle s'était réservées en s'unissant à la Prusse. On limita le nombre des députés aux diètes; il ne devait y avoir à l'avenir que douze nonces (14); en même temps
(13) Les Czartoryski étaient môme accusés de fraudes législatives : On signa une ordonnance ou règlement à porte clause ; et on s* engagea sous la foi publique et le sceau du serment à ne point révéler ce qu'il contenait , on les déposa dans les archives de la république et en l'indiquant dans les codes des lois , on dit seulement : Secundum scriplum porrectum. Yollà , ajoutait Tabbé Mably (du gouv. de Pol. ehap. 11), un moyen tout trouvé et trés-commode , pour faciliter les opérations des réformateurs.
(14) Le nombre des nonces de la province prussienne fut bientôt Océ à 38.
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les grandes villes, furent rendues en quelque sorte dépendantes de la volonté du roi. De cette façon, on exerça sur la province de Prusse le pouvoir législatif qu'elle avait 1© droit d'exercer elle-même. La proposition hardie portantqu'à rélection, au lieu de laisser chaque noble donner son vote, i^ convenait mieux de choisir parmi la noblesse les députés, électeurs autorisés, fut rejetée. Cependant il devenait facultatif aux palatinats d'arriver à l'élection, viriti m c'està-dire en masse, ou d'envoyer un certain nombre de réprésentants, tel qu'on voudrait le choisir. Ce fut à cette diète que la république reconnut les titres d'empereur de Russie et de roi de Prusse. Le 23 mai les ambassadeurs de Catherine II, Kayserling et Repnine, et le 27, celui du roi de Prusse, le prince Carolat, comte de Schonaich, assurèrent par des déclarations solennelles, que la reconnaissance des titres de leurs monarques ne pourrait aucunement être préjudiciable à Tintégrité des possessions de la république. La ratification de ces engagements de la part de la Prusse, eut lieu bientôt après, pendant la durée de U diète de convocation ; et celle de la part de la Russie fut donnée à l'époque de la diète d'élection. La diète de convocation, en terminant ses travaux, prolongea Vexistence de la confédération qui devait assurer la non-interruption des séances des diètes suivantes, et les confédéré^ proclamèrent à l'unanimité, pour leur maréchal, le prince Adam-Kazimir Czartoryski.