Election, 176'i
La diète d'élection, fut commencée le 27 août sous la présidence de Joseph Sosnovski, greffier de Litvanie. Les armées russes s'éloignèrent de Varsovie à la distance de trois ou quatre milles. Les cours de France, d'Espagne et de Vienne recommandaient préalablement l'électeur de Saxcomme candidat à la couronne (15)5 mais leurs -ambassae
(15) Catherine II dissuadait bien franchement l'électeur dépenser h la couronne , en lui mandant dans sa lettre confidentielle : « Qu'elle lui conseillait» en véritable amie, de ne pas exposer ses intérêts dans
I' une affaire , dont l'issue ne saurait répondre à ses vues. » — L'électeur
I mourut le 15 décembre 1763.
DES CZÀHTORYSKf. 27
deurs, mécontentes de Tinsolence du parti prédominant, à l'exemple de celui de France le marquis de Paulmy d'Argenson, s'éloignèrent de Varsovie, et le parti Saxon, tomba bientôt, d'autant plus facilement que Téiecteur de Saxe quelque temps après la mort de son père Augustellî, décéda aussi, laissant pour successeur son fils dans Tâge de minorité. Sur le champ d'élection il n'y avait plus de parti de la cour, le parti Saxon ou républicain était déjà dispersé. Les insinuations des cabinets de Pétersbourg et de Berlin avaient toutes leurs forces; ces deux cours proposaient d'accord l'élection d'un des Piast, et nommèrent particulièrement Stanislav-Auguste Poniatovski (stolnik) écuyer de la table du grand duché, comme candidat unique. Bien ne parlait pour lui, disait-on ; cependant, le souvenir des relations entre Leszczinski et son père, la haute position à laquelle par ses capacités s'était élevé son parent, sa parenté avec la maison des Gzartoryski, plaçaient le nom de Poniatovski au niveau des notabilités qui pouvaient ambitionner le trône et compter des partisans à cet effet. Lui-même, nonce pour la seconde fois à la diète, honoré de l'ambassade à Pétersbourg, il se trouvait déjà dans une position à laquelle on arrivait avec beaucoup de peine après avoir rendu certains services à sa patrie. On ne savait pas quels services Stanislav-Auguste ava i rendusà la république, mais on savait que par son libertinage et la dissolution de ses mœurs il avait gagné les faveursde la tzarine, qu'en récompense elle lui avait promis la couronne et qu'elle avait écarté tous les autres candidats et ne présentait que ce seul. Leparti de Gzartoryski se résigna à l'accepter; il espérait que les princes dirigeraient leur neveu, et celui-ci promit de se conformer aux vœux deses oncles. Il n'y avait donc aucuneopposition, aucune difficulté, aucune distraction : il eut tous les suffrages; tous lespalatînats adhérèrent à cechoix, et il fut effectivement, le 7 septembre 1764, élu unanimement roi. L'impératrice Catherine Il eut la satisfaction d'avoir donné son roi à la république; elle y établit toute sa prépondérance et sa suprématie, car elle savait qu'elle pouvait compter sur la docilité de son ancien amant. Le lendemain , le nouveau roi reçut dans le château les félicitations des ambassadeurs
de Russie et de Prusse, des ministres résidents d^Anglëterre, Wtoughton, et de Danemark, de Saînt-Saphorin ; les hommages des états de Kourlande, ainsi que les compliments de plusieurs seigneurs polonais. Le 13 septembre, il prêta 'e serment sur les pacta conventa, et le 15, les cours de Pétersbourg et de Berlin lui firent présenter une note officielle, déclarant leur intervention en faveur des dissidents.