Diète du couronnement , mécontentement
Jusqu'ici, malgré plusieurs obstacles, les entreprises cour ageuses de Michel, d'Auguste et d'Adam Gzartoryski leur réussirent avec un certain succès. La diète du couronnement devait consolider leur œuvre. Le couronnement et le sacre du roi, avec toutes les cérémonies d'usage, eut lieu le 25 novembre, à Varsovie, contre l'habitiide qui destinait Krakovie pour toutes ces solennités. Le nouveau roi parut dans un costume théâtral au lieu de prendre Thabit national. On savait qu'il dérogeait à Tusage, pour ne pas se priver de sa chevelure, l'opinion réprouvait hautement cette fadaise. La diète, qui se tenait à l'occasion de cette cérémonie, fut ouverte ie4 décembre par le maréchal Hyacinthe Malachovski, staroste de Piotrkov. On y ratifia les décisions prises par la diète de convocation , la diminution du pouvoir des hetmanS y fut mise à exécution. Cette disposition blessa les intérêts des Massalski, dont la famille possédait cette dignité en Litvanie et occasionna le mécontentement d'une grande partie de cette province. On établit à la même diète , un tarif sur les marchandises importées, et l'on entendit prononcer le mot de contrebande , inconnu jusqu'alors dans la république. Ces règlements nouveaux devinrent une source de protestations et produisirent une sensation pénible dans tout le pays. A la même dièt^ du couronnement, la charge de chancelier ou garde-des-sceaux de la couronne, se trouvant vacante par la mort de Jean Malachovski , le roi la donna à André Zamoïski, palatin d'f novroclav et chef du majorât de sa famille. Cette nomination fut applaudie; mais la distribution des sceaux de vice-chancelier à André Mlodzieiovski et
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AntoinePrezdzieckifutrobjetd'uiieassez grande réprobation. A la même diète encore les frères du roi obtinrent ie titre de princes. Une semblable élévation devenait conforme à la nouvelle réforme. L'opinion accepta cette élévation avec indifférence (16). L'affaire des dissidents fut remise à la diète suivante.
iS. Le mécontentement grandit et de nouvelles dlfllcultéft surgissent.
Le parti contraire, retiré de la scène politique , n'excitait plus aucun obstacle; les institutions nouvelles, sanctionnées et mises à exécution, paraissaient devoir amener un changement décisif dans les affaires de la république, et l'on crut avoir atteint le terme de la révolution : cependant les créateurs du nouvel ordre de choses étaient loin de voir la métamorphose consommée d'après leur plan. En attendant, surgirent de nouvelles difficultés et bientôt ils se trouvèrent dans un labyrinthe inextricable avec des forces épuisées. Ces forces et les ressorts qu'ils avaient à leur disposition , entrèrent sous la direction du roi, mais le roi n'avait pas assez de fermeté pour s'opposer avec vigueur aux exigences russes, ni assez d'énergie, ni de disposition pour seconder les Gzartoryski . Ils se virent dépouillés de ces ressources qui avaient fait grandir leur action; ils virent que l'opinion contraire à leurs idées et à leur influence gagnaient tous les jours. Ebranlant les fondements de l'ancien système, sans pouvoir consolider le principe nouvellement inventé, ils blessèrent grand nombre de susceptibilités de familles puissantes de Tordre équestre , même delà nation entière et de toutes les classes d'habitants. La mésintelligence s'animait sourdement , les esprits s'irritaient et leur ouvrage allait bientôt s'écrouler. Déjà au moment du couronnement on avait pu observer l'absence de plusieurs mécontents. Le mécontentement des autres se déclarait de jour en jour avec moins de réserve. On déplorait la perte des prérogatives quelquefois mal comprises. On se
(16) Un Sobieski , un Leszczinski furent rois et aucun dei Sobieski ni des Leszczinski ne fut élevé au titre de prince.
3i CONFÉDÉRATION
du comte Colorédo, la cour de Vienne lui fît parvenir m congratulation et plus tard les autres puissances suivirent le même exemple. Il envoya Alexandrovicz en ambassade à Con^antinople; à Paris, Adam Poninski, staroste d'Ustrzica, et Félix Loïko, chambellan de sa cour. Il est vrai qu'avant l'élection, à la dièle de convocation, une illégalité avait été commise, mais elle paraissait avoir été aplanie et écartée par une entière adhésion de la nation, par les travaux de la confédération non-interrompus pendant trois séances consécutives, sans qu'aucune autre confédération se fut déclarée contre elle. Les membres du parti de l'opposition retournaient dans leurs pays. Le hetman Branicki revint résider à Bialystok; Mokronovski, les Potocki reconnurent Stanislav- Auguste pour roi; et ses oncles se réconcilièrent avec lui. Voyant la bonne intelligence se rétablir entre les personnages les plus distingués et inviolablement attachés au bien-être de leur patrie, on devait augurer pour la nation la jouissance durable de la prospérité. Stanislav -Auguste ayant commencé son règne sous des auspices si brillants crut devoir lui donner encore plus déclat, par une alliance monarchique en épousant une des archiduchesses d'Autriche. Mais ce projet n'eut pas de succès, l'archiduchesse fut réfusée au roi parvenu, sous des augures sinistres; et le cabinet de Pétersbourg fut blessé par cette défection du favori de son impératrice.