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La Russie envenime le mécontentement

Cependant une sourde fermentation couvait sous la cendre et devait éclater un -jour. Chaque pas fait en avant hâtait une terrible catastrophe. Les projets et l'activité du roi faisaient ombrage aux cours voisines. Le mécontentement des factions s'exbalail par des plaintes contre l'établissement du tarif, contre la commission militaire, contre Repnine , contre les Czartoryski et contre le roi. On se plaignait de la soumission de ce dernier aux ministres étrangers. Les soins et les sollicitudes qu'il prodiguait pour le bonheur du pays ne furent point appréciés, mais furent représentés sous un point de vue défavorable. Ses efforts, signalés

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par an zèle sincère à Tefièt de maintenir les lois et la sûreté intérieure trouvaient, même auprès des citoyens les plus vertueux autant d'opposition que de mécontentement. On comptera parmi ses adversaires et ses ennemis à plus forte raison ceux qui , en appréciant fort légèrement les avantages publics, se déclareront contre lui, et parmi ses amis ceux qui n'hésiteront pas à le trahir. Repnine envenimait les mécontents, proférant lui même des plaintes contre le roi, il encourageait les esprits remuants et leur faisait espérer de trouver un appui auprès de l'impératrice, déjà , comme on le savait, également irritée contre ce roi infldèle. Effectivenent, on portait de tous côtés des plaintes au pied du trône de Catherine II; et lorsque la conduite de Stanislav - Auguste ne parut plus conforme aux intérêts de rimpératrice et de ses ministres , la cour de Pétersbourg prit d'autres mesures : le baron Saldern fut envoyé dans le but apparent de concilier les différends et pour calmer les esprits -, en même temps Repnine adressa à la république un nouvel avis de presser la conclusion des affaires des dissidents. Non-seulement les cabinets de Pétersbourg et de Berlin, mais aussi les autres puissances telles que : la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède parlaient hautement en leur faveur, dans le courant de 1766; elles désiraient qu on les réintégrât en possession de leurs anciennes libertés, qu'ils eussent particulièrement le droit de pouvoir aspirer à tous les emplois età toutes les dignités, et qu'on accordât aux archimandrites ou évèques du rit grec , des places dans le sénat.

22. La diète de Czaplic détruit la confédération et le principe des Czartoryski 1766.

Le 6 octobre 1766, on ouvrit la diète ordinaire présidée par le maréchal Gélestin Gzaplic. Le ccrmmencement des débats paraissait promettre des résultats favorables. Le roi espérait réaliser ses intentions, il comptait surtout que le liberumvéto serait aboli, que les impôts et l'armée seraient augmentés; mais au même instant, il survint une opposition nouvelle

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et inattendue, qui trouya rencouragement et Tappui de Fambassadeur russe Bepnine. Le roi, touché vivement de ces nouveaux obstacles, s'évanouit sur son trAne au milieu de la séance , et dans son indisposition qui se prolongea plusieurs jours, il regretta d'avoir souhaité la couronne, dont le poids lui semblait insupportable. Cependant Bepnine déclara ouvertement que si les projets passaient par la décision de la diète, ils donneraient lieu à la guerre entre la Russie et la Pologne; il exigea au contraire que les nouvelles constitutions, qui abrogeaient la loi de Tunanîmité, fussent restreintes de manière qu'elle n'eut de rapport, directement ou indirectement, à aucune matière d'état* On demanda aussi de la part des cours étrangères la dissolution de la confédération générale (des Gzartoryski) et on accorda aux états un délai de vingt-quatre heures pour en prendre la décision définitive. Les clameurs et le tumulte furent portés au comble. Lorsque le roi résolut de lever la séance, les cris : « tuez, massacrez » se firent entendre. Le roi, épouvanté, se jeta dans la foule et se sauva en désordre et l'assemblée se sépara en fureur. On nomma hautement Zakrzevski et Tresseoiberg comme ayant eu le projet d'assassiner le roi en pleine séance; mais on ne les poursuivit pas. Il n'y avait plus moyen de résister. Repnine força le prince AugusteCzartoryski à venir lui môme exposerla demande des cours de Pétersbourg et de Berlin et d'en tirer les conclusions. Pour se tirer avec quelque honneur de cette humiliante situation, il fut statué par une constitution interprétative de celle de 1764, que rétablissement des nouveaux impôts, Taugmentation de Tarméc de la république, les traités, la guerre et toute matière d'état seraient soumis à l'unanimité. Le Kterum veto fut par conséquent rétabli dans un sens plus' large, sans qu'il pàt cependant influer sur les affaires de l'administra tion et de la justice , ne pouvant les annuler. La confédération de Gzartoryski , qui existait depuis 1764, fut dissoute et ses nombreuses décisions furent cassées ou modifiées et adaptées à l'ancien ordre de «hoses; les lois antérieures furent restaurées, le pouvoir des hetmans conservé daBS sou intégritét

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!23. Les dissidents ne sont pas satisfaits; la discorde déchire le pays, 1766.

Repnine parut alors s'intéresser moins auï affaires des dissidents, parce qu'il ne crut pas convenable d'aigrir le parti opposant qu'il secondait lui même contre le roi. Cette opposition était contraire aux dissidents par des motifs trèspolitiques, car on était persuadé que les faveurs accordées aux dissidents augmenteraient l'influence des puissances étrangères sur les affaires de la Pologne. Effectivement le nom de tolérance appliqué atout ce que les dissidents demandaient, tenait l'Europe en erreur. On ne songeait pas que non-seulement ils étaient tolérés, mais qu'ils étaient admis au partage des plus riches starosties, à tous les droits civils de la noblesse à tous les emplois militaires, comme il est évident par les maréchaux des confédérations qui vont se former; (le calviniste Grabovski, le luthérien Goitz furent starostes et généraux). Ils demandaient^ non pas la tolérance, mais la participation à la souveraineté, dans les chambres; ils furejit trompés plus d'une fois par la politique perfide de la Russie. La Russie, tout en demandant avec menace l'admission des évoques désunis au sénat, n'a jamais pensé à les y introduire^et ne les y a jamais fait entrer. Introduits dans le sénat, ils auraient été satisfaits^ et tout le schisme auraitpeut-étre fraternisé avec la république; et dans ce cas la Russie craignait de perdre le dévoûment des désunis pour ses vues, qu'elle aimait mieux exploi'er à son avantage tourmentant toujours et menaçant la république sur ce point. Or, la question des dissidents éprouvant une résistance vigoureuse, n'était pas soutenue efficacement par Repnine. Gaétan Soltik, évèque de Krakovie, dans son zèle civique s'emporta particulièrement contre les dissidents, ccwime défenseur de la religion , et se vit fortement sou. tenu par Yisconti, nonce du pape. Mais la chose était plus grave, lorsqu'il leur reprochait qu'au mépris des institutions de la république, ils cherchaient la protection de$ puissances étrangères, et qu'est-ce qu'on pouvait espérer de bon de citoyeas infidèles à leur pays? Cependant il fit la pro-

position de leur accorder quelques prérogatives, qui ue répondirent pas complètement à leur attente, et le 24 novembre on promulga des lois contraires à leurs vues. La diète fut terminée au milieu d'un mécontentement général. Repnine, détruisit l'édifice que les Czartoryski avaient élevé avec tant de peine et d'efTort. Il jugea cependant que Tœuvre de sa politique n'était pas consommée ; il lui restait encore à diminuer et à paralyser Tactivité du roi. Par son opération perverse, la concorde avait été bannie pour faire place à la mésintelligence et aux divisions. Des symptômes de discorde, d'irritation et de haine, se manifestaient d^à dans toutes les parties du pays. Le préjugé, la supercherie reprenaient leur influence; le fanatisme superstitieux et la calomnie se couvraient du voile de la religion ; Tambition, Tavarice, la rancune et l'orgueil s'enflammaient. Mais lorsque dans cette situation des esprits, on vit de nouvelles troupes étrangères venir sous prétexte qu'elles étaient appelées par les indigènes que les passions aveuglaient ou qui étaient lâchement trompés et vendus : alors le sentiment national et l'amour de la patrie s'émurent en voyant l'indépendance de l'état de nouveau outragée, et se révolta, sans savoir prendre de mesures convenables.

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